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Amadou Diallo, Consul Général du Sénégal à Paris « La question des allocations familiales est à poser »

Entre le Sénégal et la France, il existe une convention qui rétribue les allocations familiales des Sénégalais de l’extérieur vivant en France. Mais la gestion de cette manne financière est décriée par les ayant-droits qui soupçonnent les autorités sénégalaises de ponctionner les montants pour les payer moins qu’il ne faut. Le Consul général du Sénégal à Paris, qui vient de prendre fonction récemment, est revenu, dans cette interview qu’il nous a accordée, sur cette question qui préoccupe nos compatriotes.
Amadou Diallo estime qu’il n’est nécessaire de poser le problème sur la table pour mieux comprendre comment les montants sont répartis. Il s’est également prononcé sur l’amélioration du cadre de vie du Consulat, les réformes qu’il envisage d’y apporter, sa casquette à la fois politique et frangin du ministre du budget.



Amadou Diallo, Consul Général du Sénégal à Paris « La question des allocations familiales est à poser »
Vous avez pris fonction il y a quelques semaines. Quel est votre sentiment ?

C’est un sentiment de fierté de faire parti des relais officiels de notre pays en France et travailler pour nos compatriotes, au sens large des usagers, qui viennent ici pour résoudre leurs divers problèmes.

Certainement avant votre prise de fonction, vous aviez des appréhensions par rapport à votre tache. Maintenant que vous y êtes, ces appréhensions sont-elles confirmées ?

Disons que je m’adapte. Avant, en tant qu’usager, j’avais une autre idée du travail de Consul. Même s’il y a des choses qui sont restées, j’apprends à bien connaître le fonctionnement du Consulat à l’intérieur. Beaucoup de choses importantes se font dans le Consulat, mais qui ne sont pas connues. Il y a un travail urgent et prioritaire d’information à faire.

C’est-à-dire ?

Nous devrons améliorer nos outils de communication pour que les usagers comprennent tout ce qui concerne les pièces à fournir dans leurs démarches administratives. Ces documents existent ; ils sont déjà dans le site du consulat : http://www.consulsen-paris.fr/index.php, des mises à jour sont nécessaires pour les mettre à disposition des usagers. Je travaille à avoir des relais associatifs dans les villes éloignées de la circonscription consulaire de Paris. Nous ciblons les associations sénégalaises bien constituées. L’installation d’un stand du consulat lors de certains grands événements de la diaspora est aussi à l’étude.

Quels sont les autres gros dossiers qui vous attendent sur votre table ?

Je remercie le chargé d’affaires et tous les agents qui ont eu à gérer le Consulat pendant la période intérimaire. Entre le départ d’un Consul et l’arrivée d’un nouveau, c’est un temps difficile. J’ai effectivement trouvé de gros dossiers. Mais c’est une nouvelle fonction pour moi. Je ne les ai pas tous repris. J’essaie de m’appuyer sur l’expérience des uns et des autres. Il y a un binôme selon les dossiers qui m’informe pour que je puisse prendre les bonnes décisions. En gros, j’ai trois gros dossiers que je pilote actuellement. Je pense qu’ils avancent grâce non pas à moi, mais à l’équipe que nous formons. On est en diplomatie, je ne peux pas les dévoiler tous.

Quels sont ces trois dossiers ?

Je ne peux pas les divulguer tous parce que certains d’entre eux sont sensibles et relèvent du secret professionnel. Un dossier qui est connu et qui est paru plusieurs fois dans la presse est celui du Consul honoraire de Strasbourg. Nous y travaillons sous l’instruction des autorités de notre pays pour trouver une solution.

Cela veut dire-t-il que ce Consul honoraire est sur le départ ?

Non, il ne s’agit pas de départ et cela ne relève pas de ma compétence d’ailleurs. Mais nos concitoyens ont posé des problèmes auxquels nous avons l’obligation d’y voir un peu plus clair. Il faut rappeler qu’un Consul honoraire n’est pas rémunéré par l’Etat du Sénégal. C’est un travail de bénévolat qui demande beaucoup de sacrifices et d’abnégation. C’est pourquoi nous cherchons une solution pour facilitera la tache à tout le monde. Au-delà du Consulat honoraire de Strasbourg, nos compatriotes posent la question du rapprochement des institutions consulaires, notamment celle de Paris qui a un grand périmètre. Nous allons aussi améliorer qualitativement le service public rendu à nos compatriotes de la circonscription consulaire de Paris. Pour cela, il faut trouver un équilibre entre les dotations en moyens de fonctionnement et le service de qualité exigée des autorités, mais aussi de nos compatriotes. Nous allons mettre sur la table toutes ces questions-là pour leur trouver une solution. (…).

Il y a aussi la question des visas qui posent problème. Quelles solutions envisagez-vous pour régler cette affaire ?

J’ai eu l’opportunité de rencontrer le Directeur des visas à Dakar. Parmi les pièces, il y a un numéro de téléphone du correspondant du demandeur au Sénégal à fournir. Mais la plupart des demandeurs donnent des numéros de leurs correspondants qui se trouvent dans les régions. Ce qui retarde le traitement des dossiers parce que soit le correspondant met du temps à arriver à Dakar, soit il n’est simplement pas joignable. Pour éviter cela, je conseille aux demandeurs de visa pour passeport refugié de donner un numéro portable et le nom d’une personne résidant à Dakar qui peut se rendre immédiatement au ministère de l’intérieur. C’est ce qui va faciliter l’identification de la personne pour mener les enquêtes de sécurité nécessaires et pouvoir valider le visa.

Quel est le délai d’attente pour obtenir un visa de consultation qui concerne les réfugiés qui veulent se rendre au Sénégal ?

C’est un délai d’un mois environ, mais nous sommes en train de travailler pour le réduire.

Le Sénégal envisage d’appliquer la réciprocité aux pays qui exigent des visas d’entrée pour les Sénégalais. Comment allez-vous faire pour les binationaux ?

Nous attendons des instructions de la portion centrale. Si celle-ci s’applique, cela demandera beaucoup d’investissements pour ce qui est de la France, car nous avons le plus gros trafic. D’ailleurs, j’ai eu l’opportunité de rendre une visite de courtoisie au Consul général de France à Dakar qui a eu l’amabilité de me faire visiter le service des visas qui mobilise douze agents. Cela demande beaucoup d’investissement et d’agents qualifiés qui ne seront affectés qu’à cette tache-là.

Avez-vous travaillé sur la question des allocations familiales décriées souvent par les Sénégalais de l’extérieur ?

Quand j’ai pris fonction, la première chose que j’ai faite, c’est une immersion dans chacun des services que compte le Consulat. J’y ai passé une à deux journées selon la dimension du service. Effectivement, j’ai eu à discuter avec ma collègue chargée des questions sociales. Là aussi, il existe une convention entre le Sénégal et la France. Nous allons nous rapprocher des services sociaux de notre pays qui gèrent cette question afin de mieux comprendre comment le système est géré. De ce que j’en sais, il y a une équipe qui se déplace pour payer les ayants droits dans les villages les plus reculés. Notre objectif, c’est de travailler pour que les délais soient réduits, faciliter les démarches de nos compatriotes et les protéger. La question des allocations familiales est à poser. Il faut qu’on sache combien l’Etat français rétribue aux ayant-droits, combien l’Etat sénégalais prélève pour les frais de fonctionnement et combien l’ayant-droit perçoit en définitif. Toutes ces questions doivent êtres expliquées. C’est une question de transparence et de bonne gouvernance.

Les Sénégalais se plaignent des horaires d’ouverture du Consulat, notamment la fermeture entre 13h et 15 heures. Envisagez-vous de trouver solution pour la continuité du service ?

La pause est actuellement de 13h à 14h. La question de la continuité du service du Consulat a été posée. Ici au Consulat, nous avons deux types d’agents : des agents expatriés régis par la législation sénégalaise et des agents recrutés localement qui sont régis par la législation française. Il faudra travailler sur ces deux aspects pour trouver une solution. Si les Sénégalais de l’extérieur n’existaient pas, le consulat n’existerait pas non plus. Nous essayons de prendre en compte toutes ses difficultés et certains aspects de la vie privée. Il faut trouver un équilibre pour satisfaire les usagers de façon générale et particulièrement nos compatriotes qui, pour moi, doivent se sentir chez eux quand ils viennent au Consulat. Le Consulat doit être leur maison. Et ils doivent être satisfaits quand ils viennent solliciter un service. Ça va être difficile dans un contexte budgétaire serré, mais nous n’avons pas le choix. Nous avons une obligation de résultat.

Peut-on s’attendre à une continuité de service du Consulat d’ici quelques mois ?

Personnellement, je dis que ça fait partie d’un besoin réel. Mais cela s’inscrit dans une réflexion globale dans lequel tout le monde y trouvera son compte. Il ne s’agira pas d’imposer quoi que ce soit, mais de se concerter pour trouver une solution. En tout cas, je suis satisfait de l’état d’esprit des agents.
Quand vous parlez de continuité de service, cela revient à parler de polyvalence. Et le mot n’est pas venu de moi, mais des agents lors de la réunion de coordination. Il faut que les gens prennent leur pause car c’est la loi qui en fait obligation. Mais il est tout à fait possible de mettre en place un système de planning pour permettre les uns et les autres de se reposer sans interrompre le service.

Ce sera pour quand ?

Le nouveau projet de service devrait être opérationnel dès le mois de février (l’interview a eu lieu le 21 janvier, Ndlr). Mais pour la continuité du service, je n’ai pas encore de timing. Mais ça fait partie des urgences comme le standard d’ailleurs.

Quel est le contenu de ce nouveau projet de service ?

Il s’agira de revoir l’organisation des services et leur affecter de nouveaux responsables. De nouveaux services seront aussi créés.

Vous avez parlé du problème du standard. Les usagers s’agacent que ça sonne dans le vide alors que s’il y a avait quelqu’un qui s’en occupait, cela aurait évité des soucis. Qu’envisagez-vous réellement de faire pour régler définitivement ce problème de standard ?

D’abord le matériel que nous avons ne répond pas aux normes. Donc nous allons acheter un nouveau matériel qui répond aux normes de travail du standardiste. C’est un investissement qui n’est pas lourd et qu’il faut faire pour régler ce problème. Ensuite nous affecterons une personne qui s’occupera exclusivement du standard. Si l’on règle cette question, peut-être beaucoup de personnes ne se déplaceraient pas pour rien au Consulat. Cette personne va être formée sur toutes les pièces à fournir. Elle va connaître exactement le fonctionnement administratif du Consulat pour pouvoir répondre à toutes les questions. Dans le profil, elle doit être en capacité de parler ; en plus du français certaines langues nationales afin de mieux appréhender les demandes des interlocuteurs.

Vous avez parlé tantôt des locaux du Consulat. On sait que c’est un bâtiment délabré, sale. Avez-vous un projet pour réhabiliter le bâtiment pour mieux refléter l’image du pays ?

Le Consulat représente l’image du pays. Quand vous parlez d’image, n’oubliez pas que nous sommes dans le 16e arrondissement de Paris. Je pense que nos autorités ont eu l’intelligence d’avoir un patrimoine bâti au cœur du 16e arrondissement de Paris. Comme c’est un bâti qui est acquis depuis très longtemps, il y a toujours des aménagements à faire pour être en phase avec les usagers. On a de plus en plus de trafic. Il n’est pas sale. Nous avons des personnes qui sont affectées à cette tache. Nous veillons à ce que le Consulat soit propre dès l’ouverture et qu’il soit accessible. Il n’est pas délabré non plus, mais il y a un besoin de refaire du neuf parce qu’il y a de plus en plus de trafic.

Un système de box au rez-de-chaussée est tout à fait envisageable pour éviter de monter les étages et faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite aux services. D’autres aménagements sont possible pour améliorer la qualité de l’accueil notamment le design, les écrans, l’étiquetage, etc.

Certains Sénégalais se plaignent de la qualité de l’accueil. Allez-vous y pencher pour trouver une solution ?

Nous sommes convenus tous, qu’il faut améliorer le système d’accueil physique (investissement) et personnel (formation). Il faut que l’usager se sente en sécurité dans le consulat et, quand il s’y rend, trouve une solution à son problème. Si toutes ces questions-là sont réglées, l’accueil sera plus facile d’autant plus que notre pays est connu pour sa Téranga. Cela dit, il y a des acquis aussi. C’est vrai que des gens se plaignent, mais d’autres sortent du Consulat satisfaits d’avoir été bien accueillis et bien orientés. Mais notre objectif, c’est toujours améliorer.

La circonscription consulaire est vaste. Est-ce que dans le cadre de la rationalisation de la carte diplomatique et consulaire du Sénégal, elle ne va pas être réduite pour affecter les villes éloignées aux circonscriptions consulaires les plus proches ?

Cela relève des autorités. L’enjeu de taille dans la réorganisation diplomatique et consulaire, c’est la réduction du budget de fonctionnement avec plus de service de qualité. Cela suppose un management de projet basé sur la capitalisation d’expériences.

En interne, pour palier à des difficultés de proximité pour ce qui est de la circonscription de Paris, nous avons l’idée de référencer les associations qui peuvent des relais d’information. Pour le cas des passeports, cette question de l’éloignement est prise en charge. Quand vous venez de loin, et que vous avez tous les documents requis, c’est dans la journée que votre passeport est fait. Si vous êtes dans la région parisienne, c’est dans les 72 heures plus tard.

Que répondez-vous à certains sénégalais qui pensent qu’en vous nommant à la tête du Consulat de Paris, en tant que militant de l’Apr, le président de la république a politisé le Consulat ?

(Rires…). C’est le président de la république qui nomme. C’est son pouvoir discrétionnaire. Il nomme qui il veut par rapport à des profils. Mais mon ambition, c’est de répondre à la confiance du Chef de l’Etat. C’est vrai que je suis militant de l’Apr, mais je suis là pour servir les Sénégalais. Je me dois l’exemplarité et l’équité dans l’exercice mon travail. Les Sénégalais me jugeront sur pièce. Le président de la république me connaît très bien. J’ai le profil, mais d’autres Sénégalais ont largement également ce profil-là. Je pense qu’au-delà du profil politique, intellectuel, et professionnel, il y a aussi cette confiance qui nous lie. Et j’essaie toujours d’améliorer ce capital de confiance du Chef de l’Etat en faisant correctement et de la façon irréprochable ma mission de Consul général. Je ne suis pas là pour l’Apr ; je ne serai pas là pour l’Apr ; je ne suis là et ne serai là que pour les Sénégalais et les usagers. Franchement, c’est un plaisir pour moi de servir les Sénégalais. J’ai été militant associatif ici en France. J’ai été président d’un Collectif Afrique en Picardie, président des Sénégalais à Beauvais. J’ai fait du bénévolat et j’ai aussi travaillé pour la promotion de la culture sénégalaise en France. Pour moi, être Consul, c’est un plus pour servir les Sénégalais. Ça va dans la logique de ce j’ai toujours fait en tant qu’immigré en France. Quant à mon profil académique, j’ai un master en développement territorial ; j’ai fait aussi un master dans une école de commerce. J’ai Bac plus six, formation Grande Ecole. Je suis aussi diplômé de Sup De Co Dakar. J’ai travaillé dans le privé à Dakar et ici. J’ai travaillé dans l’administration territoriale française. Donc je connais le service public et les politiques publiques.

C’est le Consulat qui gère les élections ici en France. Comment allez-vous y prendre quand on sait que la période électorale est source de tension et de suspicion ?

Je ne sais pas si je serai là jusqu’aux élections. Il y a du chemin d’ici-là. Mais je travaillerai beaucoup avec les responsables politiques locaux que je connais par ailleurs. Je vais les rencontrer pour que nous puissions discuter et qu’ils remontent leurs préoccupations. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de problème durant les élections d’autant que je ne serai pas le seul à les gérer. Nous avons des agents expérimentés dans l’organisation des élections. Si toutefois cette question se posait, je pourrais faire une délégation de pouvoir, si cela est possible. En tout état de cause, nous avons des acquis au Sénégal en matière d’organisation des élections. Je pense qu’il faut que tous les Sénégalais se rendent compte, quand on fait des élections, qu’elles sont libres et transparentes. En France, ce sont les collectivités locales qui organisent les élections. Mais personne ne les remet en cause. Je pense que le Sénégal va également vers cela. Je me suis toujours battu pour la transparence des élections. Donc ce n’est pas moi qui vais remettre en cause ce que nous avons engrangé en termes d’acquis en matière d’élection. Je souhaite organiser des élections libres et transparentes et que le meilleur gagne. Le contraire serait un échec de tout un combat.

Les rumeurs disent aussi que c’est votre frère qui est ministre du budget qui vous a aiguillonné auprès de Macky Sall pour être nommé. Que répondez-vous ?

Je suis fier d’avoir un frère qui est ministre du budget. Mais cela n’a rien à avoir à ma nomination. Nous sommes tous les deux engagés auprès du président de la république depuis très longtemps. (…). Je connais le président de la république depuis le Pds en tant que membre de la Cellule Initiative et Stratégie (du Pds, Ndlr). J’ai dirigé la section Pds de Beauvais que j’ai transformée en section Apr. C’est le Chef de l’Etat lui-même qui a décidé de me nommer. Il m’en informé très tôt. Il n’y a jamais eu l’influence de qui que ce soit parce que le président de la république me connaît personnellement.

Walfadjri

Mercredi 6 Février 2013




1.Posté par sy de paris le 07/02/2013 18:15
vous etes tous des vaux rien

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