Le débat actuel sur l'imposition des revenus des acteurs de l'arène sénégalaise ne devrait pas se poser sur la place publique. C'est l'avis de Amadou Ba, Directeur général des Impôts et Domaines (Dgid). Il l'a dit, hier, en marge de l'Assemblée générale du Centre de rencontres et d'études des dirigeants des administrations fiscales (Credaf). Les correspondances que ses services ont envoyées au Comité national de gestion de lutte (Cng) procèdent de «manquements notés» et qui étaient à corriger. Amadou Ba a ainsi indiqué que «la procédure contradictoire est en cours. Donc, il n'y a vraiment pas de problème».
Pour le directeur des Impôts, «les lutteurs sont assujettis à la fiscalité comme les médecins, les journalistes, les notaire et autres avocats qui sont dans la catégorie des Bénéfices non commerciaux (Bnc) et sont soumis au régime de la déclaration contrôlée». Aussi, a-t-il insisté sur le fait que les lutteurs ne sont pas exonérés d'impôts. «Les lutteurs sont soumis à la fiscalité de droit commun. Les lutteurs doivent faire une déclaration de leurs revenus tous les ans. Et l'impôt est assis sur cette base-là», a confié M. Ba qui a souligné, à propos des réponses aux correspondances envoyées au Cng, que «les uns ont répondu, les autres pas. D'autres ont même commencé à payer».
Mais qu'à cela ne tienne, la Direction des impôts se dit favorable à des discussions pour tenir compte de la spécificité de la lutte. «C'est vrai que la lutte, comme d'autres secteurs à l'image de l'artisanat, sont des secteurs particuliers qui méritent une réflexion», a admis Amadou Ba avant de préciser, en wolof, que «les prestations des marabouts ne sont pas facturées». Toutes choses qui font qu'il se dit ouvert, comme l'a rappelé, la semaine dernière, le ministre des Finances, devant les sénateurs, à de larges concertations. «Nous allons engager des discussions assez larges avec le Cng, les promoteurs et les lutteurs pour voir la fiscalité la plus appropriée à la lutte».
Bachir FOFANA
Source Le Populaire