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APRÈS L’ANNONCE DE LA SUSPENSION DES ROTATIONS DU WILIS:Colère noire des usagers contre les autorités

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Au lendemain de la suspension des rotations du Wilis entre Dakar et Ziguinchor, l’Etat est sur la sellette. Les habitués de la ligne sont plongés dans une grosse colère surtout en cette période des grandes vacances. Les ressortissants de la région sud du pays sont dans tous leurs états. À l’embarcadère, les voyageurs dénoncent la situation et demandent au Président de la République de réagir dans l’intérêt du Sénégal.



APRÈS L’ANNONCE DE LA SUSPENSION DES ROTATIONS DU WILIS:Colère noire des usagers contre les autorités
18 heures passées de quelques minutes, vendredi 17 août au Port de Dakar. En principe c'est l'heure de départ du bateau, le Wilis vers Ziguinchor. Et pourtant cela n'a pas été le cas. Le ferry est sur cale, car dit-on il est en panne technique. Quelques rares voyeurs rencontrés à l'embarcadère font des vas-et-vient juste pour constater les dégâts. L’arrêt de la rotation entre Dakar et Ziguinchor annoncé jeudi 16 août 2007 du bateau le Wilis semble ébranler les habitués de cette ligne. Les clients du Wilis sont dans tous leurs états et l’Etat est sur la sellette.
Au-delà du port, le sujet est à l’ordre du jour dans la plupart des places publiques de la ville que nous avons sillonnées. « L’Etat du Sénégal n’a pas le droit de laisser faire. Nous ne pouvons pas comprendre la volonté du gouvernement du président Wade dans sa politique de désenclavement de la Casamance », explique d’emblée un commerçant au port. Sous l’anonymat, le jeune homme est plongé dans une grosse colère. Et certaines personnes qui ont accepté d’aborder le sujet avec nous, fustigent l’attitude du régime du président Wade qui, selon eux, n’a pas de soucis par rapport aux souffrances des populations de la Casamance, victimes de l’enclavement. « Si l’arrêt venait à se réaliser, c’en ne serait pas du tout une surprise car ce bateau n’appartient pas au Sénégal. Donc, son propriétaire peut décider de son arrêt à tout moment sans que le gouvernement ne puisse faire quelque chose.
On nous parle de contrat signé entre la Somat et l’Etat, mais nous ne demandons pas de contrat car ce ne sont pas des contrats qui peuvent régler le problème de l’enclavement de la Casamance. Il nous faut un bateau à nous et c’est le gouvernement qui doit le trouver. Mais celui-ci ne semble pas préoccuper par ce sujet. Il préfère investir des milliards ailleurs », fulmine notre premier interlocuteur Sékou Diatta rentré juste à la sortie de l'embarcadère. En vacances depuis quelques jours, ce jeune étudiant à l'Université Cheikh Anta Diop compte repartir en Casamance, mais malheureusement le Wilis est immobilisé. Même son de cloche chez son compagnon. M. Ousmane Sadio aussi étudiant mais cette fois à l'école Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés (Entss). « La relance des activités économiques et touristiques que promettent les autorités n'aura pas lieu. C'est du bleuf. Je vous dis que les bus que l’Etat a promis aux voyageurs c’est tout simplement pour calmer la colère des gens », martèle M. Sadio.

Épopée à rebondissement

Le commentaire est aussi sobre qu’il est amer. Mieux, les Casamancais l’attendaient depuis longtemps. M. Ousmane Touré l’a fait. En annonçant cette décision de suspension, le directeur Général Adjoint de la Société maritime de l’Atlantique (Somat) a mis fin, semble-t-il à deux ans de suspense entourant le wilis. « Cette nouvelle ne me surprend guère car avec Me. Wade, rien n’est acquis. Chaque jour son régime surprend les Sénégalais par de mauvaises nouvelles. Mais je vous garantis qu'avec l’arrêt du Wilis, le commerce va toucher l'intérieur de la Casamance où déjà on sent la morosité partout.
Nous allons reprendre la trans-gambienne en attendant le changement de régime qui est inévitable en 2012 », précise Mme Bassène. Embouchant la même trompête, M. Georges Mané, instituteur dans la région de Ziguinchor en vacances à Dakar n’y est pas venu avec le dos de cueillère. « Avant même le naufrage du bateau le Joola dû à une négligence certaine, la Casamance était restée pendant plus d’un an sans bateau. Ce qui n’était jamais arrivé par le passé. Cela avait déjà été mal vécu par les populations qui sont restées tout ce temps sans vendre leurs fruits. Et après le naufrage, on est resté pendant près de trois ans à tourner en rond avant de faire venir le Wilis », soutien M. Mané. Et de poursuivre « ce bateau, comme tout le monde le sait, n’est pas pour résoudre le problème dans la mesure où son plus bas tarif est trois plus élevé que celui du Joola. Et en plus, il ne fait pas de fret. Les populations de la Casamance qui sont appauvries par divers facteurs n’ont pas les moyens pour emprunter le Wilis. C’est pourquoi quand il vient à Ziguinchor, il repart parfois à moitié vide ». Notre interlocuteur conclut donc que même si son arrêt intervenait, les populations ne vont pas trop sentir cela dans la mesure où elles utilisent peu ce bateau. Par ailleurs, au marché Elisabeth Diouf, là où les produits en provenance de la région du sud sont stockés, c'est la désolation totale.

Eric GUELRO
Source: Le Matin

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Lundi 20 Août 2007

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