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ABDOULAYE IDRISSA DIEYE SOCIOLOGUE DEVELOPPEMENTALISTE:«Les Ape sous leur forme actuelle dénotent d’un manque de de respect de l’Union Européenne vis-à-vis des pays africains»

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Abdoulaye Idrissa Dièye est sociologue développementaliste diplômé de l’université de Paris 8 en France. En tant que sociologue consultant et spécialiste des questions de développement et d’éducation, M. Dièye se dit interpellé au premier chef par la question des APE qui, à l’en croire, dénote d’un manque de respect notoire de l’Union Européenne vis-à-vis des pays africains. Dans l’entretien qui suit, M Dièye, convaincu que le développement de l’Afrique ne pourra se faire sans la régionalisation de ses économies, reprend Cheikh Anta Diop qui disait que l’Afrique doit s’unir au risque de périr. Il s’exprimait ainsi en marge de la conférence publique de la Chambre de Commerce de Thiès sur les accords de partenariat économiques.

Le matin : En tant que spécialiste des questions de développement, quel regard jetez-vous sur les Accords de partenariat économique que le président de la république a refusé de signer ?



M Dièye

: Vous savez, la question des APE tourne essentiellement autour de la notion du libre échange qui en reste l’épine dorsale. Et comme le disait Gustave Flaubert, un écrivain français «le libre échange constitue la cause des souffrances du commerce». Cela veut dire que l’Etat, en cas de signature des APE, va perdre sa crédibilité au niveau de certaines de ses institutions. Pire, on assistera à une perte de maîtrise de l’Etat dans certains secteurs clés tels que la santé, l’éducation et le commerce etc.
Il y aura une déstabilisation des états, une perte d’autorité et à la clé tellement de perturbations que l’Etat ne sera plus crédible aux yeux des populations qui, au lieu de manifester contre l’Union Européenne, le feront contre leur pays pensant que ce dernier est incapable de répondre à leurs préoccupations, alors que le problème est un problème de relations internationales. En sus de ces risques, on assistera à une disparition des états. Déjà, l’Union Européenne et les bailleurs de fonds commencent à parler de régions au lieu de continent. On assiste donc à une minimisation de nos entités politiques et ce sera une faute internationale très grave qu’on ne pardonnera pas.

Que faut il faire à votre avis pour éviter ce que vous appelez une faute internationale ?

Je commencerai par dire qu’il revient à l’Afrique de s’unir. Il faut se rendre compte d’une évidence fondamentale. C’est que l’Union Européenne ne nous aidera pas à nous unir et à nous développer. Il revient donc à l’Afrique de créer les conditions de son développement, c'est-à-dire de l’intégration. Il faut également que les Africains parlent d’une même voix, essaient de s’entendre pour qu’au moment des négociations internationales, plusieurs voix divergentes ne s’élèvent pas. L’autre point fondamental c’est qu’il faut insister sur la formation et les infrastructures.
Léopold Sédar Senghor l’avait très tôt compris, lui qui disait que «sans hommes formés, conscients et consciencieux, il est inutile de parler de développement». Le chef de l’Etat en organisant son tour de table à Saly, a déclaré que les infrastructures sont au cœur de tout processus de développement. Il faut donc beaucoup insister sur la formation, pour avoir des jeunes diplômés, des ingénieurs à suffisance dans le pays, mais surtout des jeunes conscients et patriotes qui puissent représenter dignement le pays lors des négociations internationales. Et pour cela l’Afrique doit miser sur des ressources humaines de qualité.

Vous parlez de ressources humaines de qualité, mais ces dernières risquent de ne pas servir à grand-chose si les APE atteignent leur objectif de fragilisation des économies africaines. Pour le spécialiste que vous êtes, que faudrait-il faire pour sauver ces économies africaines ?

La première chose à faire c’est d’insister sur la régionalisation des économies, c'est-à-dire leur africanisation, d’où l’urgence d’une unité africaine véritable. Cheikh Anta Diop l’a toujours dit, si nous ne nous unissons pas, l’Afrique va disparaître. Nous devons dans un premier temps insister sur la récupération de la diaspora africaine et mettre fin à l’émigration clandestine et à la fuite des cerveaux afin de recentrer toutes les forces et poser ainsi les jalons d’un véritable développement. Le deuxième impératif, c’est de ramener la confiance chez les jeunes avec des structures comme le FNPJ qui doit être rénové et géré par des gens responsables imbus de valeurs pour motiver les jeunes à rester sur place et à jouer pleinement leur rôle dans le développement de notre pays. Nous réussirons ainsi à faire de ce cher pays une réalité, un idéal et non plus un mythe.

Vous parlez de faire revenir la diaspora mais vous savez que les conditions ne sont pas toujours réunies pour leur retour et c’est ce qui explique d’une part ce phénomène de l’émigration clandestine que vous venez d’évoquer, n’êtes vous pas en train de pointer un doigt accusateur sur les chefs d’états africains ?

Je vous donne un exemple, quand j’étais en France pour les besoins de mes études à l’université Paris 8, j’ai rencontré au centre culturel «Beaubourg» une centaine d’étudiants sénégalais qui avaient chacun au minimum une maîtrise et beaucoup d’entre eux m’ont dit qu’ils ont peur de rentrer au pays et de chômer, pour dire que les conditions ne sont pas toujours réunies comme vous le dites. Mais ils doivent savoir que dans la vie on doit pouvoir prendre des risques pour son pays. On ne peut pas rester au sommet de l’arbre et cultiver la terre, ce n’est pas possible. Le risque qu’il faut prendre si on est patriote c’est de rentrer au bercail et de chômer s’il le faut un bon bout de temps avant de retrouver un emploi et participer à l’effort de relève de ce pays.
Vous avez parlé des chefs d’états mais je pense que le problème du président Wade au Sénégal, c’est qu’il est bien entouré, mais doit être mieux entouré. Il a de bonnes initiatives et je l’encourage.

Pourtant d’aucuns disent qu’il est mal entouré ?

C’est pour cela que j’ai dit que son problème c’est qu’il est bien entouré mais doit être mieux entouré. C’est ce que j’appelle un problème. Il doit avoir à ses cotés des gens dignes et responsables qui, si on leur confie des milliards, pourront faire la part de ce qui leur revient personnellement.
Son entourage doit être conscient que ce qu’on leur confie ne leur appartient pas. Par conséquent, ils doivent tout mettre en œuvre pour que chaque Sénégalais, où qu’il se trouve, puisse bénéficier des fruits de la croissance. C’est la question des ressources humaines qui revient là également, et c’est fondamental si nous voulons faire du Sénégal le pays tant rêvé par nos ancêtres.

On a constaté que beaucoup d’organisations ont battu le macadam pour dire non aux APE. Vous pensez que c’est la solution ?

Je vous dis que le problème des APE n’est pas seulement une affaire de chefs d’états. Elle est également l’affaire de toutes les sensibilités sociales africaines. Je vous dirai du reste que je fais partie des premiers qui ont eu cette idée de marche et de manifestations populaires mais je n’ai jamais eu la possibilité d’en organiser à cause du manque de moyens. Je sais que le président de la République est un travailleur qui est en train de tout mettre en oeuvre pour réaliser l’unité africaine avant la fin de son mandat. Il est donc de notre devoir de l’aider à réaliser ce vœu si cher à nos grands penseurs.

Source: le Matin

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Mercredi 30 Janvier 2008





1.Posté par quidam le 30/01/2008 10:20
Il est temps d'arrêter cette démagogie autour des APE. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'en ce moment il ya toute une entreprise de mensoge sur cette question, dans le seul but politicien de détourner l'attention de l'opinion sur les manquements criards du régime libéral. ces propos de ce sociologue renseignent amplement sur sa méconaisance de cette question. malheureusement le débat est aujourd'hui pollué par ces analyses de second sous. j'interpelle les journalistes qui seraient à la limite complices de cette situation en ne tendant pas le micro aux spécialistes. pourquoi ne pas interroger les fonctionnaires du ministère du commerce qui s'occupent de cette question, les universitaires qui ont eu à faire des travaux sur ça. dommage qu'on ignore ces gens là, parceque tout simplement que sa majesté wade a donné le ton et tout le monde soit obligé d'émettre dans le meme tempo que lui.

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