Référence multimedia du sénégal
.
Google

39 ANS APRES L'INCENDIE D'AL-AQSA : LA FACE CACHEE DE L'OCI

Article Lu 1867 fois

L’Organisation de la conférence islamique (Oci) ne manque pas d’idées pour être rendre efficace. Mais elle peine à transformer en actes concrets, ses déclarations d’intentions et ses idées.



1969-2008. L’Organisation de la conférence islamique (Oci) existe depuis près de 40 ans. Dans un discours prononcé au cours de son mandat, l’actuel secrétaire général, le turc Ekmeleddin Ihsanoglu, fait part de son désir de «réformer l’organisation en profondeur et changer sa charte dans le but de la rendre plus efficace et de promouvoir la solidarité islamique dans tous les pays membres». Cette volonté de M. Ihsanoglu sonne-t-il comme un aveu d’échec ? Modou Dia, ancien ambassadeur du Sénégal en Arabie Saoudite et au Yémen, par ailleurs représentant du Sénégal au sein de l’Oci pendant plus de cinq ans, ne veut pas donner une réponse catégorique, mais fait remarquer qu’il y a beaucoup à faire pour rendre l’organisation efficace.

Lorsque, lui le diplomate, essaie de tirer le bilan de l’Oci, les parts de succès semblent être submergées par les échecs. M. Dia note, avec satisfaction, que l’organisation a su se hisser au second rang des organisations internationales après l’Organisation des Nations-Unies (Onu). Un niveau acquis grâce à «l’organisation interne et à la pluralité de ses instances» comme le Comité d’Al-Qods (Jérusalem), le Comité permanent pour l’Information et les affaires culturelles (Comiac), le Comité permanent pour la coopération économique et commerciale (Comcec), le Comité permanent pour la coopération scientifique et technologique (Comstech), entre autres.

39 ANS APRES L'INCENDIE D'AL-AQSA : LA FACE CACHEE DE L'OCI
Ainsi, cette organisation de l’Oci a permis la mise en place d’une institution spécialisée qu’est la Banque islamique de développement (Bid). La-quelle «finance les projets des Etats membres de l’Oci avec des systèmes de remboursement très allégés». Selon Modou Dia, «à la place de l’intérêt, la banque applique seulement une commission bancaire dérisoire de 2,5%». Dans ce domaine économique, il indique «qu’un guichet a été ouvert au niveau de la banque pour permettre aux Etats membres de faire des transactions dans certains produits.» «En exemple, si le Sénégal veut acheter du riz du Pakistan, la Bid pourrait servir à financer l’opération des deux membres. Mais, ce guichet reste inconnu des Etats», regrette-t-il.

En plus, cette coopération intra islamique prônée par l’Oci tarde à se concrétiser malgré le fait qu’ait été décidé lors du premier Forum mondial de l’économie islamique en 2005, la création d’une future zone de libre-échange s’étendant à tous les états membres. Ces «déclarations d’intentions» qui constituent une grande partie du bilan actif de l’Oci, sont complétées par «les acquis notés dans le domaine culturel dont la dernière illustration est l’organisation des journées culturelles saoudiennes à Dakar, du 16 au 24 février dernier».

VœUX PIEUX ET INTERETS PERSONNELS

Même s’il reconnaît la noblesse des idées développées par l’Organisation, Modou Dia constate, avec «désolation», qu’après 39 ans de vie, «les défis de la promotion de la solidarité islamique et de la résolution du problème palestinien qui avaient motivé la mise sur pied de l’Oci, sont loin d’être relevés». En effet, l’ancien ambassadeur évoque le projet de mise en place du Fonds de la solidarité islamique qui n’a pas encore abouti depuis des années. «Ce Fonds tarde à être une réalité du fait de l’incapacité de l’Oci à rassembler le budget de 10 milliards de dollars». En effet, explique-t-il, «cette somme constitue le principal à partir duquel l’Oci finance les investissements des pays membres et les ressources tirées de ces investissements sont destinés à des prêts pour venir en aide aux Etats membres». Actuellement, «seuls 2,6 milliards de dollars ont été collectés» par le Fonds qui relève de la Banque islamique de développement (Bid).

Autre curiosité soulignée par le diplomate, c’est le «défaut de solidarité active qui devait exister entre les pays membres de l’Organisation». M. Dia déplore que les problèmes liés à la pauvreté et à la santé soient encore présents dans les pays membres de l’organisation. Or, rappelle-t-il, «des actions concrètes doivent être entreprises pour résoudre ces équations». A son avis, «ces défis devraient pousser l’Organisation à dépasser les déclarations en initiant un Jihad (guerre sainte) moderne». Il entend par «guerre sainte», «la prise de mesures urgentes par les pays nantis pour tirer la majorité des pays de l’Oci des griffes de la pauvreté et de la misère». Cette remarque de M. Dia est d’ailleurs un principe défendu par l’Islam, religion qui est le dénominateur commun à tous les Etats membres.

Outre ce «paradoxe» de l’Oci, son Excellence s’émeut que l’Organisation soit toujours au stade des «déclarations et autres résolutions» sur le problème palestinien, en dépit du fait que cette question soit «un problème statutaire au sein de l’Oci». «Dans toutes les réunions et conférences, cette affaire est inscrite à l’ordre du jour.» Pourtant, s’étonne le diplomate, «les mesures se limitent à des vœux pieux et à des déclarations d’indignation». Cette «position statique» de l’Organisation cache des intérêts dictés par «la géopolitique et par des besoins sécuritaires». «Israël qui annexe la Palestine tire sa force des Etats-Unis et ce pays sert de paravent sécuritaire à la plupart des monarchies du Golfe. Donc, on verrait mal que ces monarchies, membres de l’Oci puissent franchir le pas en direction de la libération de la Palestine», se lamente-t-il.

Outre ces défections, Modou Dia relève les idées et projets de l’Oci restés sans suite. Et de citer «la résolution de 1987 qui met en place du Tribunal islamique international basé au Koweït. Cette juridiction qui n’est pas encore opérationnelle, est pourtant une instance qui pourrait être très efficace dans la lutte contre le terrorisme, un combat dans lequel l’Oci est toujours à la traîne».

Source: Le Quotidien

Article Lu 1867 fois

Mardi 4 Mars 2008

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State