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Alpha Blondy… Le griot déguisé en Rasta

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Seydou Koné à l’état civil, alias Alpha Blondy a été révélé aux mélomanes africains au début des années 80, comme le chantre du reggae africain. Au fil des années « l’enfant bandit » d’Abidjan, devenu Alpha Blondy pour sa grand-mère qui ne pouvait pas prononcer « enfant bandit », a égayé plus d’un jeune sur le continent pour ses chansons reggae. Quoique son « griotisme » avéré vis-à-vis d’Houphouët-Boigny l’ait fait perdre beaucoup de fans sur le continent, l’artiste avait toujours ses fidèles.



Alpha Blondy… Le griot déguisé en Rasta
Cependant depuis un certain temps, la crise ivoirienne et ses dernières prises de position dans les affaires politiques internes du Burkina Faso, sonne le glas de la fin et de la chute de ce grand monument de la musique reggae africaine. L’on comprend pourquoi entre lui et Tiken Jah Fakoly le fossé qui les sépare est grand et profond. Sur une base purement rastafari Alpha Blondy peut faire tourner Bob Marley dans sa tombe et donner des insomnies aux autres Burning Spear et toute la galaxie des Rastas que comptent la planète terre.

Il ne sera pas vain de rappeler ici que les Rastas « politiques » par souvenir à l’esclavage ont toujours été solidaires des opprimés, des faibles et de ceux qui subissent l’injustice. Seulement à lire l’interview d’Alpha Blondy dans l’Observateur Paalga, on se demande si c’est un Rasta ou juste un fumeur de « weed » qui se cache derrière des dreads locks, et qui se sert de la musique des vibrations positives pour se créer son paradis terrestre et s’attirer les largesses de certains chefs d’Etats africains.

Si pour Houphouët il ne s’agissait que de chansons, pour celui qui a déclaré récemment « avoir été inspiré, et continuera d’être inspiré par Houphouët », il s’agit de l’enfant terrible de Ziniaré au cours de sa première visite en terre d’Eburnie depuis le début du « Gbangban ». Alpha Blondy a décidé de jouer aux avocats. En effet à en croire Alpha Blondy entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara c’était un duel de Cowboys, et c’est le premier qui a dégainé qui l’a emporté.

Sacré Alpha (…) S’improviser analyste politique, pour un sujet aussi sensible et juridiquement corsé comme l’affaire Thomas Sankara, c’est la meilleure façon de s’attirer des ennuis et le courroux de la jeunesse africaine et des autres continents. Là où le bât blesse, c’est que cette déclaration au lieu de servir l’houphouétiste Blaise, le dessert fortement. En termes clairs, Alpha nous apprend que c’est Blaise Compaoré qui a tué Sankara, alors que l’intéressé lui-même affirmait, au lendemain du 15 octobre 1987, que le jour de l’hécatombe, il était dans son lit souffrant de paludisme. Au regard des intimités qui se sont développées ces temps-ci entre les deux hommes pour raison d’Houphouétisme, l’on peut s’imaginer qu’Alpha Blondy tient cette version de Blaise Compaoré. La commission des Droits Humains de l’Onu qui a été saisi par le collectif des avocats dans l’affaire Thomas Sankara gagnerait à faire auditionner Alpha Blondy, peut être que nous en saurons plus sur le 15 Octobre 1987.

Pire, toujours dans le registre des dossiers pendant en justice au Burkina, notamment l’affaire Norbert Zongo, Alpha affirme que Blaise ce n’est pas François Compaoré ; là encore la maladresse d’Alpha Blondy dessert ses maîtres. Dans la logique d’Alpha Blondy que la justice s’occupe de François Compaoré et laisse le beau-frère et Houphouétiste Blaise Compaoré tranquille. C’est là toute la myopie et la méconnaissance d’Alpha Blondy sur les dossiers judiciaires pendant au Burkina Faso. Depuis le 13 Décembre 1998, personne, pas même la CEI n’a accusé Blaise Compaoré. Alpha nous apprend encore que c’est le petit frère. Nos juristes qui veulent des preuves nouvelles pour rouvrir ce dossier peuvent auditionner Alpha Blondy. Pourquoi diable Alpha Blondy ne s’est-il pas inspiré de l’attitude d’Abedi Pelé, qui est un grand ami de Blaise Compaoré au point que, ce dernier était venu lui apporter son soutien aux présidentielles de 2005 ? Mais au moins Abedi Pelé avait eu l’intelligence de ne pas s’immiscer dans les affaires politiques internes sensibles des Burkinabés.

Pour comprendre l’attitude d’Alpha Blondy, il faut remonter à son dernier concert à Ouagadougou il y a une année ou deux ans sous la houlette de Fet’Arts d’Aminata Diallo Glez, auteur du documentaire « Blaise Compaoré à hauteur d’homme ». L’on a eu l’occasion de voir Alpha Blondy dans un stade plein à craquer chantant, et la première dame dansant et l’ancienne colombe de la révolution le « poing levé » (no comment) ; au cours de ce concert Alpha dit ne pas vouloir de récupération ou de mauvaise interprétation quand il entonne « les imbéciles ». Et la télévision nationale qui s’est crue obligé de rediffuser « n fois » en intégralité le concert, comme si du coup elle n’avait plus d’autres programmes à diffuser.

En réalité nous sommes en plein dans une campagne de communication odieuse, un « brain washing » (lavage de cerveau) qui ne dit pas son nom. Le message est clair, du genre « vous voyez, même Alpha Blondy, dit que Blaise est bon, et patati et patata ». L’auditoire auquel s’adresse ce message en premier lieu est la jeunesse Burkinabé qui n’a jamais digéré l’assassinat de Thomas Sankara ni celui de Norbert Zongo. En ramenant Alpha Blondy dans les rangs, on gagne à sa cause cette jeunesse ou du moins une partie de cette jeunesse. Comme la Françafrique qui utilise différentes agences de communication, des juristes avérés et tout le reste, ici le système fait appel à Fet’Arts comme nous l’avons indiqué plus haut qui est dirigé par la réalisatrice de « Blaise Compaoré à hauteur d’homme », ainsi de façon souple on fait passer la pilule bien enrobée et la jeunesse n’y voit que du feu. Malheureusement à vouloir trop bien faire, et certainement sous l’effet du « weed », Alpha vient de faire des déclarations qui peuvent s’avérer graves pour sa carrière finissante. Il est de notoriété africaine que le public Burkinabè, constitue un baromètre de la réussite d’un album ou de la carrière d’un musicien, ce n’est surtout pas le groupe Kassav, Koffi Olimide et même Alpha Blondy qui nous démentirons, à ce sujet.

Tout dépend maintenant de comment le peuple Burkinabé dans son ensemble et ses mélomanes vont réagir face à cette double insulte d’Alpha Blondy. En tout les cas, il est beaucoup plus plausible qu’Alpha Blondy prépare l’esprit de ses fans pour venir assurer le show pour le vingtième anniversaire de l’accession de Blaise Compaoré au pouvoir. Ce qui est son droit, au moins qu’il n’insulte pas l’intelligence des Burkinabés. Quand il affirme : « je ne veux pas de récupération ou de mauvaise interprétation », Alpha Blondy oublie certainement que l’art pour l’art n’existe pas, il y a toujours une cause ou un but derrière une œuvre d’art, mieux les utilisateurs de l’art ou ceux qui contemplent peuvent en faire toutes les interprétations qu’ils veulent. Alors Monsieur l’artiste « gomboiste », empochez votre gombo comme du temps d’Houphouët-Boigny, mais de grâce épargnez les veuves et orphelins de Thomas Sankara, de Norbert de Zongo et le peuple Burkinabé des explications qui ne tiennent pas la route. Même vos maîtres du moment n’y croient pas. Autrement dit si vous êtes fini, de grâce prenez votre retraite sur l’île de la Jamaïque pour mieux fumer votre « weed ».

Jah Congo 19

Issaka Traoré

E-mail : issakatraore@yahoo.com

Source: Sud Quotidien

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Lundi 30 Juillet 2007

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