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ANALYSE: Un technocrate à la tête d’un Gouvernement de transition

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A l’étonnement général, Le président de la République, Me Abdoulaye Wade a nommé mardi 19 juin dernier, Cheikh Hadjibou Soumaré au poste de Premier ministre du Sénégal, le cinquième en sept ans de magistère renouvelé pour cinq ans encore, en remplacement de Macky Sall .Tout a semblé aller vite. La nomination du natif de Thiès, ministre délégué chargé du budget dans l’équipe sortante, n’avait été prévue par aucun analyste. Tant les spéculations sur la « femme » idéale introuvable, promesse présidentielle maintes fois réitérées, avaient fini de fixer des œillères aux esprits les plus avertis.



Depuis plusieurs semaines en effet, la presse sénégalaise a vécu au rythme de la nomination d’un nouveau Premier ministre et de la formation d’un nouveau gouvernement. Elle a rivalisé d’ardeur et a fait ainsi ses pronostics en se fondant sur des sources "proches du palais" ou sur des confidences des ténors du Parti démocratique Sénégalais (Pds), alors que le président lui-même gardait le silence ou à tout le moins s’abstenait d’en dire plus. A l’arrivée, Maître, tel un prestidigitateur sort de son chapeau, son grand argentier en second. Une surprise ?

Certainement, pour tous les Sénégalais, observateurs ou non qui s’attendaient à voir une femme à la tête du gouvernement au point que « Sud Quotidien » s’interrogeait la veille de savoir s’il ne s’agissait plutôt de se trouver un Premier ministre « immédiatement efficace » et consommable, quitte à sacrifier la question-genre si chère au président de la République que de chercher coûte que coûte femme Première ministre. Nous ne croyons pas si bien dire. Au regard des interpellations, urgences sociales, des déséquilibres économiques qui bayent et des malentendus qui assombrissent le ciel politique où la majorité libérale fait face à l’opposition dite significative, chacune derrière ses barricades. S’y ajoute la position « expectative », voire agacée des partenaires au développement qui regardaient de loin la situation se dégrader, de guerre lasse, de nous demander de revenir à l’orthodoxie. L’argent se faisant rare, les projets s’essoufflant, le marché des produits de denrées de première nécessité s’affolant, l’énergie s’y mettant en se déglinguant, l’électorat boudant les législatives, le parti de la majorité miné par la querelle de succession, il revenait au chef de l’Etat « encerclé » de se trouver trou d’aération.

La nomination de Cheikh Hadjibou Soumaré est à apprécier certainement à cette aune. Les pays et institutions « amis », le peuple, le Pds et l’opposition réclamaient chacun un signal de la part du chef de l’Etat. Des deux fonctionnaires de l’Economie et des finances qui ont sauvé jusqu’ici les meubles, il a choisi le « moins récalcitrant » et le moins marqué politiquement par les chantiers de Thiès 2004, même s’il était le plus intéressé administrativement, penseront certainement d’aucuns ; entendu que les deux hommes ont fait preuve de la même compétence, de la même loyauté depuis 2000. S’y ajoute le fait que si Dakar vaut bien une messe, Thiès la rebelle vaut bien une prière. Le chef du Pds et du pays ne peut divorcer avec un des bastions les plus surs de sa formation, Thiès. Et même si, le fils de Thiès qu’il a promu est considéré comme un simple technocrate, sans attache politique, discret, fait de lui un homme sans "ambition présidentielle", un des critères « nécessaires » pour être Pm chez Wade, il n’en demeure pas moins que Thiès ne manquera pas d’en ressentir fierté. Il reste à savoir s’il suffira simplement d’être un « efficace » et effacé technocrate pour dénouer une situation inextricable et répondre comme il l’a laissé entendre à la demande sociale pressante ? Interrogation qui amène certains observateurs à penser que le nouveau gouvernement n’est que transitoire.

D’autant plus que malgré sa taille relativement réduite cette fois, (37 ministres, moins donc que la presque cinquantaine de ministres du gouvernement sortant), l’attelage nouveau semble atteint d’une tare congénitale. Il ne paraît pas en effet, épouser les contours nationaux ou plutôt en souligne les disparités, suscitant un déséquilibre que les populations n’ont pas manqué à désigner du doigt et à dénoncer. Neuf ministres rien que pour le simple département-commune de Saint-Louis, département qui avait déjà suscité la polémique avec l’opposition qui a finalement boycotté les élections, avec une dotation de sièges de députés, une allocation qui était considérée comme une hérésie pour beaucoup. Pendant ce temps, Dagana, la voisine où le ministre le « plus technique » et un des plus discrets du gouvernement sortant et actuel, Omar Sarr pour ne pas le nommer, le maire de la ville, électoralement le double de Saint-Louis, peine à voir ses cadres émerger. Et devra se contenter du seul ministre.

Certes la théorie de la distribution géographique ne devrait présider à la formation d’un gouvernement où la compétence est le critère de droit, mais l’équilibre national commande de prendre en charge « justement » les potentialités régionales. Le Baol, Tambacounda, Podor ont rouspété à juste raison,de se voir quasi absents dans le gouvernement de Hadjibou Soumaré. Que dire de l’absence de Bambeye où les deux ministres,-pour contrer le maire,- sont simplement effacés des tablettes ? Les avait-on nommés pour contrer seulement Pape Diouf de Rewmi ? Curieux procédé ! L’allié d’abord et militant ensuite, Iba Der Thiam fait-il également les frais de cette logique ? Aucun ancien membre de la Cdp/Garab gui, son ancienne formation qui s’est dissoute dans le Pds n’a été appelé. Lui-même a dû se contenter d’un poste de 1er vice-président à l’Assemblée nationale. Selon des sources généralement bien informées, le Pr. Iba Der Thiam aurait décliné l’offre d’un poste de ministre d’Etat auprès du président de la République, voir même celui de vice-président que celui-ci, las peut-être d’être partout, envisageait d’introduire dans l’architecture institutionnelle. Aminata Tall, l’égérie du Pds quant à elle, s’est contentée, dit-on du Conseil économique et social, qui va prendre le relais du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes) actuellement présidé par Me Mbaye Jacques Diop. De sources généralement bien informées, elle a accepté la proposition. N’empêche, les « compagnons » de Iba Der Thiam râlent ferme et laissent entendre qu’ils ont été mal payés en retour. Une rouspétance que l’on note également au Pds qui lui, aussi, a été puni. Plusieurs de ses ténors ont été soit, « planqués » à l’Assemblée nationale, soit renvoyés à leurs occupations premières. Le cas du ministre du Plan et de la coopération internationale, responsable aux Parcelles Assainies, administrateur adjoint du parti et chargé des relations internationales du Pds, Lamine Ba est certainement le plus frappant dans ce cadre. Fait-il les frais de la « génération du concret » qui cherche à bousculer tout sur son passage comme les autres ? Une prise du pouvoir à l’interne qui ne dit pas son nom ? D’aucuns le pensent.

Sur un autre registre, la nouvelle Assemblée nationale installée, le Sénat à dominante bleue s’apprêtant à l’être sous peu, que reste-t-il à l’opposition dite significative comme terrain d’expression ? La rue, répondent plusieurs observateurs. Celle-ci n’a même pas attendu les commentateurs à ce propos, car elle entend maintenir la pression et décrète que la rue est devenue son « Empire ». Dès le week-end prochain, elle avance qu’elle battra le macadam. Alors, Wade peut-il, dans un tel contexte, faire l’économie d’un dialogue politique s’il veut terminer ses chantiers ? Qu’elle cadre d’expression à son opposition qui a fait montre de sa capacité à mobiliser et à le gêner aux entournures ? Tout cela incite à croire que le gouvernement actuel n’est que transitoire.

Madior FALL
Source: Su d Quotidien

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Vendredi 22 Juin 2007


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