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ASSANE MBOUP, LEAD VOCAL DU MBOUBA DJALY, MEMBRE DE L'ORCHESTRA BAOBAB: « Quand on est homme public, on entend du tout.. . »

L'ambiance n'est pas électrique comme dans l'une de ses grandes soirées anniversaires qu'il organise à Sorano. Sur la table du salon, il y a juste une radio qui diffuse le morceau de son nouvel album qui sera bientôt lancé sur le marché. Dans un appartement, situé dans l'enceinte d'une plage célèbre, Assane Mboup, Kor Fatou Mbaye, est revenu avec nous sur ses débuts dans la musique, l'Orchestra Baobab, ses relations avec les autres artistes, mais aussi son ancien goût pour les excitants comme la cigarette, le thé auxquels il ne touche plus. Pas très médiatique, Assane Mboup ne veut pas faire les choux gras de la presse. Et d'ailleurs, même si des accusations sont portées sur lui sa philosophie reste «le chien aboie la caravane passe». Pour lui, au Sénégal, personne ne peut échapper aux commérages...



ASSANE MBOUP, LEAD VOCAL DU MBOUBA DJALY, MEMBRE DE L'ORCHESTRA BAOBAB: « Quand on est homme public, on entend du tout.. . »
Walf Grand-Place : Assane, on vous voit de moins en moins vous produire au Sénégal. Est-ce un choix ?

Assane MBOUP : En fait, je joue beaucoup à l'étranger. Depuis que j'ai intégré l'Orchestra Baobab, je voyage beaucoup. Et, je m'en réjouis. Parce qu'il faut qu'on le dise aussi, il est très difficile pour nous artistes de vivre de notre art au Sénégal.

Pourquoi ?

Parce qu'il y a les pirates. Hormis les prestations que l'on peut faire à travers des soirées payantes et autres, nous ne comp­tons que sur nos cd ou cassettes pour tirer profit de nos oeuvres. Et, c'est là où le bât blesse, car les pirates ne nous en laissent même pas le temps. On peut bénéficier d'une bonne promotion à la sortie de nos albums, mais financière­ment, on ne s'en sort pas. Donc, si on a l'opportunité d'aller se pro­duire à l'étranger, c'est tant mieux.

Vous êtes membre du groupe Baobab, mais vous avez aussi votre propre groupe. Qu'en est-il avec cette formation ?

C'est vrai que j'ai mon propre groupe et j'organise des manifesta­tions au Sénégal. C'est que je ne les médiatise pas. Par exemple, récemment, j'ai organisé mon anniversaire et celui du groupe à Sorano et ce n'était pas la première fois. C'est le cinquième anniver­saire et on le fête chaque mois d'octobre.

N'êtes-vous pas en train de vous «enterrer» vous et votre groupe dans l'Orchestre Baobab ?
Puisque Assane Mboup mainte­nant renvoie plus au groupe Baobab qu'à Mbouba Djaly...

Oui, vous avez peut-être raison. Et pour dire vrai, présentement je compte donner la priorité à ma carrière personnelle. Baobab, c'est une très belle expérience pour moi, je ne regretterais jamais de faire partie de ce groupe parce que j'ai beaucoup appris avec mes aînés qui sont de grands profes­sionnels de la musique avec qui j'ai partagé presque dix ans la belle aventure de l'orchestre. J'ai rejoint Baobab en 2001 et c'est Youssou Ndour qui m'y a amené.

Comment ?

Baobab a été formé en 1970, c'est-à-dire deux ans après ma naissance parce que moi, je suis né en 1968. Donc, quand le groupe a éclaté et qu'on a réussi à les réunir, il leur manquait quelqu'un qui n'est autre qu'Abdoulaye Mboup. Un grand artiste que beaucoup ont cru et croient jusqu'à présent qu'il est mon père. Abdoulaye Mboup n'est pas mon père, moi je suis le fils d'El Hadji Serigne Mboup.

Vous avez quand même des liens de parenté ?

Non, pas vraiment. Mais, c'est le même askan, celui du nguéwel gui. Voilà, pour en revenir à Baobab, je trouve que je suis encore jeune et que j'ai beaucoup de choses à faire par rapport à cc qui est aujourd'hui ma profession. Je tire beaucoup profit de ce com­pagnonnage, je gagne en expé­rience, mais il est aussi temps que je mette ma carrière solo en prio­rité.

Revenons à votre intégration dans Baobab, pourquoi vous et non un autre chanteur parce que cet orchestre est loin d'être de votre génération ?

Un jour, Youssou Ndour m'a dit qu'il me voit bien dans cet orches­tre. Parce qu'il trouve que j'ai à peu près le même timbre vocal que le défunt Abdoulaye Mboup. Personnellement, je ne connais pas trop Abdoulaye Mboup. Et Youssou n'était pas le premier à me le dire. Un monsieur, aujourd'hui décédé, et cher qui j'avais acheté tous les albums de l'orchestre Baobab me l'avait dit également. Quand Youssou m'en a fait la pro­position, il en a parlé aux membres du groupe et finalement, ça a abouti. C'est quelque chose qui est venu au bon moment, car en ce moment, il me le fallait. Ma car­rière solo marchait très bien au Sénégal, mais j'en voulais un peu plus. Je voulais découvrir autre chose, avoir de nouvelles expé­riences, découvrir un nouveau public autre que sénégalais. Baobab m'en a donné les opportu­nités. Il renforce ma carrière finan­cièrement et professionnellement. Aujourd'hui, je préfère me concen­trer davantage sur mon groupe.

Pourquoi une telle décision, vous sentez vous exploité au sein de l'orchestre Baobab ?

Non, pas du tout. On ne m'a rien fait de mal à Baobab. Au contraire, je m'y sens très bien. Je suis toujours dans le groupe et je continue d'aller en tournée avec eux. Cependant, je veux juste vous dire que je compte reconsidérer ma carrière solo, m'y consacrer davantage contrairement à ces dernières années. En toute sincé­rité, si un programme de Baobab coïncide avec celui de mon groupe, je préfère gérer le mien. De toute façon, mes prestations au sein du Baobab ne dérangent pas mon tra­vail dans mon groupe. Avec Baobab, on travaille plus avec les Européens et ces derniers ont un programme bien ficelé. Maintenant, au lieu de m'embour­geoiser quand Baobab ne se pro­duit pas, je vais organiser ma car­rière solo en fonction de ce pro­gramme. Baobab, c'est une école. Et c'est un honneur pour moi d'avoir été choisi par ce groupe, même si c'est parce qu'ils m'ont trouvé talentueux.

Est-ce que le courant passe facilement avec les autres mem­bres de l'orchestre Baobab qui ont sans doute l'âge de votre père ?

Ils n'ont aucun problème. Nous sommes comme des personnes de la même génération, il y a une complicité entre nous et on est devenus copains. Ils ne font pas de différence entre eux et moi. Et musicalement, ils m'ont enrichi. Avant, je ne pouvais être à l'aise que dans le folklore, le mbalax...

Ce groupe est une légende, on par­lera toujours de lui.

Revenons à vos débuts dans la musique. Bien que vous soyez griot, qu'est-ce qui vous a poussé à faire de la musique ?

Ma grand-mère paternelle a hérité de la chanson. Toutefois, de mon côté maternel, ce sont des intellectuels. C'est quand j'ai sorti une cassette que beaucoup de gens qui nous connaissaient ont su que nous étions des griots. On ne peut pas le savoir de nous, car nous n'étions pas trop dans le folklore et le samaye mbayane. Nous sommes une famille très calme. Au moment où je me suis lancé dans la musique, c'était pour aider ma mère. Nous galérions dans la mai­son et c'étaient des moments très difficiles. J'ai étudié jusqu'en classe de 3e secondaire et quand je n'ai pas obtenu mon Bfem, j'ai arrêté. Je voulais vraiment aider mes parents.

Est-ce parce que vous êtes l'aîné de vos parents ?

Non, je ne suis pas l'aîné. J'ai des grands frères et ils travaillaient. Mais, cela ne m'empêchait pas de vouloir les soutenir, moi aussi. En réalité, ce qui a interrompu mes études, c'est qu'on m' «enlevait » régulièrement pour m'emmener dans les baptêmes et autres mani­festations (Il rit).

Qui vous «enlevait»?

C'est mon neveu qui m'«enle­vait». Sa mère est ma grande soeur de même père et de même mère. Mais, on a le même âge. Quand je lui disais que j'ai cours, il me demandait de faire l'école buisson-mère et de le suivre. Car, ce sera beaucoup plus intéressant d'aller chanter et gagner de l'argent dans les manifestations comme lui il faisait. Et franchement, j'y gagnai beaucoup d'argent, mais je n'osai pas le montrer à la maison. Car, si jamais ma mère était au courat que je chantais, elle allait me donner une bonne raclée.

Pourquoi ? Etait-ce parce qu'elle est une intellectuelle ?

Non, mais elle ne voulait pas que je chante. Elle préférait que je réussisse dans les études, puisque je m'en sortais bien à l'école. En ce temps-là, on m'invitait dans des maisons pour chanter et on enregistrait mes prestations. C'est ainsi qu'un jour, un gendarme, ami de mon grand-frère, m’a emmené à Sorano après avoir écouté mon enregistrement par hasard. A l'Orchestre national, on m'a auditionné et on m'a engagé le même jour. C'était en 1994 et j'y suis resté jusqu'en 1996. Un jour, alors que jouais, une personne s'est approchée de moi, m'a donné beaucoup d'argent et m'a dit qu'il voudrait me parler après la soirée. C'était Kabou Guèye et c'est lui qui m’a mis en rapport avec un producteur qui s'appelle Moussa Bèye.C'est ainsi que j'ai eu ma première pro­duction qui s'appelle Waxi wadiour.

Et quand avez-vous com­mencé à travailler avec Jololi ?

Mon premier album est sorti en décembre 1995. Ensuite, j'ai tra­vaillé avec Talla Diagne, Moustapha Fall, Robert Lahoud et Jololi. J'ai fait deux productions avec Jololi. En 1999, j'ai rendu hommage à Youssou Ndour dans un de mes morceaux. C'est ce qui fait penser à certains Sénégalais que j'ai toujours eu à travailler avec Jololi. J'adore Youssou Ndour et j'ai appris à chanter à travers ses mor­ceaux. Il a beaucoup de mérite et je le reconnais. Pour cette fois-ci, j'ai fait une autoproduction et c'est parce que je l'ai voulu. Je tente une nouvelle expérience, il faut essayer de se lancer soi-même.

Vous n'êtes pas le seul à faire de l'autoproduction. Ne faites-­vous plus confiance aux produc­teurs ?

Non, ce n'est pas parce qu'on ne fait plus confiance aux produc­teurs. Personnellement, ça n’a rien à voir. Je sais que la production est difficile, mais pour plus de liberté et d'indépendance, je veux tenter l'expérience pour voir.

Vous en êtes à combien d'al­bums ?

J'en suis à neuf albums, c'est le dernier qui doit sortir le 20 novem­bre.

Vous chantez beaucoup l'amour. Pourquoi ?

Parce que l'amour fait partie de nous. Jusqu'à la mort, on ne peut rien faire sans amour. Trésor, je l'ai chanté parce que chacun a une personne qu'elle porte dans son coeur et qu'elle n'échangerait pour rien au monde.

Qui est votre trésor ?

Mes enfants.

Et votre épouse

Je l'aime de tout mon coeur, C'est la mère de mes enfants qui sont mon trésor. Donc, elle vaut plus qu'un trésor même (il éclate de rire). Désormais, je vais chanter l'amour dans toutes mes productions­.

Vous avez aussi chanté «Djignaté» (accusation non fon­dée), un morceau que les Sénégalais ont interprété de diverses manières. Qu'est-ce qui vous a poussé à la chanter ?

«Djignalé», je l'ai chanté parce que c'est un phénomène qui fait souffrir beaucoup de monde. Certains ont l'habitude de porter des accusations sur des gens sans qu'elles soient fondées. Sans s'en rendre compte, ces gens en souf­frent. Parfois même, ils leur gâchent la vie. Ce n'est pas parce qu'on a une dent contre quelqu'un ou qu'on en est jaloux que l'on doit dire du mal de lui. Parfois même, on en arrive au tribunal et on enferme des gens. Ce n'est pas une bonne attitude et il faut que ça cesse. On ne peut pas connaître la personne tant qu'on ne la pratique pas. C'est un péché et ce n'est pas bien. Les Sénégalais aiment faire dire aux gens ce qu'ils n'ont pas dit. Ils aiment attribuer aux gens des actes qu'ils n'ont pas fait et aiment faire porter des étiquettes totale­ment fausses aux gens. Person­nellement, je ne dis jamais des choses dont je ne suis pas sûr. Je suis croyant et je ne tiens pas à devoir me justifier pour des choses que j'ai dites sans en être sûr.

Etes-vous personnellement concerné par «djignaté » ? Parce que vous les hommes publics, vous êtes souvent traités de tout ce qu'il y a de mauvais ?

Non, je ne l'ai pas chanté parce que je suis personnellement concerné par cela. Mais, c'est que je discute avec des gens, je vois des personnes en souffrir, la nous les chanteurs, nous sommes des porte-voix. C'est vrai que nous sommes les plus exposés à ces genres d'accusations mais nous au moins, nous tenons compte du fait que nous sommes des hommes publics. Et, nous sommes obligés d'endosser car on ne peut pas se justifier devant chacun ou nous mettre à démentir à tout bout de champ. On entend du tout et apparemment, les gens semblent oublier que nous sommes des êtres humains. Nous sommes des responsables et nous ne pouvons pas nous permettre de nous adon­ner à des bassesses. Personnellement, je suis un homme responsable, j'ai ma famille et je n'ai d'intérêt que pour mon boulot. Jamais on ne me trouvera en train de faire ou de dire des choses malsaines. Quant aux rumeurs, on n'y peut rien, on ne peut pas les empêcher. Nous sommes des artistes, des personnes qui oeuvrent à faire plaisir aux populations, à être leur voix, il faudrait quand même que l'on nous renvoie l'ascenseur. Nous savons ce que nous voulons et ce qui nous intéresse, c'est le travail.

Mais ça doit faire mal quand même ?

Oui, parfois ça peut nous cho­quer. Mais bon, tant qu'on sait qui on est et qu'on sait pourquoi on est souvent victimes de cela, on le vit mieux. On entend du tout, du tout je vous dis, des choses que je ne citerai même pas. À la limite même, ça nous fait rire. Parce qu'on ne sait pas sur quoi les gens se basent pour porter certaines accusations (Il sourit). C'est nous qui avons choisi de faire ce métier et du coup, nous sommes très exposés. On peut nous aimer comme on peut nous détester.

Qu'avez-vous réussi à réaliser, en termes d'investissement, avec ce que vous avez gagné dans la musique ?

Je ne gagne pas beaucoup. Comme je vous l'ai dit, cet art a perdu de sa valeur au Sénégal à cause de la piraterie. En tout cas, je me suis autoproduit, c'est déjà un investissement. Et hormis cela, je tâche de bien m’occuper de ma famille. Mes enfants sont dans de bonnes écoles et je fais de mon mieux pour qu'ils vivent bien.

Laisseriez-vous vos enfants se lancer dans la musique comme vous ?

Ben oui, je les encourage même. Vous savez, autant je fais mon possible pour qu'ils étudient bien à l'école, autant je me mets parfois à chanter avec eux, je les forme. Ils aiment ça et je leur laisse le choix. La vie est faite de choix. L'essentiel, c'est d'exceller dans ce que l'on a choisi de faire. D'ailleurs, j'ai un fils de 25 ans qui fait du rap. Il n'est pas encore connu des Sénégalais, mais il le sera inchaAllah.

Quels sont vos rapports avec les autres artistes ?

Je m'entends avec tout le monde, mais je n'ai pas spéciale­ment de rapports avec l'un d'entre eux. Les musiciens ne se fréquen­tent pas.

Pourquoi ?

Je ne sais pas. C'est peut-être un choix. En tout cas, on ne se rend pas visite. Peut-être qu'ils ont chacun leurs raisons.

Quels sont vos rapports avec les femmes ?

Ce sont mes fans. Je les consi­dère comme telles et je les adore.

Qu'avez-vous à ajouter ?

Juste que les artistes doivent cesser de montrer une image d'eux qui est bien loin de la réalité. Aujourd'hui, on voit des musiciens qui tournent des clips avec des voitures d'une valeur de 20 mil­lions de francs, dans des maisons d'une valeur de 50 millions. Ce n’est pas sérieux. Il ne faut pas faire croire qu'on a des biens, alors que tel n'est pas le cas. C'est la rai­son pour laquelle, les gens pen­sent que nous sommes très riches. Quand nous parlons de nos pro­blèmes, on ne nous croit pas. Et quand on ne donne pas tout le temps, on pense que nous sommes pingres. On peut faire de beaux clips sans pour autant avoir à s'endetter.


Dimanche 1 Novembre 2009




1.Posté par momo le 02/11/2009 01:10
un homme tres pose et ses paroles sont tres riches et pleins yalla na la yalla takhawou

2.Posté par assane goudiaby le 14/11/2009 21:08
ce qui me faire tres mal,je n'ai jamais entendu mon nom sur votre music, et vous aller maintenant avec orchestra baobab,je t'ecoute quand y a les moments difficilles et aussi quand je suis tres heureux j'ai bocous tes chansons,parfois ca me arrive d'avoir envie ècoutè ta voie au telephone.

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