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Avec l'interdiction d'exporter les produits forestiers de la Guinée Conakry vers le Sénégal : Le marché de Diaobé étouffe et les taxes douanières baissent

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(Correspondance) - La paupérisation de la population guinéenne avait entraîné une réaction violente des syndicats qui avaient paralysé le pays durant des mois. L’activité économique étant au ralenti, le chômage des jeunes est devenu criard. Face à cette explosion sociale, le gouvernement guinéen a pris des mesures draconiennes parmi lesquelles l’interdiction de la sortie de son territoire de nombreux produits forestiers vers le marché de Diaobé et des denrées de première nécessité qui se faisaient rares sur le marché. Conséquence : les commerçants se font désirer, le marché de Diaobé étouffe et les taxes douanières baissent.



Jour de Louma à Diaobé : Ce n’est pas l’ambiance des grands jours
Nous sommes au marché hebdomadaire de Diaobé. Il est 7 h 30. L’ambiance qui règne dans ce louma est indescriptible. Des centaines de bus, des taxis 7 places, des cars rapides et des minicars stationnent, à la gare routière, tandis que d’autres font descendre des centaines de passagers et commerçants venus des différentes zones du Sénégal, de la Guinée-Bissau, de la Guinée Conakry, du Mali et de la Côte d’Ivoire. En face de la gare routière se trouve le marché ‘Syndicat Guinée’. Des dizaines de manœuvres et charretiers descendent des gros porteurs des centaines de sacs remplis de nététou, de gingembre, de liane, du café, du poisson séché, des avocats, des mangues, etc. Véhicules, badauds, commerçants, clients et autres curieux pataugent tous dans les eaux stagnantes, boueuses et puantes. Malgré tout, le marchandage bat son plein. Mais ce n’est pas l’ambiance des grands jours. D’ailleurs, ce n’est pas la bousculade du côté des propriétaires des chariots.

Cette situation s’explique, selon Amadou Barry, par l’embargo décrété par le régime du président Lansana Conté contre certains produits forestiers et les denrées de première nécessité qui ne sont plus autorisés à l’exportation vers le Sénégal. ’C’est pourquoi, ce que nous gagnons depuis la grève en Guinée, ne nous permet plus de faire vivre nos familles’, s’est plaint M. Barry. Les chiffres d’affaires des commerçants ont considérablement baissé. A titre d’exemple, selon Mamadou S. Diallo, ‘à chaque louma, mes recettes tournaient autour de 10 millions de francs Cfa. Je rachetais ensuite des tonnes de riz, du sel et du matériel électronique que je revendais dans mon pays. Les bénéfices obtenus me permettent de revenir à Diaobé chaque semaine pour d’autres transactions commerciales.’ Mais depuis quelques mois, il ne peut vendre pour plus de 300 000 francs. Certains clients ou commerçants rentrent bredouille.

A l’entrée du village de Diaobé, il y a le foirail. De nombreux véhicules continuent de déverser des centaines de bovins, d’ovins, de caprins et de volailles. Sous le ronronnement des moteurs des véhicules et le vacarme provoqué par les manœuvres du marché de la pâte d’arachide, éleveurs et bouchers discutent. Un peu plus loin, une bagarre éclate entre vendeurs et acheteurs qui n’ont pu s’entendre sur le prix d’une chèvre. Dans ce mini-marché de bétail, les plus gros acheteurs sont Sénégalais. L’agent technique d’élevage entouré par les bouchers et vendeurs est en train de vérifier l’état de santé des bêtes et leur provenance. Ce technicien nous apprend que chaque semaine ce marché génère plus de 30 millions de francs Cfa de recettes.

Cheikh DIENG L’embargo guinéen étouffe le marché de Diaobé

Le marché hebdomadaire de Diaobé, le plus célèbre de la sous-région ouest-africaine situé à 40 km de la commune de Vélingara, est de moins en moins fréquenté les mercredis depuis sept mois. C’est comme si les clients et autres commerçants du Sénégal et des pays limitrophes ont disparu par enchantement. Par ces temps qui courent, les commerçants guinéens se font beaucoup désirer. L’embargo décrété par le gouvernement de la Guinée Conakry contre certains produits forestiers tel que l’huile de palme et le piment noir interdits d’exportation vers le Sénégal depuis le 10 janvier dernier, s’est durement fait ressentir au marché hebdomadaire. L’activité économique est au ralenti. Divers produits ont disparu du décor et des étalages. ’Il s’agit de l’huile de palme, du piment noir, du gingembre, des graines de néré, etc., qui ne viennent plus à Diaobé’, énumère Boubacar Baldé du village de Diaobé. Il faut ajouter, sur cette liste, les produits agricoles comme le riz barabara utilisé à grande échelle puisque très efficace contre le diabète, les mangues, les oranges, les avocats, le manioc, le fonio, le mais sec, etc. Cependant, seuls le miel, le café, la cola et le nététou sont autorisés à l’exportation et vendus au louma de Diaobé. Les différents magasins ou entrepôts qui recevaient ces produits sont presque vides. Le désespoir se lit sur les visages de nombreux gérants de ces magasins. C’est le cœur meurtri, qu’A. Bangoura, commerçant guinéen, a déclaré que ’cette situation de pénurie ne fait qu’appauvrir davantage la Guinée. Le pire, c’est que cela représente un véritable manque à gagner pour les commerçants guinéens qui ne viennent plus au Sénégal pour éviter des représailles et des sanctions.’

Selon des sources concordantes, si les autorités guinéennes ont pris ces mesures, c’est dans le souci de lutter contre une pénurie des denrées de première nécessité qui pouvait surgir durant la période de crise. Ensuite, ce fut pour lutter contre l’inflation des prix et les spéculateurs. La conséquence immédiate serait, selon un agent des douanes de la Guinée en service à Koundara, c’est de lutter contre la pauvreté en faisant baisser les prix des denrées. En fait, c’est parce que les complaintes fusaient de partout que cette mesure jugée impopulaire a été prise. Les populations locales ne comprenaient pas le fait que ces denrées produits en Guinée soient plus chers chez eux qu’à Diaobé.

Malgré tout, des commerçants parviennent à faire entrer clandestinement certains de ces produits prohibés dans notre pays.

Source: Walfadji

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Lundi 6 Août 2007

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