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ABDOULAYE SENE PRESIDENT DE L’ACIAS: « Les effondrements et incendies dans les immeubles continueront si… »

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L’incendie survenu à la Médina, suivi de l’effondrement de l’immeuble en question ayant provoqué des pertes en vie humaine, continue de soulever des vagues et suscite beaucoup de réactions. Le président de l’Association des bureaux de Contrôle technique et d’Inspection Agréés du Sénégal (Acias), Abdoulaye Sène, par ailleurs, directeur général de Scat Internationale S.A, qui a visité les lieux du sinistre, interpellé sur cet événement malheureux, parle de « négligences » notées dans le secteur du bâtiment. Pour lui, seule une implication nécessaire de l’Etat devrait permettre de faire respecter les normes de sécurité dans la construction et d’arrêter la « saignée » dans le secteur du bâtiment.



ABDOULAYE SENE PRESIDENT DE L’ACIAS: « Les effondrements et incendies dans les immeubles continueront si… »
Quelle analyse faites-vous, en tant que responsable d’organisation regroupant des professionnels du secteur des BTP, de cet événement malheureux survenu à la Médina ?

Je voudrais d’abord m’incliner devant la famille de toutes les victimes et leur présenter mes sincères condoléances. Mes condoléances vont également au corps de sapeurs pompiers, car les morts sont tous des pompiers. L’analyse que je fais de ce terrible sinistre est que le laisser-aller dans le secteur de la construction est toujours là. Malgré nos multiples interpellations, nos autorités tardent à prendre en main, de façon déterminée, la sécurité des personnes dans les immeubles d’habitation et les bâtiments recevant du public.

Selon vous, quelles sont les défaillances qu’on peut relever ?

Les défaillances à mon avis sont à deux niveaux. Il faut faire la part entre l’incendie qui s’est déclaré la nuit du vendredi, qui a finalement était maîtrisé par les sapeurs pompiers sans victime, d’une part ; et d’autre part, l’effondrement de l’immeuble qui est survenu le lendemain aux alentours de 9 heures occasionnant des pertes en vie humaine et des blessés. Les causes réelles de l’incendie ne sont pas encore connues mais ce qu’il faut retenir c’est que l’immeuble était constitué de quatre étages à usage d’habitation et des magasins de commerce au rez-de-chaussée. Et à ce niveau, la réglementation sénégalaise est totalement muette pour la sécurité incendie dans les immeubles d’habitation, et il est d’usage fait application à la règlementation française en matière de sécurité incendie dans les immeubles d’habitation. Pour cet immeuble, des informations que j’ai eues, révèlent que celui-ci n’a jamais fait l’objet de contrôle ni pendant sa construction ni en exploitation. Et aucune disposition en termes de sécurité contre l’incendie n’avait été prévue : mauvaise conception des escaliers et des dégagements, absence de moyens de secours, d’extinction et de désenfumage, etc.

L’absence de textes de loi rendant obligatoire le contrôle technique des immeubles d’habitation et des établissements recevant du public, revient encore.

Concernant l’effondrement de l’immeuble, c’est malheureux qu’il ait des victimes, mais cela pourrait à mon avis être évité. Il est évident qu’un immeuble pareil, après avoir subi des flammes intenses, le béton et toute la structures brûlés pendant prés de 3 heures de temps, perd beaucoup de sa résistance. Et on devrait s’attendre à son effondrement. Après avoir évacué toutes les personnes et éteint l’incendie, il fallait sécuriser le bâtiment, délimité une zone de sécurité d’accès interdite au public. Si ces dispositions minimales avaient été prises, je ne comprends pas comment une dame pourrait aisément rentrer dans l’immeuble au matin du lendemain de l’incendie pour dit - on, chercher ses affaires. Et paraît-il que malheureusement pour les pompiers victimes, que c’est en allant chercher la dame pour la faire sortir que l’immeuble s’est effondré sur eux. Sur ce point, la défaillance que négligence.

Les locations sont devenues inaccessibles à cause de leur cherté alors que les immeubles continuent à s’effondrer. N’est-ce pas là une sorte d’arnaque envers les consommateurs ?

La cherté des locations et la sécurité dans les immeubles sont deux choses tout à fait différentes. Construire un bâtiment solide, conçu et réalisé avec des dispositions et installations présentant une sécurité pour les personnes qui le fréquentent, est un minimum qui doit être rendu obligatoire par la loi et les règlements dans tous les pays du monde. Même s’il n’est pas destiné à la location, un bâtiment mal construit et ne respectant aucune règle de sécurité, est dangereux, non seulement pour ceux qui l’occupent ou le fréquentent, mais aussi pour ses voisins immédiats en cas d’incendie ou d’effondrement. Il est du rôle et du devoir de la puissance publique d’assurer la protection des personnes en faisant appliquer des lois qui interdisent l’édification et l’exploitation de constructions dangereuses.

Après Yoff, c’est Médina. Est ce que Dakar n’est pas aujourd’hui une ville où les risques d’effondrement d’immeubles est important ?

Je ne ferais que me répéter. Le laisser – aller total dans le secteur de la construction a trop duré. Tout le monde est expert en construction au Sénégal. Les immeubles continuent à sortir de terre sans études sérieuses, sans architecte, sans bureaux de contrôle technique agréé, sans entreprise structurée. Et personne n’est inquiété. Les anciens immeubles en ruine sont là dans Dakar, occupés et en exploitation comme si rien n’était. Nous Acias (Association des bureaux de Contrôle technique et d’Inspection Agréés du Sénégal) ne nous lasserons pas de tirer la sonnette d’alarme, d’interpeller nos autorités. Mais si la puissance publique qui est l’Etat ne se décide pas à s’impliquer pour la réorganisation du secteur de la construction, les effondrements et incendies dans les immeubles continueront de plus bel. Quelles solutions préconisez-vous pour l’assainissement des BTP ? D’abord commençons par voter le code de la construction et que l’Etat mette en place un dispositif assurant son application stricte. Ce sera déjà un pas important.

Bakary Dabo
Source SudQuotidien

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Lundi 19 Janvier 2009





1.Posté par khady le 19/01/2009 11:10
Ils attendent toujours qu'il y ait catastrophe pour réagir; combien de constructions hors normes existe t-il à Dakar, personne ne s'en souci, la bolimie de la location a fait que maintenant tout le monde construit des étages partout sans respecter les normes, ni étudier la fasabilité, l'essentiel c'est d'avoir 4 à 5 étages et sortir plus du million par mois pour la location; je trouve cela inadmisible;
A quoi sert le ministère de l'urbanisme, à quoi servent les gens qui s'occupent de la délivrance des permis de construire; dans tous les quartiers on a vu des personne venir acheter une maison de rien du tout et l'élever en étage très haute et très joli sans même penser à la fondation et ils se permettent de prendre un petit maçon sans expérience et en plus analphabète. sans architecte, encore moins un bureau d'étude
il faut mettre un terme à tout ça, essayer de prendre les devants au lieu d'attendre toujours qu'il y ait un catastrophe pour réagir.
A chaque fois que je passe à Bopp devant cet immeuble destiné à la casse depuis belle lurette, j'ai des sueurs froides quand je vois des mécaniciens, menuisiers ou simple passant élire domicile en bas de l'immeuble, pourtant les autorités savent que cet immeuble peut s'écrouler à tout moment mais personne ne réagit.

2.Posté par KIKI le 19/01/2009 12:12
On dirait qu'il n'y a pas de protection civile dans ce pays!!!!!

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