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ABDOU FALL INDIQUE LE CHOIX A MACKY SALL: La perche ou le Perchoir

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Abdou Fall rompt le silence. Vice-président de l’Assemblée nationale, porte-parole du Parti démocratique sénégalais (Pds) chargé par ailleurs d’assister le secrétaire général national dans le projet de restructuration du parti, dit son mot sur le malaise qui est en train de s’installer dans les relations entre l’Exécutif et le Législatif. Sans faux-fuyants, et contrairement à la plupart de ses frères de parti qui ont préféré nier l’existence même de ce malaise, il appelle à un traitement diligent de la question. La solution qu’il préconise, crever l’abcès pour mettre un terme à une situation délétère. Pour y arriver, il demande à Macky Sall, président de l’Assemblée nationale dont il revendique une certaine proximité, une affection, de mettre à l’aise Me Abdoulaye Wade, le président de la République en le rencontrant pour discuter de la question. Une manière de lui tendre la perche ou de le laisser s’accrocher au Perchoir. L’essentiel pour le Vice-président de l’Assemblée nationale est d’éviter une crise institutionnelle, dans l’intérêt du pays et dans les intérêts bien compris de l’ancien Premier ministre. Une démission du président de l’Assemblée nationale ne serait pas une première dans l’histoire de la Chambre des députés. Sous l’alternance, Youssou Diagne avait rendu le tablier. Avant lui et alors que les socialistes étaient aux responsabilités, Habib Thiam et Daouda Sow avaient été contraints de partir, suite à la défiance de leurs collègues députés signataires de pétitions. L’histoire va t-elle se répéter ?



ABDOU FALL INDIQUE LE CHOIX A MACKY SALL: La perche ou le Perchoir
L’’institution parlementaire dans sa mission de contrôle de l’Exécutif avec l’audition de directeurs généraux et des questions orales semble être mal accueillie. Comment analysez-vous cette situation ?

Je vous remercie de l’occasion que vous m’offrez surtout en ma qualité de parlementaire et de responsable politique au niveau du parti chargé par le secrétaire général national de l’assister dans le projet de re-fondation, de restructuration du parti, de dire un mot sur ce débat important. Effectivement nous avons assisté, cette dernière période, à un malaise qui est en train de s’installer entre le Législatif et l’Exécutif. Et je pense que c’est là une situation assez sérieuse qui est le résultat d’un long processus. Je pense que des nuages ont surplombé les relations entre le chef de l’Etat et son ancien Premier ministre quasiment depuis les dernières élections et aujourd’hui, on a tout comme le sentiment que ce malaise est en train de s’installer dans l’institution parlementaire. Je pense que c’est une situation assez sérieuse qui mérite d’être prise en compte en tant que telle. C’est sous ce rapport que je voudrais dire, de façon très claire, que mon souhait est que cette situation soit dépassée très, très rapidement. Je pense que c’est le moment, en tant qu’homme politique et en tant que, pour ma part, député ayant l’expérience du Parlement aussi bien dans l’opposition que dans la majorité, de dire mon mot sur cette question qui me semble être une question suffisamment sérieuse, suffisamment grave.

Certains de vos frères sont même allés jusqu’à demander la démission de Macky Sall. C’est surtout au sujet de l’audition de l’Anoci. Abdou Fall vous êtes dans quel camp ?

Je suis dans le camp du secrétaire général national, du président de la République et de ce point de vue, franchement, le débat sur les camps me semble être tout à fait dérisoire. Ce que je pense par contre devoir dire sur cette question, c’est qu’en politique, il faut savoir décoder les signes, or, manifestement un malaise s’installe dans les relations entre le secrétaire général national du parti et son adjoint, en l’occurrence, le frère Macky Sall. Ce malaise est en train d’avoir des prolongements dans les relations entre les deux institutions. Je continue et revendique ma proximité avec l’ancien Premier ministre, l’actuel Président de l’Assemblée nationale. Je revendique une proximité, une affection, qui m’amènent aujourd’hui à dire solennellement que mon souhait est que cet abcès soit crevé et je souhaiterais que le Président de l’Assemblée nationale mette à l’aise le président de la République. Je pense que c’est là une décision qu’il doit prendre parce qu’il n’est pas dans l’intérêt des institutions, dans l’intérêt du pays et lui-même dans ses intérêts bien compris, de laisser s’installer ce climat délétère de malaise entre les deux institutions. Je pense qu’il doit discuter avec lui et si on n’arrivait pas à crever l’abcès, le mettre à l’aise, l’inviter à se retirer de façon à ce que les relations soient préservés pour demain.

Vous demandez donc à Macky Sall de se retirer pour mettre le Chef de l’Etat à l’aise ?

Je l’invite à rencontrer le chef de l’Etat pour créer les conditions de vider totalement ce débat. S’il n’y arrivait pas, le conseil fraternel que je lui donne est de se retirer pour mettre à l’aise le secrétaire général national en l’occurrence le Chef de l’Etat.

Est-ce que cette querelle intestine au sein du Pds peut avoir des conséquences entre l’exécutif et le législatif. Est-ce que ces questions ont été abordées au niveau des instances régulières du parti ?

Mais non, ce ne sont pas des questions qu’un parti discute. La vie des institutions ne relève pas des instances du parti. Les institutions ont leur vie propre, elles sont codifiées et organisées par la Constitution de ce pays. Et sous ce rapport, n’oubliez pas que nous sommes dans le contexte d’un régime présidentiel et dans le cadre d’un tel régime, le parti présidentiel est au service du Président. Et au plan constitutionnel, le Président est la clef de voûte des institutions. A chaque fois qu’entre un responsable qui est à la tête d’une institution et le chef de l’Etat il y a un couac de quelque nature que ce soit, celui-ci peut entraver la bonne marche des institutions. C’est pourquoi, je considère que c’est un problème suffisamment sérieux que j’observe depuis lors. Et Dieu sait que je suis très bien placé pour être dans une bonne posture d’observation, de par ma proximité avec l’actuel Président de l’Assemblée nationale, et avec le président de la République, et de par ma position dans le parti, dans le dispositif de l’Etat et au sein de l’institution, qui me permet de mesurer et d’évaluer le sérieux de la situation. C’est pourquoi donc, solennellement et en toute fraternité, je pense que c’est le meilleur conseil que je puisse donner à mon ami, le frère Macky Sall. Qu’il discute avec le Président, qu’il parvienne à un accord, qu’il dépasse la situation. Et si ce malaise devrait persister, qu’il en tire toutes les conséquences au plan politique ; étant entendu que tout ce qui pourrait l’inciter à aller dans une autre direction risque d’aggraver le malaise et de créer une crise institutionnelle qui pourrait être préjudiciable à la marche des institutions du pays, mais également à son avenir politique. Parce que, on sait ce dont les uns et les autres sont capables dans des circonstances de dualité. Il faut que, en toute circonstance, l’autorité du Chef de l’Etat soit restaurée. Donc, s’il y a un malaise, on le vide.

Où en êtes-vous avec la re-fondation du parti ?

Justement, on est sorti des élections législatives puis des élections sénatoriales. Et au sortir de celles-ci, on se rend compte que ce malaise s’installe entre l’Exécutif et le Législatif. Tout cela fait que la question de la restructuration politique du parti est quasiment suspendue. Je pense que c’est le moment où tout retourne entrer les mains du président de la République. Il est important à ce niveau de dire des choses très claires. Vous savez, un parti politique, c’est comme une armée, à la seule différence que dans l’armée, on est en uniforme. Mais la condition de l’efficacité d’un Etat, d’un parti c’est le respect de l’ordre, de la règle de la subordination vis-à-vis de la hiérarchie et le respect des principes et règles de discipline. C’est pourquoi je considère que le Président Wade a été élu de façon très claire et le Pds dont il est le fondateur l’a porté au pouvoir en liaison avec des amis qui ont aussi joué un rôle. Aujourd’hui qu’il est la clef de voûte des institutions, il faut qu’on retourne à lui pour qu’ensemble et autour de lui, nous nous engagions sur les deux fronts essentiels que sont le front de la poursuite et de l’approfondissement des changements amorcés depuis 2000 et la reconstruction et la consolidation de la force politique organisée, de la coalition hégémonique au pouvoir pour pérenniser notre régime. Mais pour y arriver, retournons à lui le patron, le chef et, ensemble, autour de lui, reconstruisons le système tel qu’il en a la liberté d’en définir les orientations. Les projets comme les stratégies relèvent de la responsabilité exclusive du Chef. C’est pourquoi, je pense que dans les circonstances actuelles, retournons encore une fois à lui pour reconstruire ensemble le système autour de lui. Et dans ce système à reconstruire, je ne veux pas que les relations entre le frère Macky Sall et lui soient compromises.

Source: Sud Quotidien

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Lundi 29 Octobre 2007


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