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BADARA DIATTA : «Il ne faut pas créer un arbitrage robotique»

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Dans ce second jet de l’entretien qu’il nous a accordé, l’arbitre international sénégalais, Badara Diatta, revient sur sa carrière, sa saison, la polémique grandissante sur l’arbitrage, le débat sur l’usage de la vidéo et les péripéties qui l’ont conduit à une carrière d’homme en noir.



BADARA DIATTA : «Il ne faut pas créer un arbitrage robotique»
Vous avez été sacré Sifflet d’Or par la Ligue sénégalaise de football professionnel, au moment où vous étiez en Angola. Comment avez-vous accueilli cette distinction ?

Cela m’a fait énormément plaisir. Je l’ai appris à travers la Commission centrale des arbitres. Cela augmente aussi le degré de confiance que les Sénégalais portent sur ma modeste personne. Je me garderai de porter un jugement sur moi-même, et j’ai accueilli ce sacre avec beaucoup de philosophie.

Malgré ce sacre, votre saison a été marquée par les critiques contre votre prestation à la dernière finale de la Coupe du Sénégal (Jaraaf-Cambérène)…

J’ai fait ce que j’avais à faire dans la plus grande conscience du devoir accompli. Un arbitre qui descend sur terrain a pour objectif de bien faire. C’est ce même sentiment qui anime aussi le joueur. De la même manière qu’un footballeur peut rater un contrôle, une frappe, une passe, un arbitre peut avoir mal jugé un fait, une action… Pourtant, l’envie de bien faire est là. Ce sont des choses qui peuvent arriver. Pour en revenir à la finale dont vous parlez, j’estime avoir dirigé le match de la manière la plus objective, pour moi, en sifflant ce qui m’a semblé être une faute et en ne sifflant pas ce qui m’a semblé ne pas l’être.

Après coup, ne vous êtes-vous pas dit qu’il y a eu, de votre part, des erreurs de jugements, notamment sur les deux actions qui ont fait beaucoup de bruits (penalty refusé à Cambérène et faute de main hors de la surface, du gardien de Cambérène) ?

Très honnêtement, je pense avoir pris la bonne décision sur les deux cas. Sur la première action, le gardien n’a pas touché l’attaquant. Sur la seconde, le ballon n’a pas touché la main du gardien qui est sorti et j’étais suffisamment proche de l’action pour en juger et les images m’ont donné raison.

Ici et là, les erreurs d’arbitrage sont de plus en plus pointées du doigt. En Afrique, il y a eu la Can, en Europe, la fameuse main de Henry… N’êtes-vous pas dépassés par les évènements, au point de donner plus d’arguments à l’utilisation de la vidéo dans l’arbitrage ?

C’est un débat qui est là. Personnellement, je pense que l’arbitrage est une œuvre humaine. Il faut veiller à ce qu’il soit pratiqué par des êtres humains. Il ne faut pas créer un arbitrage robotique où on arrêterait un match pour aller voir si le ballon a franchi la ligne de but ou non, s’il y a main ou pas, penalty ou non… Cela ôterait le football de certains ingrédients. Maintenant, l’Uefa a initié, en Europa Ligue, l’arbitrage à cinq (avec deux assistants derrière les buts, Ndlr). C’est une bonne chose. Les résultats vont montrer si la marge des erreurs s’est réduite ou non. Le problème, c’est de voir si en Afrique on aura les moyens de supporter autant de charges liés aux déplacements de chaque arbitre. En Europe, c’est facile d’aller d’un pays à un autre, ce n’est pas le cas ici.

Nous sommes à quatre mois de la Coupe du monde. Combien d’arbitres africains y aura-t-il en Afrique du Sud et y a-t-il des chances que vous en fassiez partie ?

La Fifa ne nous donne pas le quota réservé à l’Afrique. C’est donc une question qui me dépasse. Les sélections finales se feront au mois de mai. Pour ce qui est de mon cas, je faisais partie des présélectionnés au début, mais après, bon… On est toujours dans l’espoir d’y participer…

Badara Diatta a quel âge ? Comment a-t-il fait pour devenir arbitre ?

J’ai 41 ans. Je suis venu dans l’arbitrage par un pur hasard. J’étais encore au collège et j’avais un camarade de classe qui étais arbitre. Un jour, on s’est rencontré à la porte du stade Néma (Ndlr : 2e stade de Ziguinchor), il a présenté sa carte et il est entré. Je lui ai demandé comment il fait pour accéder au stade sans bourse délier. Il m’a expliqué et je lui ai dit que cela m’intéressait dans la mesure où cela me permettait d’entrer au stade sans payer. Cela faisait l’occasion surtout que les cours se faisaient au sein de mon établissement, le Cem Tété Diédhiou. Quand j’ai eu la carte qui m’intéressait, j’ai commencé à prendre du recul. Ensuite, après le Bfem, j’ai été orienté au lycée Charles De Gaulle de Saint-Louis et j’ai fait deux ans sans pratiquer, l’essentiel, c’est qu’avec la carte, j’entrais au stade sans payer. C’est à mon retour à Ziguinchor que j’ai réellement pris le chemin de l’arbitrage, en passant successivement les grades, pour devenir, en 1999, arbitre international. J’ai ainsi disputé trois Can, mais aussi les JO 2008 à Pékin, les Jeux Africains à Abuja (Nigeria) en 2003, la Can Junior au Bénin, en 2005, où j’ai eu l’honneur de diriger la finale.

Avez-vous joué au football ?

J’ai joué milieu de terrain, en catégorie cadette, dans l’équipe de mon quartier, l’Asc Deggo. Mais cela s’est arrêté là.

Donc, il n’est pas besoin d’avoir été un bon joueur pour faire un bon arbitre ?

C’est comme qui dirait qu’il faut être un footballeur pour être un bon entraîneur. Il n’y a pas de lien. C’est vrai que quand on a été joueur, il y a certaines subtilités qui peuvent vous permettre de mieux lire le jeu, de mieux savoir pourquoi tel joueur a fait tel acte… Sinon, il n’y a aucun rapport.

Aux jeunes qui veulent embrasser une carrière d’arbitre, pouvez-vous dire ce qu’il faut pour être un bon arbitre ?

Il n’y a pas de secret. Cela tient à deux ou trois points. Il faut d’abord s’entraîner, préparer ses matches. Ensuite, avoir la connaissance, en lisant régulièrement les lois du jeu. Enfin, il faut bien se reposer après l’effort.

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Samedi 6 Février 2010





1.Posté par Euyineuw......... le 08/02/2010 10:18
Tu es une grande fièreté pour nous qui sommes tes parents , tes amis , mais aussi pour tout les senegalais et l'Afrique entière . Et nous ziguinchorois qui te connaissons bien , savons que tu fais ton travaille en toute et simple honnêteté .
En réalité , c'est ce grand sens inné de l'équité et de la justice et aussi de cette mesure par rapport au choses de la vie que ton cher papa ; que nous adorions et respections tous , t'a légué , qui font que l'exercice de cette profession pour toi , est tout à fait aisé . Dieu merci !
C'est dire que nos prieres t'accompagnent bien sûr , mais tu as tout en toi pour aller encore beaucoup plus loin .


Ton ami et frère comme l'étaient nos pères............


EUYINEUW badjiforo..............................





2.Posté par Baks le 09/02/2010 16:38
Félicitations Mr Badara Sène, bien d'autres choses à vous.
Je pense qu'il vaut mieux faire confiance à l'arbitre qu'à la video, car il suffit de vous présenter 2 droites de directions opposée ayant pour base une autre droite horizontale pour que vous en voyez un Triangle.
Tout ce que vous voyez de net sur la video est du en grande partie de l'imperfection de l'oeil. (demandez aux graphistes).
Donc il ne faut pas robotiser le foot, je pense qu'il faut faire avec, puisque la perfection n'étant pas de ce bas monde.

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