Référence multimedia du sénégal
.
Google

Ameth DIENE (Chargé par les sages du Jaraaf de mener une médiation) : ‘La crise qui mine le Jaraaf ne se justifie pas’

Article Lu 1359 fois

Au cours d’une assemblée générale dite extraordinaire, tenue le 25 août dernier, le docteur Badara Diouf, Atoumane Diaw, Mbaye Thiam, Fallou Diop…, sont montés au créneau pour décrier la gestion de l’équipe du président sortant de l’Asc les Jaraaf de Dakar, Wagane Diouf. Ils ont aussitôt mis sur pied un comité ad-hoc devant gérer les affaires courantes du club jusqu’au mois de novembre. Se moquant de la démarche de leurs détracteurs, Wagane Diouf et compagnie ont tenu, le lendemain, c’est-à-dire, le dimanche 26 août, leur assemblée générale ordinaire à l’issue de laquelle, Wagane Diouf a été réélu à l’unanimité et par acclamation. Divisant ainsi l’instance dirigeante du club mythique de la Médina. Chargé par les sages du club pour mener la médiation en vue de réunir les frères ‘ennemis’, Ameth Diène qui avait jusque-là gardé le silence, est sorti hier de sa réserve. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, à son domicile, sans détour, Ameth Diène soutient que la crise qui mine le club mythique de la Médina ne se justifie pas.



Ameth DIENE (Chargé par les sages du Jaraaf de mener une médiation) : ‘La crise qui mine le Jaraaf ne se justifie pas’
Wal Fadjri : Vous êtes l’un des sages du Jaraaf de Dakar qui s’illustre aujourd’hui par des querelles de personnes qui ont fini par diviser l’équipe dirigeante en deux entités. Comment est survenue cette crise ?
Ameth Diène : Pour être bref, je suis le plus âgé des présidents des fédérations du paysage sportif sénégalais. Par l’âge et par l’ancienneté, je coiffe aujourd’hui tous les présidents des fédérations de la grande famille du sport sénégalais. Je suis un sportif qui aime tous les sports. Mais, la crise qui sévit dans la grande famille du sport sénégalais en général, en particulier au Jaraaf, est un problème qui peut arriver à n’importe quelle famille ou à n’importe quelle discipline. Les sages que nous sommes, doivent dire la vérité pour éclairer la lanterne des uns et des autres afin d’apporter des solutions aux problèmes qui se posent à nos clubs. Cette vérité consiste à expliquer comment le problème est arrivé. En 2003, après l’assemblée générale ordinaire du Jaraaf, le président Wagane Diouf a été élu président du club pour un mandat de trois ans. Il assurait en même temps la présidence du Conseil supérieur de gestion du Jaraaf qui joue le rôle d’un comité directeur. Au bout de deux ans, des éléments de ce Conseil supérieur ont abandonné leur poste sans pour autant expliquer les raisons de leur abandon. Etant les sages du club, c’est-à-dire ceux qui sont appelés à veiller à la cohésion, à l’harmonie et à la discipline du club, nous avons aussitôt entrepris des démarches en vue d’établir l’unité dans la famille. C’est ainsi que nous avons initié des démarches de conciliation en vue d’amener les gens à parler le langage de la paix dans la grande famille du Jaraaf que personne ne doit diviser sous aucun prétexte. Nous avons pris contact avec toutes les parties pour leur expliquer que le Jaraaf est une grande famille élargie à tout le monde. Par conséquent, il fallait qu’ils (les dissidents) reviennent à de meilleurs sentiments pour continuer le travail déjà entamé avec Wagane Diouf. Il y en a qui l’ont compris et ont voulu revenir. D’autres non. N’empêche, nous avons continué la médiation qui a échoué au dernier moment avec la radicalisation du camp de Badara Diouf, d’Atoumane Diaw et compagnie.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui explique l’échec de votre médiation ?

Ameth Diène : (Un long Silence). C’est regrettable. Je rappelle que ce sont les sages du club, le doyen Médoune Diène et Alioune Diaw qui m’ont saisi pour m’annoncer qu’ils (les sages) avaient convoqué une réunion des sages chez moi-même, à la Médina. Sans savoir la raison de cette réunion, je leur ai donné mon accord. Notez bien qu’on était, à l’époque, au mois de mars 2007. Lors de cette réunion, les gens nous ont informé que des membres du Jaraaf veulent tenir une assemblée générale différente de celle que le bureau, légalement reconnu, aura à tenir. Nous avons tout de suite condamné cette démarche sans pour autant chercher à connaître les auteurs d’une telle démarche. En tant que sages du club, nous avons compris que cette démarche n’honore pas le Jaraaf. Par conséquent, sans perdre de temps, nous avons décidé d’aller à la rencontre des uns et des autres pour poser le débat. C’est ainsi que nous sommes allés à la rencontre du camp d’Atoumane Diaw et compagnie. A cette occasion, nous avons discuté avec eux pour comprendre leur motivation. Sans pour autant développer un argument convaincant, ils nous ont seulement dit qu’ils voulaient convoquer une assemblée générale différente de celle que le bureau sortant allait tenir. Nous leur avons fait comprendre que ce n’est pas à eux de convoquer une assemblée générale, mais plutôt au bureau sortant, précisément, au président légalement élu et reconnu par toutes les instances du club, Wagane Diouf. Ils avaient tous manifesté leur approbation et étaient tous d’accord sur le principe. Après cette rencontre, nous avons pris contact avec Wagane Diouf qui est venu nous trouver dans mon salon. Après lui avoir rendu compte de tout ce qui se tramait, nous lui avons demandé de fixer la date de l’assemblée générale pour éviter les divergences en vue. Sans aucune hésitation, Wagane Diouf a retenu celle du 26 août. Nous étions au mois d’avril, précisément, le 2 avril. C’est dire qu’entre le 2 avril et la date du 26 août, il y a plus de quatre mois. Par conséquent, le temps était largement favorable à tout le monde. Nous sommes allés informer les autres que le président Wagane Diouf a retenu la date du 26 août 2007. Il y en a qui ont trouvé que cette date était trop éloignée et ont suggéré de rapprocher cette date. Certains ont même avancé que Wagane n’allait pas respecter cette date qu’il avait fixée. Nous leur avons fait comprendre que ceci n’était pas leur affaire. Parce qu’il nous revenait à nous les sages de veiller à tout cela. A la seconde rencontre avec le président Wagane Diouf, ce dernier nous a expliquer qu’il a arrêté cette date du 26 août pour permettre aux différentes sections sportives du club de tenir leur réunion de coordination. C’est pourquoi, nous avait-il expliqué, il a fixé l’assemblée générale à la date du 26 août pour permettre à toutes les sections de finir avec les réunions de coordination. Le raisonnement était vraiment logique et convaincant. Le principe était alors maintenu par tout le monde. Le docteur Badara Diouf, Atoumane Diaw et compagnie avaient aussitôt manifesté leur volonté de rencontrer le président Wagane Diouf à Keur Jaraaf. Ce dernier les a reçus sans aucun problème. Ensemble, ils ont mis sur pied un comité ad-hoc afin de tendre vers cette assemblée générale paisible. Les choses allaient, jusque-là, très bien. Malheureusement, un mercredi soir, Paco Diagne qui est du camp opposé à celui du président Wagane Diouf est venu dans ma maison pour me dire qu’ils étaient décidés à tenir à part leur assemblée générale extraordinaire à la date du 25 août et à Keur Jaraaf. C’était là une décision qui m’avait surpris et affecté à la fois. Après quelques moments de réflexions, sans pour autant lui demander la raison de leur changement de décision, je lui ai fait constater qu’entre le 25 et 26 août, il n’y avait qu’un pas à faire. Mais, il m’a fait remarquer qu’ils sont déterminés à tenir leur assemblée générale extraordinaire. Très déçu de ce revirement, j’ai fait comprendre à qui de droit de ne plus me considérer comme un médiateur, ni un doyen, ni un sage du Jaraaf. Parce que je n’ai jamais voulu de la tenue de deux assemblées générales dans cette grande famille du Jaraaf qui ne s’est jamais distinguée par des querelles de personnes. Il y a toujours eu des problèmes qu’on a su gérer dans un esprit de famille. Je leur ai fait comprendre que le linge sale se lave toujours en famille et non dans la rue. J’ai informé les sages qui m’avaient confié cette médiatisation de la nouvelle tournure de la situation. Comme moi, ces derniers ont arrêté toute activité avec le club, en manifestant en même temps leur dépit. Parce que, pendant trois mois, nous avons essayé d’appeler les gens à l’unité. Ils ont refusé. C’est dire que les gens n’avaient aucun respect à notre égard. Par conséquent, nous avons préféré mettre un terme à tout ce que nous avons entrepris. Et par respect, nous nous sommes excusés auprès du président Wagane Diouf qui a toujours été disposé pour l’unité de la famille du Jaraaf. Ce qui n’a pas été le cas du côté des autres. Au contraire, tout en persistant dans leur entendement, l’avant-dernier jeudi avant la tenue des différentes assemblées générales, Atoumane Diaw est venu me voir pour me demander d’apposer ma signature sur la liste des membres du Conseil supérieur de gestion favorables à la tenue de l’assemblée générale extraordinaire du 25 août. Je lui ai demandé s’il n’avait pas fait une erreur en venant me voir. Je ne suis pas un homme qui change de couleur à tout moment. J’ai fait comprendre à Atoumane Diaw que je tiens à la parole d’honneur. Par conséquent, j’ai refusé de signer ce papier. Il a pris acte. Et m’a affirmé qu’ils tiendront leur assemblée générale extraordinaire. Il m’a fait comprendre en même temps qu’ils avaient pris toutes les dispositions à cet effet. J’ai pris mon téléphone pour informer tous les sages du club de ma décision de ne prendre part à aucune assemblée générale pour éviter qu’on dise que c’est Ameth Diène qui a dit ceci ou cela.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui serait à l’origine de cette dissidence constatée dans l’Asc les Jaraaf de Dakar ?

Ameth Diène : Personne ne peut le dire. Peut-être les concernés. On ne nous a jamais dit que c’est pour telle raison que nous avons jugé utile de nous comporter ainsi. Et ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est qu’en 2003, quand on élisait le président Wagane Diouf, ce sont ces gens qui s’agitent aujourd’hui pour demander son départ qui étaient plus engagés que quiconque pour l’installer à la tête du club. Le docteur Badara Diouf, Fallou Diop, Atoumane Diaw, Mbaye Thiam…, étaient tous favorables à l’élection de Wagane Diouf en 2003. Je ne sais pas ce qui est à l’origine de ce revirement. C’est seulement avec regret que nous avons suivi l’évolution de cette crise que regrettent tous les membres de l’Asc les Jaraaf.

Wal Fadjri : Selon vous, qu’est-ce qui motiverait alors la démarche entreprise par les détracteurs du président Wagane Diouf ?

Ameth Diène : Je ne saurais le dire. Je pense que les gens sont en train de faire des erreurs. Ce n’est pas la première fois qu’un problème se pose au Jaraaf. Au contraire, j’avoue qu’il y a toujours eu des problèmes qu’on a toujours su gérer en famille. En effet, à chaque fois que les renouvellements approchent, les problèmes se posent. Mais nous les avons toujours gérés en famille. En privilégiant le dialogue et la concertation. Des problèmes s’étaient posés sous la présidence de Lamine Diack, d’Oumar Bâ…, mais on a toujours su les régler. Et ces problèmes ne sont spécifiques au Jaraaf. Ils sont valables pour tous les clubs de football, de basket, de handball…. De sorte que nous ne pouvons que regretter ce qui s’est passé : Deux assemblées générales différentes pour un même club, de la trempe du Jaraaf de Dakar, sont à déplorer. Je ne saurais expliquer le comportement de ces dissidents. Je note tout simplement que leur démarche n’entre pas dans la bonne marche des activités du club. Par conséquent, ils doivent revenir à de meilleurs sentiments afin de travailler dans un esprit fraternel. C’est dans la famille qu’on règle les problèmes qui se posent à elle et non sur la place publique. On doit toujours discuter, causer en famille pour trouver des solutions aux différents problèmes qui se posent à elle. C’est pourquoi, j’ai apprécié l’appel à l’unité du président Wagane Diouf. Aujourd’hui, il y a des membres de l’autre camp qui veulent bien la paix. Après la tenue de ces deux assemblées générales différentes, j’ai rencontré des gens qui sont dans des dispositions de retrouvailles. C’est tout ce qu’on souhaite. Je demande seulement au président Wagane Diouf et son équipe de leur faciliter le chemin du retour. Le sport est une vertu qui se pratique dans un esprit fraternel et familial. C’est dans un esprit d’unité qu’on arrive à réussir quelque chose de bien. Le sport ne se pratique pas dans la division. Par conséquent, il est regrettable de constater la crise qui est en train de diviser la grande famille du sport sénégalais en général. Cette crise qui mine le Jaraaf n’a aucune raison d’être.

Wal Fadjri : C’est la gestion du président Wagane Diouf qui est décriée par ses détracteurs. Partagez-vous cet avis ?

Ameth Diène : C’est un faux argument. Et ce n’est pas juste d’avancer de faux arguments qui peuvent compromettre la réputation de l’autre. Ceux qui soutiennent un tel argument ne pourront jamais apporter la moindre preuve de leurs allégations. C’est injuste. Vous savez, les Sénégalais ont la mauvaise habitude de faire toujours des reproches à celui qui est devant sans aucune justification. Ces gens qui passent tout leur temps à dire du mal des autres, ne proposent jamais des solutions. Sur le plan sportif, toutes les sections ont bien tourné au cours du mandat du président Wagane Diouf. Par conséquent, nous les sages, estimons que Wagane Diouf a fait quelque chose de bien au cours de son mandat. Les projets d’immeubles seulement constituent un motif de satisfaction du bilan de son équipe.

Wal Fadjri : D’aucuns pensent que ce sont ces projets d’immeubles qui justifient la raison de cette crise ?

Ameth Diène : (D’un ton catégorique). Non. C’est inimaginable. Cette pensée est injuste. La réalisation de ces projets de construction d’immeubles va de l’intérêt de tous les membres du Jaraaf. Et non d’une tierce personne.

Wal Fadjri : Quelle est la solution de sortie de crise que vous préconisez dans la famille du sport sénégalais ?

Ameth Diène : Je souhaite que les gens parlent le langage de l’unité. Le Jaraaf ne peut pas et ne doit pas régler ses querelles devant un tribunal.

Propos recueillis par Mamanding Nicolas SONKO
Source: Walfadjri

Article Lu 1359 fois

Vendredi 7 Septembre 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State