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BABA TANDIAN ANCIEN BASKETTEUR PROFESSIONNEL:' Le ministère et la fédération de basket sont responsables de la débâcle des Lions en Angola. Qu'ils s'assument'

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Plus connu comme imprimeur voire comme patron de Presse, M. Baba Tandian a pourtant été un basketteur professionnel de haut niveau. De la classe des Adidas, des Adidas 2 " Oumar Dia", des Pierre Sagna et Babacar Diop Guèye, il a évolué plus généralement en France dans les années 70- 80. Et prêt à réclamer sa part de cette discipline qui nous a valu bien des lauriers dans ce pays, il n'hésite pas à se faire entendre : "Si j'ai réussi à me faire un nom aujourd'hui, c'est grâce à l'argent que j'ai gagné du basket en tant que joueur". Dès lors tout ce qui se joue sur les Teraflex l'intéresse. Et aujourd'hui son regret est profond, sa tristesse immense après l'élimination des Lions en Angola au premier tour. Très remonté, il accuse et s'indigne. Entretien...





Le Matin : Monsieur Baba Tandian imprimeur, vous avez été basketteur professionnel pendant plus d'une dizaine d'années. Pouvez-vous revenir sur cette carrière sportive qui semble être oubliée au profit de l'imprimeur et patron de Presse ( Il est le patron du Journal le Matin) que vous êtes aujourd'hui?



Baba Tandian

Ma carrière de basketteur a été plus florissante en France qu’au Sénégal. Pour des raisons professionnelles, j’ai très tôt dû abandonner mes camarades du Sénégal comme Apollo Mbaye pour côtoyer le haut niveau en France où en Premier lieu j'étais parti pour des études en imprimerie. Mais mes dispositions et mes atouts m'ont permis de réussir dans le basket. En France où j'ai été, j’ai pu évoluer dans de grands clubs ( dont l'As St-Etienne) pendant treize ans. Au Sénégal, ma réputation de grand basketteur a été connue à travers les matchs de gala. Babacar Diop Guèye, Pierre Sagna et moi avons monté l’équipe des sénefs Ndlr : (sénégalais de France) d’antan.
Et le premier match avait opposé l’équipe des sénefs à une équipe américaine à Ajan en 1977. Un match qui, par sa réussite sur tous les plans avait fait tâche d’huile et avait permis de lancer l’idée de la création d’une équipe de basket au Sénégal avec l’appui des sénégalais de France d’où le surnom de sénef. Mais malgré tout, vous n'aviez rien gagné. Et après, quel a été votre apport dans le basket sénégalais? C'est vrai. Après cette époque, on était presque tous submergé par la reconversion professionnelle. Moi, en tout cas dans les années 90 j’avais une mainmise sur le basket sénégalais avec des soutiens, des appuis, des parrainages en tout genre. Mais la fédération d'alors sous Abdoulaye Sèye ne comprenait pas ma vision du basket. Car mon objectif était clair, ce n'est que dans la petite catégorie que l’on peut distinguer les talents de demain. À l’époque, j’avais un projet d’installation de panneaux de basket partout dans les rues de la capitale.
Ce projet, je l’avais présenté à l’ancien président Abdoulaye Sèye. Mais il n’avait pas approuvé cette idée. Et il m’avait demandé que j’obtienne l’aval de la fédération. Son attitude m’avait surpris. C’est comme si cette idée remettait en cause son autorité. Alors que cet autoritarisme ne m’intéressait guère. L'objectif c’est donner un coup de fouet au basket que je visais. En quelque sorte c’était une redevance pour impulser les jeunes dans ce sport. D’ailleurs, je continuerai à offrir des services au basket sénégalais. Malheureusement cette direction n’a pas compris mes ambitions et du coup je me suis retiré. Et depuis lors le basket est devenu mourant.

En tant qu’ancien basketteur, quel jugement portez-vous sur l’équipe de basket qui s’est noyée aux derniers championnats d'Afrique masculins en Angola?

C’est inimaginable pour un vice-champion. Ce qui s’est produit est scandaleux. C’est inconcevable qu’on parachute un entraîneur qui ne connaît les joueurs que de leur nom. Et le plus déplorable, il est venu à la tête de cette équipe à une semaine de ce championnat d’Afrique. Sans jamais les coacher. Au moment où l'équipe évoluait, j'étais aux États Unis mais n'empêche je suivais de très près. L'équipe s'est mal préparée. Du début à la fin c'est la catastrophe. Il était clair qu'on ne pouvait absolument rien gagner avec ces nombreuses contraintes notées çà et là. Je ne juge pas la personne de l’entraîneur mais plutôt son acte.
Comment un entraîneur professionnel peut-il se permettre de dire qu'il peut gagner une coupe à 8000 mille km avec des joueurs qu'il n’a jamais vus. Il devrait passer au minimum deux mois avec l’équipe pour pouvoir imposer une tactique pouvant aboutir à un résultat. Même si Sam Vincent avait dirigé l’équipe d’Angola, imposer une technique de jeu en une semaine, il lui serait impossible de gagner.
Il faut reconnaître qu'un entraîneur met en place un système de jeu auquel les joueurs ne s'adaptent pas rapidement. Parfois ce système de jeu arrive à fonctionner si dans l'équipe se trouve un leader. Et le regret pour l'équipe nationale de basket est qu'il n'y a pas de leader. Autrefois, il existait des leaders comme Adidas 2, Pierre Sagna, Daguit Traoré, Étienne Preira et autres. De tels leaders peuvent faire basculer un match avec notamment l'expérience de l'entraîneur. Ce qui n'est plus le cas. Sam Vincent devait-il percevoir 28 millions de Fcfa sans jamais rien faire? Non ce n'est pas sérieux. Le basket sénégalais ne mérite pas cela.

Est-ce que l'absence de Sam Vincent à la tête de l'équipe a précipité l'élimination du Sénégal?

La question que l'on se pose est comment va-t-on à un championnat d'Afrique sans entraîneur? Les entraîneurs qui étaient à la tête de l'équipe n'étaient pas titulaires. C'est déjà un handicap pour une équipe. C'est difficile d'instaurer un ordre quand on ne possède pas toutes les prérogatives. Le choix des entraîneurs pose un autre problème car la plupart des joueurs peuvent même payer ceux-ci. Un entraîneur doit se faire respecter, être un leader et éventuellement connaître les règles du basket. L'on est tenté de se demander si Sam Vincent fut un basketteur. Si c'est le cas il a fauté et lourdement

Étant donné que Sam Vincent a été choisi par les dirigeants de la Fédération, est-ce que cette défaillance ne leur incombe pas?

Bien sûr que le ministre et la fédération ne doivent pas se dérober. Ils sont entièrement responsables. Ils ont géré en amateurs. Et cette responsabilité, ils doivent l'assumer pleinement. C'est bien que le président de la Fédération fasse son mea culpa. Cet échec est la répercussion de la gestion du basket du Sénégal qui est médiocre.

Quelle solution pour relever le niveau du basket ?

C'est la promotion du basket dans la petite catégorie. Vulgariser la discipline dans l'espace scolaire et dans les quartiers. C'est en ce moment que l'on pourra détecter les jeunes talents. L'exemple de la Côte d'Ivoire est révélateur. Leur entraîneur a misé sur le basket national pour constituer une équipe solide. Au bout de deux mois, il a réussi à créer une équipe compacte, très compétitive. Mais il est incroyable que des joueurs puissent digérer une tactique de jeu en deux ou trois jours. Dans un championnat, l'action prime sur la réflexion.

La Can de basket féminin est prévue au Sénégal, y a-t-il des chances d'y croire? Il faut une bonne direction de basket. Il ne faut pas se servir du basket mais plutôt servir le basket. Alors que ces dirigeants se servent du basket car ils bénéficient de logements, du transport et autres. Il n'est pas encore trop tard pour revenir à une meilleure gestion, mais pour cela il faut beaucoup changer.

Propos recueillis par Oumar DIARRA
Source: Le Matin

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Vendredi 31 Août 2007

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