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Augmentation des taxes aéroportuaires : L’Aéroport de Diass pompe à nouveau les passagers

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Après l’instauration de la Rdia en avril 2005 pour financer la réalisation de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) de Diass pour un montant de plus de 230 milliards de francs, l’Etat sénégalais a revu à la hausse les taxes aéroportuaires. Des augmentations qui ne se justifient pas, selon les professionnels, pour un secteur qui croule déjà sous le poids de la Tva à 18%.



Augmentation des taxes aéroportuaires : L’Aéroport de Diass pompe à nouveau les passagers
L’Etat ne s’embarrasse plus pour pomper les passagers et, par ricochet, le secteur touristique. La Redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires (Rdia) devient de plus en plus chaotique pour les professionnels du tourisme. Le président de l’Association des tours opérateurs (Ceto) a trempé sa plume dans l’encrier pour décrier la situation au Sénégal. ‘Tous les efforts mis en œuvre par les tours opérateurs depuis plusieurs années ont permis de maintenir une hausse substantielle du trafic et ce, malgré une concurrence de plus en plus importante d’autres destinations. Il est avéré que le critère Prix reste un des éléments majeurs de décision en matière de choix de voyage de la part du consommateur’, a souligné M. René-Marc Chikli.
En conséquence, conclut le président du Ceto, dans une correspondance adressée au président du Syndicat patronal de l’industrie hôtelière du Sénégal (Spihs), Mamadou Racine Sy, ‘il nous semble opportun de souligner que toute hausse tarifaire pourrait avoir des répercussions non souhaitées sur le bon développement du tourisme au Sénégal’.

Il semble que les autorités sénégalaises n’en ont pas cure des desiderata des professionnels du secteur du tourisme. En effet, après l’instauration de la Rdia en avril 2005 pour financer la réalisation de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) de Diass pour un montant de plus de 230 milliards de francs, l’Etat sénégalais a revu à la hausse les taxes aéroportuaires.

L’historique des tarifs parle d’elle-même, selon René-Marc Chikli. La première augmentation sur les taxes passagers a été faite le 1er janvier 2005. Elle est passée de 22,12 euros à 62,03 euros (taxe Rdia 30 euros).

Puis, le 1er mai 2005, la taxe passager est à nouveau augmentée de 62,03 à 65,83 (taxe de sécurité de 8,38 ). Pire, ces taxes doivent augmenter le 1er septembre prochain. Elles seront à 80,83 (taxe Rdia à 45 euros).

En ce qui concerne les tarifs handling (assistance au sol), ils sont à la hausse, parfois doublées en deux ans. L’arrêté du 13 octobre 2006 a imposé des tarifs assistance à 2 400 euros (tarif passant de 805 à 2400 € pour Air bus A321) à partir du 10 décembre 2006.

Ces ressources obtenues sur le dos du passager à travers la Rdia sont versées dans un compte séquestre destiné exclusivement au remboursement de l’emprunt contracté pour le financement de la construction du nouvel aéroport. Cette Rdia apportera ainsi chaque année, d’après les calculs, 35 milliards de francs dont 20 milliards résultant des activités aéroportuaires de l’Administration déléguée de l’Asecna (Aaans). Ce qu’avait dénoncé, à travers une contribution parue dans Le Matin du 24 avril 2007 Me Ibrahima Diawara. ‘Il est incohérent que l’Etat du Sénégal puisse accepter que des privés mettent seulement 55 millions de francs Cfa dans la société Aibd Sa pour bénéficier d’un prêt de 230 milliards de francs remboursé par une taxe publique’, écrivait l’avocat.

Ces taxes ne font qu’obérer la compétitivité de la destination Sénégal. Face hier à la presse, la Coordination des organisations patronales de l’industrie du tourisme du Sénégal (Copits) est montée sur ses grands chevaux. ‘Une baisse de 15 % des arrivées notée cette année s’explique par la cherté de la destination due à la superposition des taxes (Tva à 18% et Rdia). Nous essayons de nous battre pour que les autorités prennent en main la baisse des taxes, afin de booster un peu les arrivées’, a souligné, hier, Mamadou Diallo, vice-président du Syndicat des agences de voyage et de tourisme, par ailleurs représentant du tour-opérateur généraliste Tui-Nouvelles frontières.

Face à une concurrence de plus en plus exacerbée, notamment des destinations de l’Afrique du Nord (Tunisie et Maroc pour l’essentiel), le touriste européen, devant une offre élargie et d’autres destinations plus compétitives, préfère ailleurs que le Sénégal. ‘Si aucune mesure n’est prise allant dans le sens d’une baisse, la destination Sénégal ne fera plus rêver’, croit savoir M. Diallo.

Président du Syndicat d’initiative de la région de Thiès, Boubacar Sabaly abonde dans le même sens. ‘Ces taxes nous inquiètent parce que déjà la destination Sénégal est trop chère par rapport à ses concurrentes. Nous nous plaignons depuis plusieurs années de la cherté de la destination et le manque de moyens pour la promotion, une taxe supplémentaire ne peut être que négative’.

Nommé récemment par décret présidentiel président du Comité d’orientation de l’Agence nationale chargée de la promotion du tourisme (Anpt), le président du Spihs estime que des efforts devront être faits par les autorités pour un développement harmonieux du secteur. ‘Sur le plan institutionnel, l’Etat a mis en place l’Anpt, la Police touristique, etc. Mais cela ne suffit pas. Nous sommes confrontés à la cherté de la destination. La Tva à 18 % ne se justifie pas pendant que nos concurrents sont à 7 %. Idem les taxes aéroportuaires. Si nous ne faisons pas attention, le Sénégal sera rattrapé par les pays de la sous-région’, a alerté Mamadou Racine Sy.

Le président Sy a rappelé l’engagement du Premier ministre d’alors (Macky Sall) en février dernier. Il avait déclaré que la Tva (taxe communautaire de l’Uemoa) sera revue à 10 %.

Le président du Spihs a souligné aussi la nécessité de mettre en place des crédits destinés au secteur (à l’image de la défunte Sofisedit) et d’un Plan Marshall pour sauver ce qui peut l’être encore, d’autant plus que le tourisme est un secteur prioritaire de la Stratégie de croissance accélérée.

Directeur général de l’Anpt, M. Assane Soumaré a plutôt tenté de tempérer l’ardeur des professionnels. ‘Il faut reconnaître que des efforts ont été faits par l’Etat. Cependant, il reste encore à faire. Vos préoccupations seront prises en compte dans le cadre d’une concertation. L’ambition du gouvernement est de développer le secteur dans le cadre d’un partenariat’, a-t-il dit.

Johnson MBENGUE
Source: Walfadji

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Vendredi 3 Août 2007


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