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APRES LES EMEUTES DE KEDOUGOU: La grande controverse

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Ce qui s’est passé mardi 23 décembre à Kédougou mérite et des interrogations mais aussi et surtout un diagnostic très approfondi. En un temps record, la ville réputée la plus pacifique du pays a vécu des événements cauchemardesques assimilables à un tsunami. Un phénomène qui a surpris tout le monde. A commencer par les autorités sénégalaises.



APRES LES EMEUTES DE KEDOUGOU: La grande controverse
Un aperçu sur les composantes de la population de Kédougou permettrait aux et aux autres d’être éclairés. Diakhankés, Malinkés, Peuls, Bassaris et Dialonkés sont les principales ethnies qui composent la nouvelle région, mais il s’y ajoute maintenant les wolofs, les Sérères, les Diolas,les Maures etc. Qu’est-ce qui serait à l’origine de ces émeutes ? Les jeunes seraient-ils manipulés ? Y avait-il des signes annonciateurs ? Voilà autant de questions que nous tenterons de répondre en nous basant sur beaucoup de choses qui se sont passées dans la cité collinaire et qui constituaient des prémisses qu’on pouvait gérer si on les avait prises au sérieux tout en privilégiant de facto un dialogue permanent.

Qu’est ce qui a été à l’origine de ces émeutes d’abord ?

Nous tenterons de vous donner des réponses par rapport à toutes les interrogations qui ont été posées sans considération aucune. Primo, vous nous concédez qu’il y a des ennuis dans toutes les localités où on exploite des ressources minières. Donc, il était quasiment impossible que Kédougou fasse l’exception ; mais jusqu’à en arriver là où nous sommes aujourd’hui, personne n’y avait pensé.

Quoiqu’il en soit il faut concéder à l’Etat sénégalais que l’existence du fonds social minier a été une grande première même si par ailleurs, il est considéré comme une nébuleuse. Ce fonds a été mis sur pied par des compagnies minières telles que Mineral Deposits Limited (Mdl) avec sa filiale Sabodala mining company, Oromin et Arcelormittal.

Le programme social minier (Psm) résulte d’engagements spécifiques d’investissements sociaux au profit des populations des collectivités locales abritant les opérations minières qui ont été négociées dans le cadre des conventions minières entre l’Etat et les sociétés minières. Il est directement exécuté par lesdites sociétés en partant des préoccupations exprimées par les populations elles-mêmes, sous la supervision du ministère en charge des mines.

Tel était l’objectif du fonds social minier tel qu’il avait été défini mais compris autrement par les populations périphériques. Ces dernières pensaient que les milliards qu’elles entendaient parler devaient être versés dans les caisses du trésor public afin qu’ils servent les collectivités sises dans le périmètre minier des différentes compagnies signataires du programme social minier.

A cet effet, plusieurs Comités départementaux et régionaux ont été organisés dans ce sens uniquement pour lever cette équivoque qui planait dans la tête des gens. Mais, ne pouvant rien contre cette décision qui vient de l’autorité, les populations sont restés toujours sceptiques. C’est pourquoi l’Etat en collaboration avec les compagnies minières doit instaurer un dialogue sans précédent avec les populations qui ont l’obligation d’être informées.

Ce fonds social minier a été aussi décroché avec l’appui de quelques organisations non gouvernementales telles que « la lumière » qui a beaucoup contribué à la capacitation des élus locaux, des jeunes et des acteurs non étatiques. Sachant que la région de Kédougou dispose de ressources incommensurables comme l’or, le marbre, le fer et éventuellement de l’aluminium, il était paradoxal voire anormal que cette localité soit la plus pauvre au Sénégal.

Les étudiants de Kédougou n’osaient pas aller l’université parce que n’ayant pas de tuteurs à Dakar, Saint-Louis est encore trop loin. Et c’est dans ce contexte que l’arrivée des multinationales en l’occurrence Arcelor Mittal qui exploite le fer de Boféto a permis à ces jeunes de sortir un peu de l’oubli. Surtout avec les fonds mis à la disposition par ces sociétés à la ville qui ont permis de louer et d’équiper un immeuble flambant neuf pour plus de soixante-dix étudiants que compte Kédougou. Chaque étudiant ne versant que la somme de 3000 Fcfa mensuellement pour les éventuelles factures à payer.

Le 7 décembre dernier, au moment où les étudiants sont arrivés à Kédougou pour passer la fête de tabaski, c’est dès leur arrivée aux environs de 14 heures qu’ils ont commencé à brûler des pneus au rond-point de la ville où Sina Sidibé serait tué à moins d’une centaine de mètres. Une situation qui a été maîtrisée par les gendarmes et sapeurs pompiers. Ils se sont entretenus avec le commandant de brigade de la gendarmerie qui les demandait de lui dire les problèmes auxquels ils ont été confrontés.

Un document a été scellé et envoyé au préfet ; mais les jeunes qui attendaient à ce moment de pied ferme le chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade qui devait effectuer un voyage sur Kédougou, continuaient à tenir des réunions périodiques durant toutes les fêtes. Ces derniers voulaient accueillir le président de la république avec des brassards rouges pour montrer ce qu’ils considèrent comme injustice.

Ils ont comme soucis un manque d’emploi, la construction des routes, des politiques qui ne sont pas à la hauteur, la spoliation de leurs terres, les enseignants qui engrossent leurs élèves bref beaucoup de problèmes qui méritent des réflexions afin qu’ils soient résolus définitivement.

Mais, où étaient les autorités de la région (gouverneur, préfet) et la police et la gendarmerie qui ont l’obligation de rendre compte ? Question encore sans réponse. Depuis Dakar, le président de l’association des élèves et étudiants ressortissants de Kédougou (Aeerk) disait qu’il avait suggéré à ses camarades de régler les problèmes à l’amiable ; ce qui n’a pas été fait.

Les camarades d’Amadou Diouldé Barry tiennent des réunions les 21 et 22 décembre auxquelles avaient assisté tous les mouvements associatifs pour que la mayonnaise puisse prendre. Ils ont été même invités à une radio de la place, mais les jeunes disaient toujours que la marche serait pacifique. La nuit du 22 au 23 décembre, les jeunes en fins stratagèmes avaient fait le tour de la ville en dénichant beaucoup de pneus qu’ils avaient prévu d’incendier le lendemain sans cependant oublier les affiches qui cachaient les façades des murs des points stratégiques.

Le lendemain, ce qui devait arriver sans que personne ne le souhaite, arriva. Mais, seraient-ils vraiment manipulés politiquement ? Cette hypothèse est dégagée et balayée d’un revers de main par tous parce qu’aucun politique n’aurait recommandé aux jeunes d’incendier des institutions de la république. Auraient-ils un coup de pouce de personnes malintentionnées ; L’hypothèse est probable de l’avis de certaines personnes.

Les contours encore flous de la révolte

Elle sera répondue en triade. Et les jeunes et leurs parents et l’Etat. Chacune de ces parties en a une grande part de responsabilité sur ce qui s’est passé le mardi 23 décembre dernier à Kédougou. Les jeunes encadrés par les étudiants, commencent à être éveillés aujourd’hui ; ce qui échappe beaucoup d’autorités administratives qui continuent à croire que le pays de feu Mamba Guirassy continue à être un lieu de pénitence.

Me Abdoulaye Wade, dès son accession au pouvoir, avait recommandé à qui le voulait, de porter un brassard rouge quand il n’était pas content ; c’est ce que les jeunes de Kédougou ont à plusieurs reprises fait lors du passage de certains ministres.

Le troisième responsable de ces émeutes sanglantes du mardi noir, estiment certaines personnes à Kédougou est l’Etat sénégalais qui n’a pas voulu, selon elles, jouer franc jeu avec les jeunes. Quand le ministre des mines déclare à l’opinion publique que l’usine de Sabodala, une fois ouverte peut prendre 20.000 emplois alors que les géologues et techniciens en la matière soutiennent vraiment le contraire donc il y a problème.

Dans le même ordre d’idées, il faut signaler que des compagnies comme Oromin et Arcelor Mittal pour ne citer que celles-ci sont en phase d’exploration. Et comme le comprennent bien certains jeunes, « vous savez pertinemment que celui qui cherche peut ne pas trouver et si c’est le cas il taille la route. » Donc les jeunes de Kédougou devraient penser à se former pour être les premiers bénéficiaires des retombées de l’exploitation de ces ressources.

Des plaies qui mettront du temps à guérir

Les émeutes du 23 décembre ont causé des dégâts collatéraux inimaginables. Deux morts du côté des marcheurs et de nombreux blessés sans oublier les dix-huit autres jeunes qui vont purger une peine de 5, 7 et 10 ans d’emprisonnement ferme en attendant un éventuel appel de ce jugement bien sévère. L’administration, elle aussi, en a beaucoup souffert. La préfecture, l’inspection départementale de l’éducation, le service des eaux et forets, celui de l’agriculture, la douane, la Brigade mobile de sûreté du territoire (Bms) surtout le domicile du commissaire, la gendarmerie (domicile du commandant de brigade) et le tribunal flambant neuf en ont beaucoup souffert. Tous ces services ont été calcinés y compris leurs mobiliers à part quelques petits matériels qui ont pu être sauvés.

Des archives de l’époque coloniale, des dossiers de certains détenus, des requêtes pour les audiences foraines ont été emportées par les flammes. Aujourd’hui, il n’existe pratiquement plus d’administration à Kédougou. Et pourtant, des personnes animées d’une bonne foi ont toujours joué la carte de l’apaisement.L’imam Thierno Alpha Bâ, l’ancien député maire socialiste El Hadj Bocar Sidibé, la présidente des groupements féminins Adja Aya Ndiaye qui ont été rejoint par Mamadou Sylla, conseiller technique à la présidence de la république ont joué également un rôle prépondérant dans cette période de crise.

« J’ai amené la première délégation composée de dix membres chez le gouverneur pour qu’on installe le dialogue afin que la paix revienne », indiquait le sieur Sylla qui était venu au lendemain des émeutes et qui y est resté jusqu’à la veille de la rencontre entre Wade et la délégation de Kédougou. « En pareilles circonstances, précise M. Sylla, on a besoin d’être sereins et de conjuguer nos efforts sans considération aucune pour que les populations sentent que nous compatissons à la profonde affliction qui les anime. »

Cependant, il faut aussi signaler que la délégation qui était partie rencontrer le président de la République se trouve dans l’Etat de disgrâce des populations. Même si elles ont été rabrouées par l’autorité ; il apparaissait à n’ont pas eu le courage de faire la restitution telle qu’ils l’avaient annoncée à Dakar.

Une cité encore sous état de siège

Aujourd’hui, on constate que depuis le mardi noir de décembre, une forte présence d’hommes en uniformes et remarquée dans les rues. On assure c’est pour « la sécurité »des populations.Un contingent de la légion de la gendarmerie d’intervention (lgi) et une troupe du groupement mobile d’intervention (Gmi) sur commande des autorités sont là. Cette force de dissuasion rassure les populations de Kédougou, ville frontalière de la Guinée et du Mali. Cela, parce que les jeunes délinquants et autres malfaiteurs en errance, n’ont plus droit de cité.

Selon nos sources, les hommes en bleu en ont pour six mois avant d’être remplacés par d’autres troupes. Par ailleurs, il est bon de préciser que les activités économiques, sociales, professionnelles et même « politiques » ont repris. La situation que vient de vivre la petite ville verte du sud-est, pose de manière lointaine toute la stratégie de gouvernance des villes africaines proches des mines de pétrole, d’or et de diamant. Des sortes de No man’s land laissés aux multinationales et à la logique de l’argent qui mine toute forme de vie. Au seul nom de la rentabilité économique et financière.

Mamadou Cheikh Fall
Source SudQuotidien

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Samedi 17 Janvier 2009





1.Posté par zoo le 17/01/2009 07:16
je vous rassure que ce "mardi noir" n est que l annonce du film.
le "No man’s land" qu on connait au nigeria (dans les mines petrolieres) et dans beaucoup de pays d afrique verra le jour dans cette region et l etat aura tord car il ne sera pas capable de provisionner 2 bases:
-l une contre le MFDC (casamance)
-l autre a kedougou.
Pour dire qu au lieu d activer le fonds minier social et de lancer le developpement de cette new region, il place les hommes en bleu pour semer la terreur aux populations.
avec n importe quels moyens, cette lutte doit etre continuee

2.Posté par Lamine le 17/01/2009 10:27
Zoo, on dirait que tu ne comprends pas le français, le fonds social minier existe bel et bien et tres bien réparti mais certains pensent que se sont des milliards, en plus ce journaliste ne nous apprend rien l'article reste trop à la surface, il a peur de dire la virité.Il cite des ethnies en laissant d'autres qui sont millénaire comme les beudigues. Ce problème est pilotique qu'on le veuille ou non, ces étudiants sont comme les étudiants de Kaolack ou Zig ou Guediawaye ils veulent du flooz alors ils font du chantage le problème est que le truc les a échappé d'autres se sont servis en détruisant tout. Les peines prononcées sont un avertissement pour les ambulants et autres c'est pour leur que cette fois ci c'est la loi du baton.

3.Posté par m g le 17/01/2009 11:13
lamine c toi qi ne compren rien de ce qui ds cette partie du sud oriental tai toi c choqant c q tu pretend

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