La célèbre et brillante chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck a commis l’erreur de sa vie, en approchant le président Abdoulaye Wade, pour son projet. Elle précisera qu’elle allait le matérialiser avec Youssou Ndour. Le nom qu’il ne fallait pas prononcer devant le président, parce que Mme Viviane Wade et son fils Karim ne veulent plus voir l’artiste en dessin. Le président Wade refuse, en conséquence de lui octroyer le signal de la télévision de son groupe de presse.
Pour endormir la chanteuse, on lui fera miroiter un budget de 130 millions de francs Cfa pour faire venir les grosses pointures de la musique africaine à Dakar. En vérité c’était pour noyer le « roi du Mbalax » et les musiciens de son label ; ceci pour lui prouver qu’il n’est pas indispensable et qu’il était contournable au Sénégal. Un test grandeur nature pour le président Wade et son fils, qui en veulent à Youssou Ndour.
Coumba Gawlo tombera dans le piège que lui a tendu Wade. D’abord en acceptant d’exécuter un scénario, qui rangeait au second plan les ténors de la musique sénégalaise, comme Youssou Ndour, Baba Mal, Omar Pène, Thione Seck et Fallou Dieng. Tous trouveront un prétexte pour ne pas se produire. Ils étaient tous rangés au rôle de seconds couteaux. À l’arrivée, seules quelques centaines de personnes ont fait le déplacement au stade Léopold Sédar Senghor, où se tenait le spectacle. Il a une capacité de contenance de 100 000 places, dont 60 000 assises.
La chanteuse pensait pouvoir les remplir avec des célébrités, comme Alpha Blondy et Manu Dibango, qui a flanché, au vu du maigre public. Il reprendra le premier avion en partance pour Paris, sans se produire. Pis, quand Coumba Gawlo a demandé à ceux qui avaient fait le déplacement de faire un standing ovation au président Wade, les foudres lui tombèrent sur les tympans. Elle oubliait ou ignorait que le président le plus adulé hier ulcère, depuis l’an 2007, ses compatriotes et au-delà des frontières du Sénégal.
Deux semaines avant, le président avait convié des artistes et des spectateurs, gratifiés chacun d’une prime de cinq mille francs, de transport gratuit et de sandwich. Le stade ne sera même pas rempli au tiers, malgré l’entrée libre et gratuite.
C’est donc le syndrome Wade qui a humilié Coumba Gawlo, ses invités avec elle. Car, les initiatives dans lesquelles le président Wade est mêlé fâchent. Ses frasques, sa boulimie du pouvoir, les surfacturations de son fils, le mépris de sa femme pour les célébrités du pays et l’insolence de ses proches sont passés par là. Même avec des milliards, il ne mobilise plus. Les millions dépensés pour le concert raté de Dakar pouvait aller directement aux Haïtiens, se désolent des artistes ayant répondu à l’invitation de Coumba Gawlo.
De l’autre côté, l’on soutient que le « roi du Mbalax » et son Super étoile pouvaient à eux seuls remplir le stade Senghor. Pour preuve, assènent-ils, les lieux où il s’est produit à l’occasion de sa dernière tournée nationale ont tous refusé du monde. C’est dire que le président Wade ferait œuvre de salubrité publique en se cantonnant dans son domaine : la politique politicienne. Pour l’heure, il a divisé et martyrisé les artistes.
La Redaction