Référence multimedia du sénégal
.
Google

Avortement clandestin L’ex-commissaire de police livre sa fille à la justice

Article Lu 1861 fois

Le tribunal régional de Louga, statuant en matière correctionnelle, a jugé mercredi dernier une affaire atypique et inédite. Un père de famille, ex-commissaire de police, a livré sa fille à la justice pour avortement clandestin. En plus de la fille, 4 autres personnes étaient devant la barre. Il s’agit d’un infirmier major, d’une sage-femme à la retraite, d’une matrone et d’un photographe.



Tout a éclaté lorsqu’un fœtus de 2 mois 20 jours, en état de putréfaction très avancée, a été découvert par le père de Moulith Diakhaté, dans l’armoire de sa fille. C’était dans la nuit du 3 au 4 juillet dernier. « L’odeur nauséabonde, au- delà de la limite de ce que pouvait supporter un être humain, qui exhalait de sa chambre ce jour-là, avait attiré mon attention. Stupéfait, mais très serein, j’ai rédigé ipso facto une plainte avec recommandation de perquisition de la chambre. Après j’ai occupé la chambre afin de conserver les indices en attendant l’arrivée de la police», raconte l’ex-commissaire devant la barre. Mais en faisant cela, le vieux Diakhaté ne semblait pas bien mesurer les conséquences de son acte. Car, à la barre, il a semblé regretter les dégâts collatéraux que cela a engendré notamment l’arrestation et la traduction de l’infirmier-major, Ibrahima Kâ, pour qui il a demandé par la suite la clémence du tribunal.

Comment en est on arrivé là ?

Lorsque les policiers ont perquisitionné la chambre, ils ont conduit Moulith Diakhaté au commissariat pour interrogatoire. Cette dernière a révélé que lorsqu’elle a su qu’elle était tombée enceinte, elle est allée voir Ibrahima Kâ, l’infirmier-major, pour l’aider à avorter. M. Kâ n’a pas voulu accéder à sa demande, arguant qu’il a cessé ce genre de pratique illégale. Il l’a orientée vers Boury Bakhoum, 24 ans, matrone au centre de santé municipale de Louga. Cette dernière a accepté le «deal» moyennant la somme de 40.000 francs que la fille doit verser en deux tranches. Alors Boury, en «professionnelle», a essayé de la faire avorter chez elle dans son salon, d’abord en lui faisant des injections, et ensuite en lui donnant des comprimés. «Douze (12) progestérone que m’avait ordonné le major», précise-la matrone devant la barre. Ce que le major n’a pas nié, mais conteste, cependant, l’avoir initié à la pratique de l’avortement comme ultérieurement annoncé par Boury à la barre. Trois jours après cette tentative, les résultats escomptés n’ont pas été obtenus parce que les médicaments qu’il lui avait administrés étaient inaptes à provoquer un avortement sur une grossesse de plus de 2 mois. Alors Boury demande à la fille d’aller voir la dame Aïssatou Diop, une sage-femme d’état âgée de 70 ans et qui est à la retraite. Cette dernière accepte de lui ôter «son fardeau», moyennant la somme de 50.000 francs. Somme qu’Abdou Rahman Ndiaye, l’amant de la fille, a versée.

6 mois et une interdiction d’exercer pour 5 ans requis

Selon les déclarations de la fille à la police consignées dans le procès-verbal d’enquête et confirmées à la barre, c’est cette dame qui a provoqué l’avortement. Mais la dame Aïssatou a nié tout devant la barre. «Je ne l’ai pas fait avorter. Je n’ai fait que l’ausculter et lui prescrire des médicaments (Spasfon pour calmer les spasmes et des antibiotiques)», laisse-t-elle entendre. Devant la barre, hormis Moulith et le major, tous les autres ont catégoriquement nié les faits qui leur sont reprochés. Mais c’était sans compter sur la détermination du procureur, Doudou Diouf, qui a déclaré que la fille a bel et bien tenté de se faire avorter sous la bienveillance de son amant A. R. Ndiaye avec la complicité du major et de la matrone et par la main experte de la dame Aïssatou. «Donc la réunion des éléments matériels et moraux de complicité ne souffre d’aucun doute et par conséquent les faits reprochés aux prévenus leur est imputable», soutient le procureur. Le procureur a ainsi requis 6 mois fermes contre tous les cinq prévenus. Il a demandé au tribunal de frapper l’infirmier major et la matrone d’une interdiction d’exercer pour une durée de 5 années. Un réquisitoire que les avocats de la défense (Me Sow pour la dame Aïssatou, Me Bâ pour la matrone, et Me Sonko pour le major) ont tenté de démonter élément par élément. Tous ont plaidé la relaxe pure et simple. Leurs plaidoiries seront-elles entendues ou vaines ? Réponse le 08 août prochain, date du délibéré.

ABLAYE FAM
Source: L'observateur

Article Lu 1861 fois

Samedi 21 Juillet 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State