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Abdoulaye Wade/Pape Diop : Les dangers du ‘nouvel article 35’

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Le président Abdoulaye Wade, à travers le Sénat qu’il vient de réinstaurer, fait courir un énorme risque au pays. Par son mode de composition, sa place dans l’ordonnancement institutionnel et le profil de son président, le Sénat est en effet un monstre institutionnel, une sorte de bébé artificiellement créé par un génie de la génétique politique. Nous devons prier tous nos saints, en invoquer d’autres s’il le faut, pour que le président Abdoulaye Wade mène son mandat actuel à terme. Et qu’il remette le pouvoir en jeu, de façon tout à fait démocratique, à la survenue de l’échéance. Sinon, s’il devait advenir que, pour une raison ou une autre, le président actuel quittât le pouvoir avant terme, le Sénégal ne serait pas à l’abri de soubresauts, lui le pays le plus stable de l’Afrique occidentale, à ce jour.



Abdoulaye Wade/Pape Diop : Les dangers du ‘nouvel article 35’
Les récents changements apportés aux textes font que le président Abdoulaye Wade est sur le point de disposer de son article 35 à lui, à l’instar du dispositif qui avait permis au président Senghor de se faire remplacer par Abdou Diouf sans passer par les règles démocratiques universellement admises. En effet, la dernière révision constitutionnelle a introduit des changements importants faisant qu’à la place du président de l’Assemblée nationale, c’est le président du Sénat qui supplée le président de la République en cas de vacance du pouvoir, et organise de nouvelles élections dans les 60 jours qui suivent le constat de vacance. L’une des nouveautés majeures étant que ledit président du Sénat, suppléant du président de la République et organisateur de l’élection anticipée, est autorisé à y prendre part. Du moins, il ne le lui est plus interdit.

Les députés de l’actuelle législature, par l’introduction de ce changement majeur, ont dépossédé l’Assemblée nationale, par le transfert de cette compétence importante au Sénat. Mais en plus, au dernier moment, on leur a fait supprimer la disposition qui interdisait expressément au suppléant de se présenter à l’élection anticipée.

Qui peut le plus, peut le moins : Me Abdoulaye Wade peut parfaitement miser sur la soumission de ses députés à lui pour faire voter une nouvelle disposition. Celle-là qui viendrait à dire : ‘En cas de vacance du pouvoir, le président du Sénat achève le mandat en cours du président de la République, puis organise une nouvelle élection’. Ce serait-là la boucle du néo-article 35, version Abdoulaye Wade. Il ne différerait en rien de Senghor, sinon que le lièvre politique serait passé par le chemin des écoliers pour aboutir au même résultat que le président poète. La majorité actuelle du Pds à l’Assemblée nationale, et surtout la servilité des députés à l’égard du président de la République, fonde à croire qu’un tel coup passerait facilement, revêtu des oripeaux d’une légalité factice.

Comment un Sénat formé majoritairement (65 %) d’individus nommés peut-il prendre la place et la dignité d’une Assemblée nationale dont la totalité des membres ont été élus au suffrage universel direct ? Théoriquement, le Sénat est la représentation des collectivités locales : dans la réalité, le Sénat, version Abdoulaye Wade, avec 65 % de sénateurs nommés, est un monstre juridique. C’est une insulte à la souveraineté du peuple que de placer le Sénat ainsi composé avant l’Assemblée nationale, siège de la souveraineté exprimée à travers le vote du peuple. A ce jour, on n’a entendu que le seul Jëf Jël dénoncer cette nouvelle situation. Les autres partis politiques et la société civile ne seraient-ils pas préoccupés par la stabilité du pays ?

Comment peut-on laisser passer qu’un individu nommé à une fonction de sénateur puisse être le suppléant constitutionnel d’un président âgé de plus de 80 ans ?

Finalement, Abdoulaye Wade aurait dû laisser Pape Diop à la tête de l’Assemblée nationale, puisqu’il semble lui tailler les textes à sa mesure : quand il était président de l’Assemblée, c’est lui qui suppléait, maintenant qu’il va devenir président du Sénat, c’est encore lui le suppléant.

L’autre exigence de la Nation, c’est d’être fixé sur la véritable identité, le cursus, l’état du casier judiciaire et les capacités intellectuelles de Pape Diop, puisqu’il va occuper une fonction si importante dans la vie du pays. Lui qui assume des charges si importantes pour le pays ne doit laisser subsister aucune ombre quant à l’exactitude de son état civil et la véracité des informations figurant sur son Cv. Pour l’heure, il ne nous y aide pas trop.

Sur le site de l’Assemblée nationale, il était dit que Pape Diop est né… en 1954 à Dakar. La liste officielle des sénateurs laisse entendre qu’il est né… le 11 mars 1954 à Mbour. Son Cv sur le site de la mairie de Dakar, subitement disparu, le fait naître à Dakar. D’autres documents mentionnent qu’il serait né le 17 avril 1954 à Mbour. Lequel des états civils de Pape Diop est le bon ? Mais, surtout, comment, et pour quelles raisons a-t-il pu se retrouver avec des éléments d’état civil si contradictoires ? S’appelle-t-il Pape Diop, vraiment ? L’on ne devrait quand même pas avoir à utiliser des tests Adn pour savoir qui est donc celui qui pourrait être appelé à nous diriger ?

Deuxième personnalité de l’Etat, maire de la capitale, président du Sénat… Avec de tels titres, le moins qu’on attend, c’est une immaculée netteté sur tout ce qui concerne le bonhomme. Pour le moment, il subsiste trop de zones d’ombre dans l’histoire officielle de l’homme des Fortune’s clubs qui sera appelé à suppléer Abdoulaye Wade et organiser des élections, en cas de vacance du pouvoir. Qu’il ne puisse devoir cela qu’à la seule volonté de Wade, et que des zones d’ombre subsistent quant à son itinéraire, son cursus, son âge, voire son nom, est tout simplement inadmissible.

C’est de la stabilité du pays qu’il s’agit : aucune autre question n’est plus importante que celle-là.

Saliou DIOUF Consultant, n° 54, Unité 3 Plles Assainies zalndioufa@hotmail.fr
Source: Walfadjri

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Samedi 29 Septembre 2007





1.Posté par Basse Ndiaye le 29/09/2007 13:17
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2.Posté par Diop le 29/09/2007 22:42
Article pertinent et intéressant car c'est l'avenir de tout un peuple qui est concerné. Concernant le prénom du Maire de Dakar, des sources bien informées affirment que Moustapha serait son véritable prénom et que Pape est venu à la suite d'un jugement supplétif pour baisser son âge pour des raisons d'études scolaires. Qui dit vrai ? Seul le concerné peut édifier les Sénégalais .

3.Posté par Buur Bassen le 30/09/2007 15:26
En creditant le JEF JEL a etre la seule formation politique a avoir denonce ce senat l.auteur devalue le contenu de sa contribution!tout le monde sait que le FSS non seulemnt a refuse de participer a ces elections senatoriales mais ils ont tous denonce l.inopportunite d.une telle institution!Le JEF JEL en prenant part a ses recentes consultations a de fait cautionner cette insttitution de partage de nos deniers pubics! Si l.auteur veut faire la part belle au Jef JEl il est libre de le faire mais au moins qu.il ait le courage de reconnaitre le merite du FSS qui a pure et simplement refuse de prendre a cette mascarade d.election!

4.Posté par apolitique le 30/09/2007 17:22
si papa diop a pu diriger la mairie de dakar et l'assemblée nationale pendant 7 ans, c'est sûr qu'il est capable de succeder le president de la republique et d'organiser des éléctions. pourquoi veut-on douter de ses compétences alors qu'il a dejà fait ses preuves?

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