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AVOIR DU « BAYRÉ » AU ROYAUME DU M’AS-TU-VU: Quand les fleurs côtoient les ordures

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«Le Sage redoute la célébrité comme l’ignominie ». Lao-Tseu ne savait pas si bien dire. Transposée dans notre contexte sénégalais, cette assertion a ceci de méritoire qu’elle remet au goût du jour l’éternel débat sur la nécessité de ne pas sacrifier nos us et coutumes sur l’autel d’une mondialisation qui, tel un rouleau compresseur, détruit tout sur son passage. Ah, la gloire! Qui n’a jamais rêvé, pour un jour ou une vie, d’être sous les feux de la rampe ? Hélas, tout le monde n’y est pas logé à la même enseigne.



Être au-devant de la scène. Faire l’actualité. Aiguiser la curiosité des honnêtes gens et des badauds sur son passage. Susciter l’envie dans un corps social en déconfiture avancée du fait des effets conjugués de la crise économique et du relâchement des mœurs. Briller de mille feux dans quelque groupe que ce soit. Ou encore barrer les « Unes » des journaux. Quel est ce Sénégalais qui ne rêve pas, un jour, de cette « faveur du Bon Dieu ». Faveur, vous avez dit ? Pourtant, nombreux sont ceux qui pensent que la célébrité est la «pire» des malédictions. N’empêche, lorsqu’on est dans une société de représentation comme la nôtre, il faut vraiment être très détaché par rapport aux «choses» terrestres pour ne pas tomber dans cette course folle vers les honneurs et la reconnaissance sociale. Dès lors, rien n’est de trop pour « surfer » sur ceux de sa génération - parents, amis comme voisins - et prouver à la face du monde que sa mère, pour reprendre une sentence wolof pleine de signification, a « bien travaillé » chez son père. Allez savoir à quoi renvoie cette image forte dans l’imaginaire populaire du pays de Burba jolof. Aussi, toutes les voies possibles et imaginables sont explorées par les uns et les autres pour se hisser au sommet d’une pyramide sociale qui n’accorde plus grande importance à ceux qui, éclopés par les vicissitudes de la vie, traînent sur le bord de la route menant vers le Sommet. Expression décidément à la page et qui prouve, si besoin en était encore, que les «retardataires» ne doivent pas du tout compter sur la clémence, voire la magnanimité, de leurs frères et autres concitoyens pour sortir la tête de l’eau. Bref, l’heure est plus que jamais au «Chacun pour soi, Dieu pour les plus célèbres». Il suffit d’ailleurs, pour s’en convaincre, de voir la manière avec laquelle ceux qui ont du « bayré », heureusement pas tous, écrasent leur monde et se détachent de leur milieu naturel. Pour paraphraser Sébastien Roch, il ne serait pas exagéré de dire que «la célébrité est le châtiment du mérite et la punition du talent». Autant les frasques d’un Vagabond comme El Hadji Ousseynou Diouf éclipsent son potentiel sportif indéniable, autant «Monsieur tout le monde» éprouve plus de plaisir à épiloguer sur les déconvenues familiales d’un Youssou Ndour que de l’offrir en exemple dans une société en mal de repères. Sans parler des «véritables raisons » qui ont fini d’éloigner Mohamed Ndao Tyson des arènes. Tout comme «Fm Mbeed Mi» s’enorgueillit de balancer à longueur d’année des «scoops» sur les écarts de comportements, supposés ou réels, des «En haut d’en haut» dont le seul tort est d’être au cœur, au propre comme au figuré, des pulsions d’une société qui a perdu, depuis belle lurette, les valeurs qui étaient, naguère, sa marque de fabrique.Et là, bonjour les randonnées sur les pistes cahoteuses menant vers les «Dialang» du Sud, les «Garabu-Garabu» de l’Est, les «Saltigués» du Centre ou les «Borom Niaan» disséminés aux quatre (4) coins du pays pour débusquer un «Fou» qui saura vous «prêter main forte» pour vous faire une place au soleil dans un monde où la compétition est impitoyable. Mais comme le nouveau cri de ralliement sous nos latitudes semble être peu importe le liquide, pourvu seulement qu’on ait l’ivresse, il n’est donc pas étonnant que la célébrité - qu’un penseur anonyme s’était fait un point d’honneur de comparer volontiers aux rayons du soleil - en arrive à s’attarder aussi bien sur les fleurs que sur les … ordures. Suivez notre regard !

Source: L'observateur

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Dimanche 4 Novembre 2007

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