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ALIOU SOW,ANCIEN MINISTRE - «Amy Samaké est une page définitivement fermée»

L'OBS - A 38 ans, le président du mouvement des patriotes pour le développement (Mpd)/ «Liggeey», Aliou Sow, est un stakhanoviste qui s’est longtemps battu contre un destin improbable.



ALIOU SOW,ANCIEN MINISTRE - «Amy Samaké est une page définitivement fermée»
Est-ce l’allure qui est suggestive ? Ou cette façon bien pensée qu’a Aliou Sow de croiser et décroiser ses jambes, tout en se réajustant subtilement sur le sofa beige et blanc crème de son bureau ? Quand Aliou Sow parle de sape, il y a chez lui une pointe d’élégance surfaite, une pincée de naturel et un zeste de spontanéité. Mais il y a aussi une bonne dose de charisme savamment entretenu par une longue habitude. Il dit : «Depuis l’école primaire, j’ai toujours été un garçon qui tient à sa mise, son élégance, sa propreté, sa correction. Même pauvre, je tenais toujours à mon paraître. J’ai toujours eu un comportement correct. Je veux être correct dans mes discours et mes fréquentations. Aujourd’hui, je suis un opposant et les vaches sont maigres, mes revenus ont baissé et mes charges ont augmenté. Le salaire d’un maître assistant est différent de celui d’un ministre. Mais, quand il s’agit d’élégance, je dépense sans compter. Pour acheter mes livres, mes chaussures, mes costumes, mes parfums et mes lunettes, je n’hésite pas à me fais plaisir.» Mais pour évoquer sa dépense la plus folle pour son habillement, Aliou Sow voilera ses propos du masque de la pudeur : «Je ne le dirai pas. Je ne veux pas choquer les gens. J’aime m’habiller chez les grandes marques comme Smalto, Hugo Boss et la marque Zara», lâche l’actuel chef de file du Mpd/ «Liggeey», son mouvement politique qui va se muer sous peu en parti.

Jeter dehors

Enfant de la balle, Aliou Sow est né en pleine… dalle. Sans le sou, mais fier jusqu’au cou. Fils aîné d’une fratrie monogame Laobé de 4 enfants, le môme Aliou a grandi sans affrontements ni ruptures, entre l’affection d’une maman ménagère et la constance d’un pater cultivateur et berger. Mais, si le destin auréolé de l’ancien ministre de la Décentralisation sous Wade a été très surprenant, du fait de ses origines très modestes, la réussite d’Aliou Sow a été bâtie brique par brique, le jeune «campagnard» qui n’a jamais rechigné à la tâche. «Je suis né à Keur Pathé dans une case en banco et mon cordon ombilical a été coupé par une matrone avec un couteau non stérilisé. Je ne connaissais ni pâte dentifrice ni brosse à dents et pour aller à l’école, je me tapais 3 kilomètres à l’aller et au retour», se plait-il à raconter aujourd’hui. Loin des heurts de son enfance.

En 1981, survient la première déchirure dans la vie d’Aliou. Ses parents divorcent et il est confié à sa mère qui l’emmène avec elle à Sikatroum, un patelin sérère, niché à 10 kilomètres de la commune de Ndoffane (région de Kaolack). Il avait 6 ans à peine. Son père le récupère par la suite pour l’inscrire à l’école de Segregata. Brillant élève, son père s’oppose cependant à le laisser poursuivre ses études. «Papa, qui était très attaché à moi, ne voulait pas que je pousse plus loin les études. Mais, suite aux pressions de ma mère et d’un de mes instituteurs, il s’est résolu à me laisser poursuivre mes humanités. A Segregata puis à Affé (département de Kaffrine, Ndlr). Je suis allé à l’école dans un monde nouveau, sans l’ambiance familiale», confie-t-il.

Dans ce 2e village où il loge dans une famille d’accueil, le jeune Aliou fréquente les volontaires du Corps de la paix américain. De ce contact, il chope l’amour de la culture américaine et de la langue anglaise. Son Entrée en 6e en poche, il s’installe à Kaffrine où après quelques mois, la dame qui les avait accueillis, trois autres camarades ruraux et lui, les met à la porte, sous le prétexte qu’elle ne pouvait plus continuer à entretenir les enfants d’autrui. «C’était en 1988 et elle a jeté nos bagages à la rue alors que nous étions en pleine composition», se souvient-il, amer. Aliou change 4 fois de maison d’accueil avant de changer de ville. La classe de 5e secondaire, Aliou la fera à Kaolack. Toujours loin des siens et de l’ambiance familiale, l’échappé de Keur Pathé passe avec brio les classes du cycle secondaire. Il sera admis au Lycée Valdiodio Ndiaye, puis au Lycée Taïba Ics de Mboro où il décroche le Bac, parchemin qui lui ouvre les portes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un brillant parcours qui vaut aujourd’hui à Alioune ce sourire béat qui irradie son visage à l’évocation de son cursus scolaire. «Du Cours d’initiation (Ci) jusqu’en Doctorat, je n’ai jamais redoublé», sourit-il, fier de sa personne. Seul hic : Aliou n’a jamais été bon en maths. Il en a la phobie. La faute, dit-il, à un malentendu avec son prof de Maths en classe de 4e. Esprit rebelle, Aliou Sow n’aime pas la contrainte et refuse la servitude. «Je préfère tout perdre plutôt que de me soumettre. Je ne suis pas né coiffé et il fallait que je me batte. Il fallait que je me débrouille pour me réaliser», argue-t-il.

Après son baccalauréat en 1995, il s’inscrit au département d’anglais de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad. Trois ans plus tard, il émarge au centre d’études des sciences et techniques de l’Information (Cesti). Alliant militantisme syndical, politique et études, il devient président de l’amicale de la Faculté des Lettres, membre fondateur de la coordination des étudiants de Dakar. Aujourd’hui, à 38 ans, le maître-assistant à l’Ucad, termine la rédaction de sa thèse de Doctorat d’Etat en Lettres sur les questions raciales, les droits humains et l’intégration économique des noirs d’Afrique du Sud post Apartheid, après avoir occupé plusieurs hautes fonctions dans la nomenclature gouvernementale (député, président du conseil rural de Kaffrine, ministre et secrétaire général de l’Ujtl etc.)

Fini avec son ex-Ami

Jeune étudiant, le jeune Aliou Sow a toujours refusé de grossir le lot des «serial dragueurs» et des garçons qui aimaient faire la bringue. «Depuis ma jeunesse jusqu’à présent, je n’ai jamais fréquenté les boîtes de nuit, je n’étais pas un jeune dragueur et je n’étais pas non plus un adepte des 400 coups. Je n’ai jamais fumé, bu ou touché à la drogue. Pendant tout le temps que j’étais étudiant, je n’ai eu qu’une seule petite amie. Aujourd’hui, on m’attribue plusieurs conquêtes, mais il n’en est rien et la plupart du temps, je ne connais même pas les amantes qu’on me colle», argumente-t-il. Et son ex-épouse Amy Samaké dans tout ça ? Il se braque : «Je n’ai aucun commentaire à faire sur cette partie de ma vie. Je respecte ma nouvelle femme, qui a vécu toutes les persécutions, parce qu’elle a choisi d’entrer dans ma vie au moment où je ne faisais plus rêver. Je préfère regarder l’avenir de façon optimiste. Amy Samaké est une page définitivement fermée. Je m’interdis d’en parler. Elle fait partie de mon passé et tout ce qui peut m’arriver dans ma vie n’est qu’une épreuve qui va renforcer ma connaissance, mon expérience du mystère des humains.» Le débat est clos.

Marié en secondes noces depuis le 02 septembre 2012 à une fille du chanteur Ismaël Lô, Aliou panse ses plaies auprès de son «amie, soeur et confidente», mais refuse obstinément d’évoquer leur rencontre, préférant se barricader derrière son éternelle rengaine : «Cela relève de ma vie privée et je ne veux pas trop parler de cela. J’ai consacré une partie de mon livre à paraître très prochainement, «Le courage d’agir ou une nouvelle vision de la politique au Sénégal» à ma vie personnelle et le public découvrira cela en même temps. Ma vie privée, je la veux secrète et discrète. Je me concentre sur l’amour et le respect que je voue à ma dame.»

Perfectionniste, pragmatique et sportif, Aliou Sow qui se shoote à la musique de Salif Keïta, Baba Maal, au Ngoyane et au reggae, trouve son bonheur dans la solitude et la lecture. Monogame dans l’âme, Aliou, qui adore humer l’air pur de la nature, dit ne pas être un homme couru. «Même si c’était le cas, je sais parer les avances avec tact et courtoisie. J’essaie d’orienter leurs sentiments vers l’amitié ou le militantisme car entre l’amour et la haine, il y a un petit pas. Je ne cherche pas des amantes, mais plutôt des militantes.» Les potentielles candidates sont prévenues…

L'OBS NDEYE FATOU SECK


* «So Hard» signifie Très dur en anglais, allusion à la vie dure à laquelle Aliou Sow a eu à faire face.

Vendredi 30 Août 2013



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