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Aj/Pads : Quand rien ne va plus…

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Aj/Pads : Quand rien ne va plus…
Le débat médiatisé de ces derniers jours sur Aj/Pads, qui oppose les cadres à la direction du parti, mérite que l’on y revienne. Car cela permet aux citoyens, aux militants et sympathisants surtout de ce parti, de mieux saisir les comportements et ambitions des personnes qui nous dirigent ou aspirent à le faire. Je suis moi-même membre de la coordination des cadres du parti et militant de longue date, ayant connu comme beaucoup d’autres, les heures sombres de la clandestinité traversées par Aj/Pads. Permettez-moi de rappeler, très brièvement, quelques éléments fondamentaux de la crise qui secoue notre parti, sans m’attarder sur les informations déjà données par les neuf camarades cadres signataires de la pétition de la semaine dernière et ‘l’ex-chargé de communication’.
En effet, la plupart des militants d’Aj répondaient à l’époque à tous ceux qui les interpellaient sur leur compagnonnage avec le Pds, que si leur parti est resté encore au gouvernement, c’est parce qu’il a contribué fortement à l’avènement de l’alternance du 19 mars 2000. Une réponse devenue aujourd’hui caduque, inappropriée et insensée après la déroute à l’élection présidentielle du 25 février du candidat Landing Savané et aux législatives du 3 juin 2007, et dont nous savons les causes.

Il urge de se demander pourquoi la direction d’Aj/Pads et ses acolytes s’acharnent aujourd’hui vaille que vaille à s’arrimer, pour ne pas dire à dissoudre le parti dans celui du président de la République, Me Abdoulaye Wade ? Quelles sont les motivations du secrétaire général Landing Savané et de son adjoint Mamadou Diop Decroix ? Comment un parti de gauche comme And Jëf peut-il continuer à soutenir ou à cautionner les malversations financières qui gangrènent aujourd’hui le régime libéral de l’alternance ? Que fait And Jëf quand le panier de la ménagère ou du moins le sachet de la ménagère, pour dire juste, ne contient plus qu’une carotte et une dorade ? A l’heure où les paysans crient famine et perdent leur bétail, à l’heure où les ouvriers n’assurent plus qu’un seul repas journalier à leur progéniture, à l’heure où les jeunes affrontent l’Atlantique dans des embarcations de fortune (pirogue, vedette, etc.) pour rejoindre l’Europe, Aj/Pads doit-il se contenter, par la voix de sa direction, de ne faire que des louanges au régime libéral ? Le credo ‘servir le peuple et non se servir du peuple’ ne demeure-t-il pas un vain mot ? Est-ce que ce n’est pas l’inverse qui serait plutôt le credo de la direction d’Aj/Pads actuellement ? C’est-à-dire ‘se servir du peuple et non le servir’ ?

Je pense que les réponses à toutes ces questions ne résident pas dans la polémique, mais plutôt dans les faits et gestes de chacun et notamment de ceux qui aspirent à porter le rêve de leurs concitoyens. Et l’attitude actuelle de la direction d’Aj montre bel et bien qu’elle a non seulement capitulé, mais constitue même un danger pour la survie du parti. Les camarades Landing et Decroix ne vont-ils pas, à la manière de certains leaders de la Cap21, nous convier dans les prochain(e)s semaines ou mois au Cices à une grande manifestation de ralliement au royaume wadiste ? Quel sens pouvons-nous donner en tant que militants ou citoyens tout court à cette invitation à la présidence des 100 responsables politiques venus de toutes les fédérations Aj/Pads du Sénégal pour sceller ou consolider le mariage Landing-Decroix-Wade ?

Laissez-moi saluer, au passage, l’engagement militant des cadres d’Aj/Pads qui défendent continuellement la cause du peuple, en manifestant régulièrement leur désaccord avec la direction au sein des instances du parti à chaque fois que les intérêts des Sénégalais sont menacés. La déclaration commune signée avec leurs camarades cadres de la Ld/Mpt en 2004 permet de l’attester.

Cependant, la direction et ses complices qui ne sont rien d’autres que les camarades ayant occupé des postes politiques sous l’alternance, ne souhaitent même pas que l’on parle de rupture avec le Pds ou que l’on critique leur compagnon et ‘ami’ dudit parti, de peur de perdre les intérêts qui ont contribué à les embourgeoiser progressivement.

Pour en venir à la crise proprement dite et ses causes, je rappelle juste pour mémoire à ceux qui, à l’instar du nouveau chargé de communication d’Aj, fustigent, condamnent et invitent en dernier lieu à un débat interne, que tout d’abord l’extériorisation de nos échanges actuels n’est ni imputable aux cadres, ni à un quelconque djinn, mais plus exactement au secrétaire général adjoint qui, au sortir de l’élection présidentielle du 25 février 2007, s’est empressé, au nom de la liberté de parole, de prendre langue avec la presse pour dire que ‘le programme de campagne du camarade Landing n’était pas porteur’. Or aucune instance du parti ne s’était encore réunie pour évaluer la campagne de notre candidat. Et, de surcroît, le parti comprend un chargé de communication dont les compétences sont reconnues de tous les militants en la personne de Madièye Mbodj. Où était donc la discipline de parti dont parlent aujourd’hui les ’oulémas’ ou ’sages’ d’Aj ? A côté de sa critique injuste et inacceptable à l’endroit du programme alternatif du candidat Savané, le camarade Sga arrose d’éloges le candidat du Pds, Me Abdoulaye Wade, au point que, dans certains milieux politiques, l’on parle de prochain départ de Decroix vers une nouvelle station - le Pds - à la manière de M. Diack de la Ld/Mpt.

Le groupe de cadres présents dans la salle lors de ce Bp élargi d’avril 2007 avait vigoureusement déploré et condamné cette attitude inacceptable venant surtout d’un responsable de son rang, ayant en plus participé à l’élaboration du programme alternatif de campagne du candidat Savané. Si le camarade Sga n’était pas d’accord avec les thèmes proposés, pourquoi n’en a-t-il pas débattu avec les camarades uniquement au sein des instances du parti ? Que s’est-il passé après qu’il a reconnu ses propos et revendiqué même son droit de parole ? Rien, ni reproche, ni avertissement, ni sanction ne lui a été adressé. Et l’on se précipite aujourd’hui à la vitesse de la fusée de rabrouer, de fustiger et même de sanctionner certains camarades parce qu’ils ont exprimé leur opinion ou failli à une mission ; et encore … Je pense à l’injustice portée sur la personne du camarade Madièye Mbodj, ce garçon intelligent, dévoué et serein, toujours prêt à porter haut les couleurs du parti et à défendre partout, avec la dernière énergie, les intérêts du peuple sénégalais, parfois au prix de sa santé. L’histoire retiendra que la direction l’a limogé de ses fonctions de porte-parole un 14 juillet 2007 sans raison valable, sous prétexte qu’il a volontairement envoyé deux procès-verbaux non identiques de la réunion du 17 juin 2007.

Comme l’a si bien dit Madièye lui-même dans son texte intitulé ‘Trêve de contrevérités, camarade Decroix !’, on tente à tout prix de ‘saisir la première occasion possible pour écarter un responsable perçu comme un obstacle. La mesure du Bp n’est rien d’autre en définitive qu’une sanction pour divergence contre Madièye Mbodj, et qui plus est, une mesure sélective, sans évaluation critique préalable du travail accompli par le mis en cause.

S’y ajoute d’ailleurs, autre fait éloquent, que le Bp du 14 juillet n’a nommé aucun porte-parole : c’est hors Bp, c'est-à-dire dans l’informel et l’illégalité, que quelqu’un a été promu porte-parole’. C’est dans ces conditions que le nouveau porte-parole a été promu par les ‘oulémas’ du parti en l’absence de toutes règles démocratiques. Les conclusions du Bp du mois d’avril 2007 comme celles qui suivront, seront ainsi biaisées parce que tout simplement, quelques individus veulent impérativement conserver leurs intérêts au détriment de la cause du peuple.

Ce sont donc, apparemment, des rencontres de ce type (Bp, Sap, etc.) manipulées, maquillées et infiltrées de toutes parts, qui ont autorisé le Sga Mamadou Diop Decroix à prendre langue avec le Pds et particulièrement avec le président de la République, Me Abdoulaye Wade. Au même moment, le Sg Landing Savané, comme pour fuir ses responsabilités devant l’histoire, déclare qu’il prend du recul par rapport à la direction du parti et projette d’organiser un congrès extraordinaire dans les prochains mois. Ainsi, comme dans toutes les démocraties naissantes, le Sga Mamadou Diop Decroix s’empare de la direction d’Aj sans attendre d’être avalisé dans cette nouvelle fonction par quelque instance que ce soit.

Dans sa précipitation d’arrimer ou de dissoudre Aj/Pads dans les girons du Pds, le camarade Decroix n’avait pas suffisamment évalué la rancœur et l’arrogance avec lesquelles ses ‘amis’ libéraux l’attendaient. Une fois que nous avons été encore humiliés et rejetés ou du moins la direction d’Aj humiliée et rejetée dans sa tentation de cheminer ensemble avec le Pds aux élections législatives et évitée par le reste de la gauche comme une peste, nous sommes allés seuls au scrutin du 3 juin 2007 et obtenu sur l’ensemble du territoire national un total de trois députés.

En ce qui concerne la solitude désespérée d’Aj/Pads sur l’échiquier politique national, la déclaration du camarade Sg Landing Savané, au lendemain de l’élection présidentielle du 25 février 2007, l’illustre parfaitement. Confus et secoué par la défaite, le camarade Savané dit publiquement à la presse que malgré les résultats escomptés, ‘son parti’ n’est ni dans l’opposition ni au pouvoir. Où se situe-t-il alors ? C’est cette confusion dans la vision et l’action qui perdure encore et entraîne la barque Aj progressivement dans les eaux troubles de l’Atlantique. Aj/Pads devient-il, par la voie des fétiches, un parti de contribution du Pds ? J’ose affirmer que non. Dans tous les cas, l’histoire tranchera comme dit le proverbe de chez nous : ‘Il est beaucoup plus facile d’entretenir la vérité que d’entretenir le mensonge’. Que le camp de la vérité gagne.

L’autre raison de cette médiatisation de nos débats, qui est d’ailleurs inhérente à la première, résulte directement des attitudes purgatoires de la direction qui a volontairement choisi d’infiltrer toutes les instances du parti, de purger toutes les voix qui s’opposent à son projet, son vœu, ses ambitions, d’identifier et d’organiser celles qui lui sont favorables dans son combat pour la fusion imminente avec le Pds. J’en ai moi-même fait les frais comme beaucoup d’autres camarades cadres qui sont aussi purement et simplement extirpés de la base de données. Les adresses de messagerie Internet ont été reconfigurées pour ne permettre seulement à ceux qui sont favorables au vœu des ‘oulémas’ de la direction Aj, de participer et de recevoir les conclusions des échanges des différentes instances du parti. Donc vous comprenez maintenant camardes, qu’en nous privant la parole à l’interne, à travers les instances du parti, d’autres lieux d’expression s’ouvrent à nous comme la presse, et deviennent aussitôt des terrains de gymnastique intellectuelle et politique. Avec nous autres cadres, je peux vous assurer que vous ne réussirez plus jamais votre stratégie habituelle qui consiste à décourager les camarades qui vous contredisent en les poussant à la démission par eux-mêmes ou à l’abandon progressif de la chose politique après toute une vie consacrée à ce parti. Fini ! basta ! Trop c’est trop…

Je disais plus haut que le camarade Landing face à la presse déclarait que ‘son parti’ n’est ni dans l’opposition, ni au pouvoir. C’est de son droit de s’exprimer ainsi, mais rappelons juste à ce propos qu’un parti politique de manière générale n’appartient à personne même si, au Sénégal et partout en Afrique, on tend à assimiler les partis politiques aux hommes qui les ont initiés. Dans Aj/Pads, tous les militants de mon point de vue sont égaux et doivent jouir des mêmes droits et devoirs, car le véritable credo de ce parti est la lutte contre l’injustice quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vient.

Quand rien ne va plus, les risques deviennent grands et les conséquences incalculables. D’aucuns se sont précipités parmi les membres de la direction et leurs complices de qualifier la déclaration des cadres signataires de la pétition ‘d’action sans grande importance’, car disent-ils ces ‘cadres ne disposent d’aucune base politique’ ; d’autres affirment même que c’est l’affaire d’une minorité évincée des instances et qui refuse d’abdiquer. Tout ceci n’est qu’aberration. Il est grand temps que la direction d’Aj/Pads s’éveille et soit en phase avec le peuple en détresse.

Il ne sert à rien de vouloir jouer au malin avec Me Wade très astucieux, en lui remplissant la présidence de la République de camarades responsables fédéraux du parti pour quémander un quelconque siège au Sénat, un poste ministériel ou je ne sais quoi d’autre. Notre parti doit garder son âme malgré les défaites successives de février, de juin et d’août 2007 et de songer à retourner vers le peuple en vue de porter sa cause. Nous devons ensemble œuvrer pour un Sénégal prospère et paisible. Pour cela, je demande à toutes et à tous de reprendre contact avec les populations dans les villages, les quartiers et communes pour asseoir ensemble un plan de redressement de notre parti et par ricochet de notre chère patrie.

Pr Souleymane GOMIS Membre de la Coordination des cadres d’Aj/Pads

e-mail : mandiacou @ hotmail.com
Source: Walfadjri

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Mardi 28 Août 2007


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