A 33 ans, Yaye Amy Seck, la championne du monde junior de Karaté en 1996 à Johannesburg, n’a rien perdu de sa forme. Ce lundi matin, c’est presque au petit trot qu’elle débarque dans le service Sports du « Soleil ». Avec cette assurance et le calme olympien qui constituent la marque de fabrique des grandes championnes ! Un sac noir à la main, et de grosses lunettes qui lui vont bien, la star salue ses hôtes avec une poignée de main ferme et chaleureuse. Elle ne se fait pas prier pour savourer tout son plaisir à se retrouver dans un lieu si familier. «Je venais souvent ici », s’empresse-t-elle de rappeler, nostalgique. C’était à la fin des années 1990, du temps de sa splendeur quand elle faisait, souvent, la Une des journaux. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. En 1998, alors qu’elle venait d’être couronnée championne d’Afrique Senior de karaté, Yaye Amy Seck part au Canada pour poursuivre des études universitaires. «Le président Abdou Diouf m’avait proposé une maison pour me récompenser après mes belles performances aux championnats d’Afrique et du monde junior. Mais comme j’étais préoccupé par mon devenir, une fois ma carrière sportive terminée, je lui avais demandé de m’accorder une bourse pour aller étudier au Canada ; une requête à laquelle il a accepté. Le président Diouf aidait beaucoup les sportifs ! », se convainc-t-elle. Mais l’espoir qu’avait suscité cette bourse tourne vite à la désillusion puisque celle-ci est arrêtée, deux années plus tard. Son bienfaiteur et parrain Abdou Diouf a perdu le pouvoir au profit de Me Abdoulaye Wade qui accède à la magistrature suprême après un combat de 27 ans dans l’opposition. Si pour la plus part des Sénégalais, cette première alternance démocratique est symbole d’espoirs immenses, tel ne semble pas être le cas pour Yaye Amy Seck. Le successeur de Diouf n’a pas jugé utile de renouveler sa bourse malgré les nombreuses démarches qu’elle et son université canadienne ont entreprises dans ce sens. Dès lors, il fallait trimer pour pouvoir continuer avec brio les études. « J’étais devenue une Fatou Fatou », affirme-t-elle, avec un brin d’humour, qui en dit long sur sa fierté d’avoir vécu une expérience difficile mais fort enrichissante. En même temps, elle continue à répondre favorablement à l’appel de la patrie, nonobstant le non renouvellement par la présidence de la République de sa bourse. Sous les couleurs nationales, Yaye Amy Seck participe régulièrement aux compétitions africaines et internationales. Jusqu’en 2004, où elle décide de mettre un terme à sa carrière de karatéka, à seulement 24 ans. Au finish, les études ont eu le dernier mot sur la carrière sportive. Un choix qu’elle ne regrette outre mesure. « J’aurais vraiment regretté d’avoir fait un tel choix si j’avais échoué dans mes études ». Ce qui est loin d’être le cas puisqu’elle est titulaire d’un Bachelor et d’un Master en business administration (Mba) en finance. En plus, elle bosse quelque part dans la haute finance comme surveillante de banque ; ce qui n’est que le fruit logique de son beau parcours académique. Elle ne peut même pas s’empêcher de donner des conseils aux jeunes qui, à son avis, devront allier sports et études, afin de ne pas compromettre leur avenir.
Au début, était la timidité
Quoiqu’elle ait définitivement mis une croix à sa carrière, la championne d’Afrique continue néanmoins à pratiquer le karaté qui a fini de devenir chez elle, une forte passion. Car au début, cette discipline ne lui disait presque rien. C’était surtout pour lui permettre de surpasser une timidité inquiétante que son père, un éducateur spécialisé, a décidé de l’envoyer, au Centre de sauvegarde de Guédiawaye, faire du karaté. « J’avais 7 ans et je n’étais pas passionné par cet art martial », souligne-t-elle. Elle finit cependant par prendre goût à la chose grâce, toujours, à son papa. « Un jour, j’étais partie prendre part à une compétition. De retour, mon père a organisé une fête pour dire que j’avais gagné un trophée alors que ce n’était, en réalité, qu’un diplôme de participation. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me mettre dans la peau d’une championne », avoue-t-elle. Coachée par un père modèle, soucieux de l’avenir de sa fille et un bon entraîneur, en l’occurrence Me Bouna Ndaw, Yaye Amy Seck n’eut aucune peine à vite s’imposer comme une valeur sûre du karaté sénégalais. Elle remporte, pour une première participation, les championnats du monde junior organisés à Johannesburg, en Afrique du Sud, en 1996, à l’âge de 17 ans ! Une surprise agréable pour cette jeune athlète d’alors ainsi que pour l’équipe technique qui l’encadrait et qui, selon elle, ne s’attendait guère à pareille performance. Le président Diouf ne pouvait pas cacher sa joie non plus devant la prouesse de cette digne fille de la Nation. « Je me rappelle ce fameux article qui disait ceci : Et oui, Abdou Diouf sonna trois fois pour s’assurer que c’est bien un titre mondial que j’avais remporté », se délecte-t-elle encore, le visage illuminé de bonheur. Elle réédite une nouvelle prouesse, un an plus tard, en gagnant le titre de championne d’Afrique senior. Autant de performances qui lui ont valu beaucoup de distinctions au plan national. En plus d’avoir été primée par la Fondation Sports vertus, la karatéka a été Lionne d’or avant d’être élue Meilleure karatéka femme des 50 dernières années. Ses prouesses exceptionnelles, Yaye Amy Seck les doit aussi à « un mental de gagneur ». « Ma force principal, c’est mon mental de gagneur. J’aime aller au-delà de mes limites pour atteindre mes objectifs », martèle la championne du monde junior en 1996.
Championne des enfants talibés !
Au Canada depuis 1998, son deuxième pays, elle ne s’intéresse pas moins à ce qui passe actuellement dans le karaté sénégalais. Et elle n’exclut pas d’apporter sa pierre à l’édifice afin que ce karaté qui lui a tout donné, puisse servir de référence à travers le monde. Mais, ajoute-t-elle, il faudra que l’environnement soit structuré au préalable. Elle plaide de même en faveur de la motivation des jeunes karatékas qui « font beaucoup d’efforts pour apporter des médailles au Sénégal ». En attendant de revenir dans le ring sénégalais, peut-être en tant que bailleur ou technicienne, Yaye Amy Seck veut rester cette référence qu’elle a toujours incarnée. La karatéka a, en effet, créé depuis 2005, une fondation pour les enfants talibés au Sénégal. « J’ai porté les couleurs de ce pays, maintenant, je veux servir la cause des enfants défavorisés ! », martèle-t-elle, telle une profession de foi. Qualifiant ce geste d’acte citoyen, elle rappelle le rôle important que doivent jouer les jeunes pour faire du Sénégal, un pays émergeant. « Qui dit jeunes pense aux enfants qui sont l’avenir ; d’où la nécessité de protéger cette catégorie », poursuit-elle, avec conviction. Aussi, invite-t-elle l’Etat du Sénégal à des actions plus concrètes concernant le sort peu enviable des enfants talibés. D’autant que notre pays a, selon elle, ratifié la convention internationale sur la protection des enfants.
A son avis, la Fondation qui est établie au Canada a mené depuis 2005 cinq actions d’envergures pour environ un nombre de 200 bénéficiaires, en plus d’une fête organisée en 2010 au Magic Land pour ces enfants talibés. A Dakar depuis quelques jours, Yaye Amy Seck compte aussi remettre des dons à certains daaras et du matériel médical à des établissements de santé de Guédiawaye. Après le karaté, elle veut être une championne de la protection des enfants. Du pain sur la planche !
SOLEIL Diégane SARR
Au début, était la timidité
Quoiqu’elle ait définitivement mis une croix à sa carrière, la championne d’Afrique continue néanmoins à pratiquer le karaté qui a fini de devenir chez elle, une forte passion. Car au début, cette discipline ne lui disait presque rien. C’était surtout pour lui permettre de surpasser une timidité inquiétante que son père, un éducateur spécialisé, a décidé de l’envoyer, au Centre de sauvegarde de Guédiawaye, faire du karaté. « J’avais 7 ans et je n’étais pas passionné par cet art martial », souligne-t-elle. Elle finit cependant par prendre goût à la chose grâce, toujours, à son papa. « Un jour, j’étais partie prendre part à une compétition. De retour, mon père a organisé une fête pour dire que j’avais gagné un trophée alors que ce n’était, en réalité, qu’un diplôme de participation. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me mettre dans la peau d’une championne », avoue-t-elle. Coachée par un père modèle, soucieux de l’avenir de sa fille et un bon entraîneur, en l’occurrence Me Bouna Ndaw, Yaye Amy Seck n’eut aucune peine à vite s’imposer comme une valeur sûre du karaté sénégalais. Elle remporte, pour une première participation, les championnats du monde junior organisés à Johannesburg, en Afrique du Sud, en 1996, à l’âge de 17 ans ! Une surprise agréable pour cette jeune athlète d’alors ainsi que pour l’équipe technique qui l’encadrait et qui, selon elle, ne s’attendait guère à pareille performance. Le président Diouf ne pouvait pas cacher sa joie non plus devant la prouesse de cette digne fille de la Nation. « Je me rappelle ce fameux article qui disait ceci : Et oui, Abdou Diouf sonna trois fois pour s’assurer que c’est bien un titre mondial que j’avais remporté », se délecte-t-elle encore, le visage illuminé de bonheur. Elle réédite une nouvelle prouesse, un an plus tard, en gagnant le titre de championne d’Afrique senior. Autant de performances qui lui ont valu beaucoup de distinctions au plan national. En plus d’avoir été primée par la Fondation Sports vertus, la karatéka a été Lionne d’or avant d’être élue Meilleure karatéka femme des 50 dernières années. Ses prouesses exceptionnelles, Yaye Amy Seck les doit aussi à « un mental de gagneur ». « Ma force principal, c’est mon mental de gagneur. J’aime aller au-delà de mes limites pour atteindre mes objectifs », martèle la championne du monde junior en 1996.
Championne des enfants talibés !
Au Canada depuis 1998, son deuxième pays, elle ne s’intéresse pas moins à ce qui passe actuellement dans le karaté sénégalais. Et elle n’exclut pas d’apporter sa pierre à l’édifice afin que ce karaté qui lui a tout donné, puisse servir de référence à travers le monde. Mais, ajoute-t-elle, il faudra que l’environnement soit structuré au préalable. Elle plaide de même en faveur de la motivation des jeunes karatékas qui « font beaucoup d’efforts pour apporter des médailles au Sénégal ». En attendant de revenir dans le ring sénégalais, peut-être en tant que bailleur ou technicienne, Yaye Amy Seck veut rester cette référence qu’elle a toujours incarnée. La karatéka a, en effet, créé depuis 2005, une fondation pour les enfants talibés au Sénégal. « J’ai porté les couleurs de ce pays, maintenant, je veux servir la cause des enfants défavorisés ! », martèle-t-elle, telle une profession de foi. Qualifiant ce geste d’acte citoyen, elle rappelle le rôle important que doivent jouer les jeunes pour faire du Sénégal, un pays émergeant. « Qui dit jeunes pense aux enfants qui sont l’avenir ; d’où la nécessité de protéger cette catégorie », poursuit-elle, avec conviction. Aussi, invite-t-elle l’Etat du Sénégal à des actions plus concrètes concernant le sort peu enviable des enfants talibés. D’autant que notre pays a, selon elle, ratifié la convention internationale sur la protection des enfants.
A son avis, la Fondation qui est établie au Canada a mené depuis 2005 cinq actions d’envergures pour environ un nombre de 200 bénéficiaires, en plus d’une fête organisée en 2010 au Magic Land pour ces enfants talibés. A Dakar depuis quelques jours, Yaye Amy Seck compte aussi remettre des dons à certains daaras et du matériel médical à des établissements de santé de Guédiawaye. Après le karaté, elle veut être une championne de la protection des enfants. Du pain sur la planche !
SOLEIL Diégane SARR
Ancienne championne d’afrique de Karaté : Yaye Amy Seck, une nouvelle vie au service des enfants déshérités