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ALORS QUE IFFCO PEINE A METTRE 40 MILLIARDS DANS LES ICS: Pourquoi l’Etat crache-t-il sur 90 milliards ?

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Les partenaires indiens d’Iffco peinent encore à allonger les 40 malheureux milliards qu’ils avaient promis d’injecter dans le capital des Industries chimiques du Sénégal(Ics) alors que le Groupe marocain Charaf Corporation, depuis le mois de juin 2007, a mis 200 millions de dollars (environ 90 milliards de FCfa) sur la table des Ics. Pour celle-ci le temps est compté, alors les autorités sénégalaises en charge du dossier s’obstinent à regarder ailleurs notamment vers le Groupe français Roullier.



ALORS QUE IFFCO PEINE A METTRE 40 MILLIARDS DANS LES ICS: Pourquoi l’Etat crache-t-il sur 90 milliards ?
Les informations relatives à une "réunion secrète" à Paris entre les autorités sénégalaises et les responsables du Groupe français Roullier pour amener celui-ci dans le tour de table de la recapitalisation des Ics, sont confirmées. Mais il aurait bien fallu que la partie indienne tape sur la table pour que les négociations avec le groupe français se fassent avec elle. Dans un premier temps, il aurait été question d’"écarter" les partenaires indiens d’Iffco. Il faut d’ailleurs signaler que depuis le mois de septembre 2007, la convention signée entre l’Etat du Sénégal et le partenaire indien Iffco, pour la reprise des Industries chimiques du Sénégal(Ics), est caduque, un délai de 15 jours à partir de la date signature (16 juillet 2007) était fixé au partenaire indien, qui devait communiquer les membres de son Consortium, au plus tard le 3 août 2007…

Toujours est-il que le repreneur indien s’est heurté à un os dur comme fer qu’est la dette des Ics dont il réclame l’annulation par les créanciers. Devant cette situation de blocage qui, franchement, aurait dû être appréhendée avant de signer une quelconque convention, les Ics continuent de courir derrière la recapitalisation sans cesse repoussée et l’on remet aujourd’hui les chaussures pour aller à la recherche d’un autre partenaire.

Plus pertinentes, plus intéressantes

Or, depuis le mois de juin 2007, comme le confirment des sources très proches du dossier, un partenaire, le Groupe marocain Charaf Corporation, pour ne pas le nommer, jugé très solide, financièrement et en expertise, tape à la porte de la reprise des Ics, allant même jusqu’à proposer de mettre quelque 200 millions de dollars soit environ 90 milliards de FCfa sur la table, soit trois fois plus que les indiens. Un intérêt sans cesse renouvelé par le groupe en question à travers des visites sur place, mais aussi des correspondances adressées aux autorités sénégalaises en charge du dossier. Il est difficile alors de comprendre les raisons qui poussent ces dernières à ignorer de telles propositions et de tenir, coûte que coûte, à mettre le grappin sur le groupe Roullier, un Groupe familial basé à Saint-Malo dont le principal métier est l’agrofourniture (fertilisation engrais, amendements calcaires, Spécialités zootechniques), activité dans laquelle la société fait 63% de son chiffre d’affaires.

Aujourd’hui, le Groupe Roullier réaliserait un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros, si l’on en croît des informations relevées sur son site internet. Il n’empêche, l’affaire du sauvetage des Ics n’est pas qu’une question de gros sous et le Groupe Charaf l’aurait d’autant mieux compris qu’il propose de transformer, sur place, l’acide phosphorique créant ainsi de la valeur ajoutée, plutôt que de le produire et de l’envoyer tout bonnement comme sous-produit, à l’export. Dans cette dynamique, le groupe marocain a même manifesté son intention de doubler la capacité de production de l’usine d’engrais de Mbao, pour la porter de 250 000 tonnes actuellement à 500 000 tonnes, avec le gisement d’emplois que cela pourrait comporter.

Ce qui ne gâche rien, au contraire, c’est que l’argument qui a toujours prévalu quant à l’achat par les partenaires indiens de la totalité de la production d’acide phosphorique des Ics, ne serait aujourd’hui plus un obstacle étant donnée la proposition de Charaf de garantir l’achat total de ce produit. La diversification des marchés est d’ailleurs une règle économique. Last but not least, le point de blocage qui prévaut aujourd’hui entre les indiens et les créanciers des Ics, pourrait trouver une issue si, comme le proposerait le groupe Charaf, il confiait le dossier de la dette à sa banque qui se chargerait de négocier avec chaque fournisseur, chaque créancier soit pour leur payer la totalité moyennant une décote de 20 à 30% en fonction des négociations, soit convenir d’un échelonnement. Ce qui tranche net avec la potion des indiens qui réclament des créanciers une révision de 50% de la dette soit 36 milliards Cfa pour les banques locales et 50 milliards Cfa pour les bailleurs de fonds, avec un différé de cinq ans en sus d’un moratoire de 15 ans. A ce sujet et devant un tel schéma de traitement de la dette, l’intersyndicale des travailleurs des Industries chimiques du Sénégal (Ics) avait d’ailleurs estimé que les banques qui ont la garantie de l’Etat pour un montant de 63 milliards Cfa estimeraient plus judicieux de déclarer la faillite des Ics et faire valoir leur couverture, plutôt que d’accepter les exigences draconiennes de Iffco.

En somme, c’est un véritable transfert de technologie que proposerait le groupe Charaf Corporation, acteur majeur dans le secteur minier au Maroc et qui compte dans son portefeuille de partenaires institutionnels, entre autres, la Société financière internationale SFI (filiale de la Banque mondiale), la Banque européenne d’investissement(Bei), le Proparco (Groupe Afd). Faut-il rappeler que ces deux dernières institutions sont aussi créancières des Ics pour environ 50 millions de dollars ?

En fait, comment peut-on tourner le dos à des propositions plus intéressantes et plus pertinentes, selon toute vraisemblance, comme celles du Groupe Charaf pour les Ics, pour courir mordicus vers ce qui s’apparente à des chimères dont les perspectives pour les Ics ressemblent plus à un bradage qui ne dit pas son nom.

La convention signée avec les indiens d’Iffco n’était autre que cela, si l’on considère que dans les 80 milliards de FCfa que proposaient ces derniers, le capital de l’entreprise ne serait recomposé qu’à hauteur de 31 milliards de FCfa. Comparé au capital antérieur de 130 milliards Cfa, cet apport s’avère peanuts pour un groupe industriel comme les Ics qui constituent au bas mot 700 milliards d’investissements.

Nous y reviendrons.

Source: Sud Quotidien

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Lundi 19 Novembre 2007

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