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Accusée d'infanticide : Aïssatou Diallo écope 5 ans de travaux forcés

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Reconnue coupable d’infanticide par la Cour d’assises de Thiès, la Guinéenne de 20 ans, Aïssatou Diallo, a écopé hier d’une peine de cinq ans de travaux forcés, dont elle en a déjà purgé quatre.



THIES - La dame Aïssatou Diallo, une Guinéenne âgée de 20 ans et épouse de Lamarana Diallo, son cousin germain, qui a comparu hier à la barre de Cour d’assises de Thiès pour répondre du délit d’infanticide après avoir été placée sous mandat de dépôt depuis le 29 août 2003, a écopé d’une peine de 5 ans de travaux forcés. La cour qui statuait ainsi sur la cinquième affaire inscrite dans le rôle de sa première session a jugé Aïssatou Diallo coupable d'infanticide.
Les faits remontent au 26 août 2003 quand une personne anonyme a alerté la gendarmerie de Tivaouane sur la présence du corps d’un bébé dans un puits au village de Malal Dia, dans la communauté rurale de Notto Gouye Diama (département de Tivaouane). Descendus sur les lieux, les gendarmes, accompagnés du médecin du district sanitaire dudit département, ont repêché le corps visiblement sans vie d’un nouveau-né. Le certificat de genre de mort délivré par le médecin fait alors état d’une dysmorphie cranio-faciale, d’un corps en état de putréfaction avancée et d’une peau macérée et en lambeaux.

Toutes choses qui conduiront les gendarmes à conclure à un infanticide.

Aïssatou Diallo, appréhendée et conduite à la gendarmerie, reconnaîtra être la mère de l’enfant, mais nie lui avoir donné la mort puisque, selon elle, le bébé de sexe féminin qu’elle avait mis au monde, était mort né. Elle affirme aussi avoir accouché seule dans une chambre attenante à celle conjugale très étroite où dormait son époux au moment des faits. Un mari qu’elle dit n’avoir jamais aimé et qu’elle a épousé sous la pression de ses parents. Lequel mari ignorait jusqu’à sa grossesse.

A la question de savoir pourquoi elle cachait la grossesse à son mari, Aïssatou dira qu’il n’avait pas à savoir puisqu’il n’était pas l’auteur de la grossesse. L’enfant qu’elle portait, est de son amant Soulèye Diallo, celui qu’elle a toujours aimé et qui vit en Guinée. C’est ainsi qu’elle fera savoir à la cour qu’elle était enceinte de deux mois quand elle venait au Sénégal, sous la pression parentale, rejoindre un mari avec qui elle vivra six mois sans aucune relation conjugale jusqu’à la naissance de son enfant. La cause de ce refus de se donner à son mari elle l’explique par le fait qu’elle ne l’aime pas et ne l’a jamais aimé. Ne voulait-elle pas que son mari sache qu’elle était enceinte afin de pouvoir se débarrasser de l’enfant à sa naissance afin de sauver son mariage ? Sa réponse fut non, puisque cet enfant devait la délivrer de ce mariage dont elle ne voulait pas.

Ces arguments ne convaincront pas l’avocat général qui, dans son réquisitoire, soutiendra la thèse de l’infanticide. Puisque, selon lui, si Aïssatou a tout fait pour cacher sa grossesse à son mari et aux voisins, c’est parce que, déjà, elle envisageait de tuer l’enfant dès sa naissance. Aussi est-elle passée à l’acte en s’isolant pour accoucher et en exerçant des violences sur le nouveau-né avant de le jeter dans le puits. En attestent les blessures notées sur le corps de l’enfant comme souligné dans le certificat de genre de mort, la dysmorphie cranio-faciale et la macération de la peau par exemple. Et l’avocat général de conclure en requérant une peine de huit ans de travaux forcés.

La défense assurée par Me Cheikh Tidiane Mbodji et son confrère Me Cheikh Tidiane Faye s’inscrira en faux contre le réquisitoire de l’avocat. Une position qu’elle fonde sur le fait qu’aussi bien le magistrat instructeur que l’avocat général ont fait une mauvaise interprétation des termes scientifiques contenus dans le certificat de genre de mort. Car, précisent les avocats de la défense, la dysmorphie n’est point le fait de l’homme, mais plutôt de Dieu. Il s’agit d’une malformation congénitale qui peut se situer sur la face, le ventre, la poitrine ou ailleurs. De même, la macération est un état que revêt toute peau qui a séjourné longtemps dans l’eau. Or, précise la défense, le corps du bébé a été retrouvé quatre jours après avoir été jeté dans le puits. Et la défense de se demander où est-ce que l’avocat général est allé chercher les violences dont il parle ainsi que cette pression que la mère aurait exercée sur l’enfant afin de le tuer.

Par conséquent, la défense estime qu’Aïssatou a bel et bien accouché d’un mort-né qu’elle a jeté dans le puits dans les conditions qu’elle a décrites. Aussi Me Mbodji de demander à la cour de ne pas prendre en considération les assertions de l’avocat général. Des assertions, dit-il, auxquelles on ne peut donner force pour entrer en voie de condamnation. Aussi demandera-t-il à la cour de faire bénéficier à sa cliente d’un acquittement du chef d’infanticide. Même si, par ailleurs, les attitudes troubles de la prévenue peuvent entraîner le doute dans l’esprit des jurés, la défense demande à la cour d’appliquer à Aïssatou le bénéfice du doute qui sera aussi synonyme d’acquittement.

La cour, après en avoir délibéré, a jugé la dame Aïssatou Diallo coupable d'infanticide, mais a aussi estimé qu'elle pouvait bénéficier de circonstances atténuantes. Aussi a-t-elle revu à la baisse les 8 ans requis par l'avocat général en la condamnant à une peine de 5 ans de travaux forcés. Pour dire qu’Aïssatou devra reprendre sa vie carcérale une année durant, avant de pouvoir retrouver le père de son enfant qui l'attend en Guinée.

Sidy DIENG
Source: Walfadji

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Samedi 21 Juillet 2007

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