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A LA DECOUVERTE DE LA TROISIEME PLUS GRANDE MINE DE ZIRCONIUM DU MONDE Voyage au cœur de la vallée du zircon

Au nord-est de Dakar, sur la grande côte sénégalaise, les dunes de sable de Diogo vivent au rythme des dragueuses qui retournent la terre des gisements de zircon. Une grande mine, la 3e au monde, pas encore à l’étape d’exploitation, mais qui fait déjà grand bruit.



A LA DECOUVERTE DE LA TROISIEME PLUS GRANDE MINE DE ZIRCONIUM DU MONDE Voyage au cœur de la vallée du zircon
La vallée du zircon est un vieux système dunaire côtier mobile. Un ban de sable qui commence à environ 50 km au nord-est de Dakar et s’étend vers le nord sur plus de 100 km. Là, sur la grande côte sénégalaise, bordurée par les Niayes, elle dénote du néant, un pœcile d’accès, avec comme cerbères, des hameaux du siècle dernier posés le long d’une route escarpée. Après Mboro, la dernière grande ville en quittant Dakar, on roule sur une piste rouge sang, puis sur quelques kilomètres de goudron, entre les immenses montagnes chimiques des Ics et la faune brûlée de Fass Boye dans les plus riches champs de phosphates d’Afrique.
Le relief minier est sec. Pas aussi rocheuse que les terres aurifères de Sabadola (Sénégal) ou de Sadiola (Mali), mais aussi accidentée que la mine de zirconium d’Hawk Nest en Australie. «Les deux sites sont presque identiques. J’ai visité la mine de Hawk Nest et on dirait que c’est la même chose. C’est le même paysage et tout», explique Bruno Delanoué, Directeur adjoint de Tizir (société détenue à 50 % par Eramet et à 50 % par Mdl pour un projet dont la mise en production devrait commencer en 2013), promoteur de la mine de Diogo. La cinquantaine fringante, ce Français bon teint au commerce facile et au flair de businessman rompu aux montages financiers miniers, qui s’est déjà fait dans l’or avec AngloGold avant de passer au zircon, sert de chauffeur et de guide pour ce voyage dans ce no man’s land sénégalais. Dans ce coin pauvre du département de Tivaouane, pourtant debout sur des ressources minières estimées à 520 millions de dollars (plus de 250 milliards de francs Cfa) dont l’Etat du Sénégal ne détient que les 10%, soit… 25 milliards FCfa.
Dans cette contrée désertée par le cours du temps, on se croirait aux portes de l’enfer, avec des cases fragiles, couleur terre, debout au milieu de nulle part, et le regard effrayé des enfants par ces camions, aux roues de la hauteur d’un étage, qui éventrent leur royaume d’enfance. «Pour éviter les accidents, nous avons recruté 78 jeunes de la localité appelés Road Marshall (auxiliaire de la circulation) pour éviter que les enfants ou le bétail se retrouvent sur la route lors du passage des camions. Ils font chaque jour un rapport sur les chauffeurs. Ceux qui dépassent la vitesse des 20 kilomètres à l’heure suggérée, seront immédiatement renvoyés», explique Bruno. «Depuis que nous sommes là, les choses ont commencé à bouger. Nous avons même prévu un programme social minier de 200 millions par an pour venir en aide aux populations. Nous comptons, avec le temps, l’augmenter de manière conséquente pour construire des écoles, des dispensaires etc.», ajoute-t-il, l’accent philanthrope, mais le cœur affairiste.
«Interdiction de faire l’amour»
On traverse la zone, les vitres montées et la clim en plein régime, pour éviter d’avoir la tête en feu et le corps en nage. Plus de 35 minutes à suivre cette route balisée vers la fin du monde…moderne. Et voici Diogo, capharnaüm humain et d’animaux en divagation, antichambre de la Grande côte opérations (Gco). Dernier chaudron avant la base vie accueillant le personnel de la mine en phase de construction.
Dans ce paradis artificiel aux allures d’une petite ville occidentale, monté en quelques semaines par des spécialistes turcs, on vit dans le luxe. On dort dans des cabines climatisées et mange à table, avec le choix du menu dans un restaurant XXL hyper-aseptisé qui sert poulets, spaghettis, macaroni…riz. On y joue au foot sur un terrain totalement gazonné. Il y a même une salle de jeu aménagée. Tout le nécessaire, ou presque, pour le millier d’ouvriers : hommes, femmes, Sénégalais, Australiens et…Portugais, qui s’y côtoient matin, midi soir. Avec l’anglais comme langue «officielle» et la proscription d’y faire l’amour comme suprême interdiction. «Nous avons eu quelques explications avec un couple d’ouvriers. Nous leur avons rappelé le règlement intérieur, qui est très strict là-dessus, comme pour la consommation d’alcool, mais ils nous ont dit qu’ils sont mariés. Nous leur avons dit : «Ok, mais à la fin du mois, il faut aller chercher un logis hors de la base vie.» Hors de cet oasis au milieu du désert où il faut montrer patte blanche pour enter.
On arrive sur le site vers 10 heures. «Comme prévu. Nous avons fait 2h 30 de route depuis Dakar», rigole Bruno. A l’entrée barbelée de la Gco, les vigiles sont en alerte. Aucune voiture étrangère au site n’entre dans la base vie sans régler les formalités d’usage. «Moussé, vous zavez vos pièces d’identité», zozote un des vigiles. Il faut aussi lui décliner sa profession, l’objet de votre visite et signer en dessous de la fiche de renseignement. Une formalité qui irrite un peu. «C’est rien», calme Bruno. «Il faudra aussi passer par le service safety (sécurité). Comme vous êtes nouveaux, ils vont vous poser un certain nombre de questions et vous feront part de quelques recommandations», avertit-il. L’épreuve dure quelques minutes en anglais, français ou ouolof, c’est selon la langue de votre choix. «Ici, on est en zone minière, il ne faut toucher à rien avant de demander la permission. L’alcool est interdite et on ne fume pas où on veut. En cas d’accident ou d’incendie, il faut appeler les secours (la base vie a sa propre unité de sapeurs-pompiers) et se mettre au point de rassemblement pour l’évacuation», avertit d’emblée un membre du service Safety. «Si vous n’avez pas des questions, ajoute-il, vous pouvez disposer.» Aller rejoindre Bruno et Daour Dieng, ingénieur géologue sénégalais, ancien chef de projet, responsable de l’exploration minière de Mdl et patron du département social et communautaire de Gco.
«Nous n’étions pas les bienvenus»
Le tour de chantier commence par le site de dragage. Une mare artificielle, un peu plus grande que la surface d’un terrain de foot, creusée dans la nappe des sables de surface en plein milieu de la dune. «Comme vous le voyez, nous sommes maintenant à la phase de construction. Mais ce site permettra l’extraction du minerai. On va y faire flotter une drague et un concentrateur et 2% de la masse de sable seront extraits par gravimétrie et les 98% restants remis en place immédiatement», explique Daour. Il s’empresse d’ajouter : «Aucun intrant chimique ne sera utilisé dans le processus et la réhabilitation sera concomitante au processus de dragage. On peut refaire un (re)profilage, topographie originelle, ou créer des lacs artificiels pour pisciculture, le bétail ou le maraîchage. On peut aussi recréer les espèces préexistantes, ou procéder à la plantation d’arbres fruitiers pour fixer les dunes et créer de la plus-value pour les populations locales.» Une idée géniale qu’il a souvent détaillée aux villageois, mais à laquelle une partie refuse toujours de croire.
La nouvelle de l’implantation de l’usine dans la zone a éclaté, en 2005, comme un coup de tonnerre dans le ciel de Diogo et environs. Les jeunes sont descendus dans la rue, les vieux se sont réunis jusque tard dans les cases et les villages se sont organisés en comité de défense de leur territoire. «Nous n’étions pas les bienvenus. Nous étions chassés de tous les villages. Il y avait des gens qui faisaient le tour des villages pour dire qu’avec l’extraction du zircon, certaines composantes chimiques seront lâchées dans la nature et vont rendre aveugles les populations», se souvient Daour. C’était au moment où, dans Mboro et environs, le temps s’égrenaient pour le projet de la Grande côte opérations au rythme d’un requiem, le temps où les autorités de l’arrondissement de Méouane étaient embarrassées par les récriminations de leurs administrés, le temps où le projet de la Grande côte opérations n’était pas encore bien vu comme aujourd’hui.

L’argent a inondé le sable
De retour à la base vie, à l’heure de pause, après un passage au centre d’essayage technique de séparation où le zircon est extrait par un procédé purement physique (gravimétrie) et après un petit tour dans le lieu de l’emplacement de la future centrale électrique de 37 mégawatts, on retrouve les représentants des populations devisant tranquillement avec des membres du service administratif de la mine. Il est loin, très loin, le temps des grands antagonismes où chaque parti se battait pour ses intérêts. Aujourd’hui, l’argent a remis tout a plat. Ou presque.
Pour éviter le soulèvement des populations vivant ou s’activant dans les zones minières actives du projet, dans leur milieu et mode de vie, les terres qu’elles exploitent et leurs biens, des mesures compensatoires ont été élaborées dans un Programme d’actions de réinstallation (Par) et d’un Programme de développement social (Pds). Certaines populations ont touché une rétribution de plusieurs millions cash. «En plus d’une réinstallation sur des terres appropriées pour une certaine catégorie de personnes impactées, en passant par la mise à disposition de terres de remplacement de celles perdues. En plus de cela, nous avons pris des mesures additionnelles pour accompagner les populations impactées par le projet», explique Daour Dieng, chef du département social et communautaire devant le représentant des chefs de Village, Baye Djiby Diop.
La soixantaine bien sonnée, dégaine froissée, le petit bout d’homme a le verbe prémonitoire et la carapace dure. Il dit : «J’ai été le premier à être d’accord sur l’implantation du projet dans la zone. D’ailleurs, ce n’est pas ici à Diogo que la base vie devait être implantée. Quand les autres villages ont refusé de les accueillir, c’est moi qui leur ai dit de venir construire ici. Et aujourd’hui, sur plus d’une dizaine de chefs de village qui n’étaient pas d’accord, tout le monde est revenu à de meilleurs sentiments. Les indemnisations ont été bien faites et mieux que chez nos voisins où se trouve une autre usine. Dès le début, je savais que c’était un bon projet pour les populations.» Babacar Sall, la quarantaine, bouille de chevillard, responsable du Comité administratif de développement local (Cadl) de la Sous-préfecture de Méouane, pioche dans la même mine de satisfécits. «Ce n’est pas parce que nous travaillons avec eux, mais l’implantation du projet a été tout bénéfique pour nous les jeunes. La mine est aujourd’hui le premier employeur de la localité, avec de très bon salaires.»

Plus de 200 000 F Cfa par mois pour un balayeur
Avec 700 travailleurs sous contrat et 5892 autres journaliers, la grande côte opérations a, en 10 mois de chantier, annihilé tous les rêves d’exode des jeunes de la localité, avec des liasses de billets de banque. Ils s’appellent Mamadou, Babacar, Fatou, Coumba ou El Hadji. Ils ont entre 18 et presque 50 ans. Hier cultivateurs saisonniers ou femmes au foyer, ils sont aujourd’hui en uniforme et travaillent 8 heures par jour, logés, nourris, blanchis. Avec des émoluments mensuels qui dépassent largement leurs revenus annuels d’il y a quelques années. «Avec les heures supplémentaires, les travailleurs non diplômés, c’est-à-dire les techniciens de surface et ouvriers non qualifiés, perçoivent entre 200 000 F Cfa et plus, explique Bruno. Les techniciens débutants gagnent entre 600 000 F Cfa et plus. Et pour les ingénieurs et autres débutants, ils sont dans les 1 200 000 F Cfa. Les cadres confirmés et les chefs de département, n’en parlons même pas.»
Un torrent de blé dans ce bled sec de Diogo, qui attire aujourd’hui une main-d’œuvre diversifiée. «Nous avons une banque de demandes d’emploi estimées à plus de 11 000, avec des profils vraiment différents. Les 6 000 nous sont adressées directement et les 5 000 sont adressées à la sous-préfecture de Méouane, qui participe au comité de recrutement», explique Babacar Mbengue, Directeur des ressources humaines de Gco, assis derrière la puissante 4X4 de Bruno, qui quitte le chantier pour un retour sur Dakar. Et là-bas, au loin, le vent de sable a couvert de soie les pelleteuses et la nuit promet sa robe du soir à Diogo. Où demain, quand il fera encore plein jour, les pépites de zircon brilleront à la surface du sable, comme pour apporter une nouvelle lumière à ce trou perdu, nouvelle attraction de l’industrie mondiale du zircon.


PAPE SAMBARE NDOUR
Source LOBSERVATEUR

Jeudi 28 Juin 2012




1.Posté par bfre le 28/06/2012 18:39
Photo buzz : La sénégalaise qui se met nue sur facebook et montre ses fesses! ! clique en bas pour voir la photo

2.Posté par NIANG le 21/02/2014 23:14
Monsieur,
Je suis un jeune sénégalais titulaire d`un BT électromécanique motive de trouver un poste répondant a mon profil au sein de votre entreprise

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Mardi 22 Juillet 2014 - 17:25 Fée pour les planches








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