En soutenant lors de son face-à-face avec le procureur de la République qu'il avait fait des attouchements sexuels sur N. Faye, en frottant son sexe sur la sienne jusqu'à éjaculation, A. Gaye ne se doutait certainement pas qu'il faisait des aveux partiels de sa culpabilité. «J'ai frotté mon sexe sur le sien au minimum deux fois», avait reconnu le mis en cause.
Ayant senti le risque lors de son procès, hier, il a revu sa copie en niant catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Et pour conforter ses dénégations, il n'a pas hésité à charger à la barre sa mère de lui avoir recommandé de reconnaître la grossesse de N. Faye. Il a confié en effet que c’est sa génitrice qui l’a poussé à reconnaître la paternité de l'enfant.
Agée de 14 ans, la victime, qui traîne une grossesse de quelques mois, a expliqué à la barre que c'était bel et bien le mis en cause, habitant dans leur maison depuis maintenant 15 ans, qui a abusé d'elle. Peu prolixe, la jeune fille qui ne s'est pas trop épanchée sur les circonstances dans lesquelles elle a été violée, encore moins sur le déroulement des faits, s'est juste limitée à dire : «Il a eu deux rapports sexuels avec moi. Et à chaque fois, il me traînait dans sa chambre».
Une version qui a été balayée d'un revers de main par le N. Gaye qui a soutenu à la barre qu'il n'était pas l'auteur de la grossesse que porte la soi-disant victime. Des dénégations qui n’ont pas convaincu le procureur de la République qui a rappelé les aveux faits par le mis en cause lors de son audition. Convaincu de la culpabilité du mis en cause, le représentant du ministère public a demandé une disqualification des faits de viol en pédophilie et attentat à la pudeur, sans violence, avant de requérir à son encontre une peine ferme de 5 ans.
Précisant d'emblée qu'il n'y a rien dans le dossier qui pourrait étayer le viol, l'avocat de la défense, rappelant au tribunal qu'on ne pouvait juger son client que sur la base des déclarations discutées à la barre, a plaidé la relaxe.
La partie civile s'étant désistée, le tribunal a mis l'affaire en délibéré jusqu'au 15 septembre prochain.
Ndèye Anna NDIAYE
Source Le Populaire