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Afrique Subsaharienne: Il était une fois

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Alors que dix-sept pays du continent fêteront en 2010 les 50 ans 
de leur indépendance, Jeune Afrique a choisi de revenir sur les enjeux 
et les symboles culturels d’une époque emplie d’espoir. Rétrospective.



Afrique Subsaharienne: Il était une fois
Année de tous les combats, 1960 aura vu se lever une aube nouvelle avec la concrétisation, dans dix-sept pays du continent, de myriades de rêves de liberté. Les chaînes de la colonisation brisées, le regard tourné vers l’avenir, les États prennent leur destin en main.
Mais 1960 aura eu aussi une portée culturelle. À Léopoldville (Kinshasa), Joseph Kabassele et l’African Jazz chantent « Indépendance Cha Cha », un hymne à la liberté recouvrée. À Dakar, deux grandes sommités intellectuelles, Léopold Sédar Senghor, chef de l’État, et l’égyptologue Cheikh Anta Diop, ont deux visions opposées de l’Afrique. Et se livrent un combat sans merci, sans pour autant que le premier mette le second en prison. À Lagos, un jeune dramaturge, Wole Soyinka, déjà rebelle, monte de façon iconoclaste une pièce de théâtre commandée par les autorités à l’occasion de la proclamation de l’indépendance. Sur la Grande Île de l’océan Indien, le poète Jacques Rabemananjara retrouve le pays natal et entre en politique. Et que dire de Sembène Ousmane, cet ancien docker devenu écrivain par la force de son vécu, qui publie un roman à haute valeur historique, Les Bouts de bois de Dieu ? Pendant ce temps, Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, sort de terre.
revalorisation de soi
On le voit, la culture est déjà au centre des préoccupations. Il faut, grâce au soleil des indépendances, pour parler comme Ahmadou Kourouma, créer, l’esprit libre, désaliéné, et laisser libre cours au génie de chacun. Se désaliéner c’est, comme le demande Senghor aux instrumentistes sénégalais, organiser des parades au son du tam-tam, habiller les majorettes à la mode locale. Cette revalorisation de soi connaîtra son point d’orgue en 1966, lors du premier Festival mondial des arts nègres, à Dakar.
Évidemment, cette prise de conscience n’est pas une nouveauté. Elle est le prolongement de combats menés depuis l’époque coloniale par des hommes qui avaient placé l’émancipation des peuples au cœur de leur vie. Ce qui est inédit, en revanche, c’est le fait de ne plus créer sous la tutelle d’un œil étranger, mais pour soi et par soi. Il y a cinquante ans, l’Afrique était plutôt bien partie

Tshitenge Lubabu M.K.
Source Jeune Afrique

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Samedi 2 Janvier 2010




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