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APRES PLUSIEURS ACCIDENTS MORTELS RAPPROCHES : Les Sébikotanois bloquent la nationale 2 pendant cinq heures

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Ripostant à leur manière à une série d’accidents meurtriers et spectaculaires, les populations de la commune de Sébikotane (43km de Dakar, département de Rufisque) ont bloqué la route nationale numéro 2 longeant la ville, de 19h à 02h du matin, dans la nuit du samedi au dimanche. Pendant cinq tours d’horloge, ils ont tenu tête aux forces de l’ordre dans un décor chaud caractérisé par des pneus enflammés sur la chaussée et de l’air rendu irrespirable par les grenades lacrymogènes.

En masse, la population de Sébikotane est descendue dans la rue, dans la nuit du samedi au dimanche, en barrant la route nationale 2 et en se livrant à une intifada face aux forces de l’ordre. A l’origine de leur courroux, la série noire d’accidents de la circulation dont le caractère spectaculaire s’accompagne régulièrement d’un cortège de morts. La goutte d’eau de trop qui a fait déborder le vase a été le choc survenu, samedi soir, entre un car de transport « ndiaga ndiaye » immatriculé Dk 9971 L revenant de Touba et un véhicule « clando » portant la plaque Dk 4987 L, de marque Peugeot transportant des passagères habitant Dougar, à la hauteur du croisement appelé Tableau Filfili, au cœur même de la ville. Le car de transport, nous apprennent des témoins, a traîné le « clando » sur une longue distance pour enfin finir sa folle course dans le mur du local de l’ancien dispensaire de la ville. Il y a eu des blessés de part et d’autres. La scène d’un car et d’un taxi tous les deux coincés sous les blocs de béton laisse perplexe. Tellement le « clando », qui a reçu un poteau de béton sur son toit, pouvait faire croire qu’il n’y a pas eu de rescapés. Heureusement, aucun mort n’a été enregistré. Mais, c’est l’accident de trop aux yeux de la population. La réaction des Sébikotanois a été de barrer aussitôt la route vers 21h, en allumant des pneus, des tas d’ordures et en déposant sur la chaussée de grosses pierres à différents endroits de la ville. Rapidement, de longues queues de véhicules se sont formées dans les deux sens. Les passagers coincés se demandent ce qui leur est arrivé.

Accidents fréquents et spectaculaires

Les premières informations d’un soulèvement des Sébikotanois contre cet énième accident circulent. Des conducteurs préfèrent faire demi-tour pour ne pas être une potentielle cible. La file de voiture s’allongent au fur et à mesure que passent les minutes. Les échos d’une ville à feu font peur aux conducteurs qui n’osent pas s’approcher des Sébikotanois qui s’expriment avec violence contre cette série noire d’accident. Vendredi dernier, nous apprend-on, un véhicule de transport « sept places » a fauché quatre écoliers. Alors qu’un car s’est arrêté pour laisser les élèves traverser la chaussée, le véhicule « sept places », à vive allure, le dépasse. Les enfants qui ont déjà engagé la traversée ont été tous heurtés. La violence du choc est telle que l’un des écoliers a rendu l’âme sur le coup, nous apprend-on. Quelques jours auparavant, un autre choc mortel à Tableau Filfili a coûté la vie à une jeune fille morte sur le coup, nous apprend-on. Sans oublier un autre accident survenu un peu plus loin, en allant vers Thiès. « Quatre accidents en 16 jours, c’est trop », s’indigne un manifestant. La série noire a réveillé de vieux souvenirs dans la tête des Sébikotanois qui ont déjà payé un lourd tribut à la route. En effet, dans les années 80, les populations avaient bloqué un jour la nationale 2 après qu’un enfant a été mortellement fauché. Samedi, elles ont remis ça en exprimant leur ras-le-bol par le feu et les pierres.

Le car ndiaga ndiaye est saccagé, à défaut d’être incendié. Les manifestants se ruent sur le véhicule impliqué dans un autre accident mortel et stationné là depuis le choc. Il est traîné jusque sur la chaussée et est mis en feu. Les gendarmes alertés arrivent rapidement sur les lieux pour rétablir l’ordre. Mais, ils ont été accueillis par des coups de pierres. Les jeunes de la ville, qui ont jonché la route de pneus enflammés à plusieurs endroits, ont tenu en haleine les forces de l’ordre qui ont fait parler leurs grenades lacrymogènes en vain, pendant des heures. Avec l’avantage du terrain mal connu des gendarmes, les jeunes ont été à l’aise durant la confrontation. Les Sapeurs-pompiers à l’ouvrage voient leur tâche réduite à néant puisque la tactique des manifestants a été de multiplier les foyers de feu. Il est 23 heures passé de quelques minutes lorsque les gendarmes tentent de discuter avec les jeunes qui ne démordent pas. Certains interprètent l’attitude des forces de l’ordre comme une ruse pour gagner du temps en attendant l’arrivée de renforts.

Un semblant d’accalmie s’installe à minuit passé. Les gendarmes tentent de faire passer les véhicules de l’axe Thiès-Dakar, mais ils se heurtent à l’intransigeance de manifestants placés vers Niarry Poteaux, à l’entrée de la ville. Les populations rallument les pneus, remettent les gravats et grosses pierres sur la chaussée. A la vue des flammes, certains chauffeurs paniquent et tentent de faire demi-tour. Des pare-brise sautent en morceaux. Dans un car rapide, c’est le sauve-qui-peut, chacun veut quitter le véhicule d’urgence. Un adolescent tombe en voulant passer par le côté. Une dame, désorientée, cherche de l’aide tandis qu’une autre déclare avoir perdu de vue son car au bord duquel elle a son réfrigérateur. Il est une heure du matin lorsque les gendarmes, plus nombreux cette fois-ci, balancent de nouveau des grenades lacrymogènes contre les jeunes qui leur tiennent tête depuis des heures. Ces derniers se replient de temps en temps dans les ruelles des quartiers mal connus des forces de l’ordre ou entrent dans des maisons. Les gendarmes en arrivent même à balancer des grenades dans des maisons, espérant frapper des manifestants repliés. Les Sapeurs-pompiers occupent l’espace conquis par les forces de l’ordre et en profitent pour éteindre le feu. La circulation reprend, timidement. Ce n’est qu’à deux heures que le flux de véhicules a commencé à se normaliser dans les deux sens. Avec des passagers et conducteurs qui n’oublieront pas de sitôt cette révolte des Sébikotanois contre une route nationale 2 devenue très meurtrière à leur endroit.

Source: Le Soleil

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Mardi 4 Mars 2008

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