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3 MOIS DE PRISON AUX PREVENUS: Les journaux pornographiques suspendus

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Les prévenus du procès des journaux « Tolof-tolof », « Rac-tac », « Teuss » et « Check down », en prison depuis le 27 mai dernier, purgeront le restant de leur peine fixée hier par le juge à trois mois ferme. Leurs journaux ont été suspendus et un opérateur de saisie a été relaxé.



3 MOIS DE PRISON AUX PREVENUS: Les journaux pornographiques suspendus
Même s’ils ont été déboutés de leur constitution de partie civile dans l’affaire communément appelée procès de la presse pornographique, les imams peuvent se dire qu’ils ont atteint leur objectif : la disparition dans les kiosques des journaux « Tolof-tolof », « Rac-tac », « Teuss » et « Check down ». Le tribunal des flagrants délits de Dakar a non seulement suspendu ces publications hebdomadaires, mais a condamné, dans son délibéré tombé hier, Ali Aw, propriétaire de « Rac-tac » et « Tolof-tolof », Amadou Mactar Samb, directeur de publication de Rac-tac, El Hadji Samba Thiam, directeur de publication de « Tolof-tolof », Ndiogou Cissé, gérant de journaux, et Abdoulaye Badji, infographiste, à trois mois de prison ferme. Prévenus de publication d’images pornographiques susceptibles de porter atteinte aux bonnes mœurs et d’inciter à la débauche, Ils ont été également interdits d’exercer la fonction de directeur de publication. Cependant, le tribunal a relaxé l’opérateur de saisie Babacar Diouf.

Quant à l’Association des maîtres coraniques et Sos Consommateurs, le tribunal a estimé leur constitution de parties civiles irrecevable. Ce qui ne réjouit pas Me Massokhna Kane, leur avocat. Pour le compte de Sos Consommateurs, « nous allons faire appel », promet-il. Ce verdict met fin au débat sur ce type de publications d’un genre nouveau. A l’audience du 22 juin dernier, les mis en cause ont tenté de vendre chère leur peau devant un procureur déterminé à prouver le caractère pornographique des journaux. Là où les prévenues trouvaient « peu osées » les photos d’illustration piquées sur le net, le parquet exhibait des exemplaires montrant des femmes dans des positions sans équivoque avec des commentaires des plus salaces. D’ailleurs, dans le but de faire céder les prévenus, le maître des poursuites avait sollicité un renvoi à la première audience du 14 juin pour apporter des exemplaires. Ce qu’il fit, la semaine dernière. Devant le feu nourri du parquet et de l’avocat des parties civiles, les prévenus dégageaient en touche ; Ali Aw, pourtant propriétaire de deux journaux, déclara qu’il ne s’intéressait même pas à leur contenu. Pire, il agaça la partie civile en se lavant purement et simplement les mains des recettes générées par ses deux organes. Amadou Mactar Samb et El Hadji Samba Thiam n’ont jamais démordu dans leur position, le premier a une autre conception de la pornographie. « J’entends par pornographie l’acte sexuel », disait-il. Le second trouve juste les photos « un peu osées » et se dit prêt à les montrer à son marabout « s’il veut s’informer ». Ce qui abasourdit la salle.

Ce procès a été aussi celui de la violation des règles régissant la presse. La loi 96-04, comme l’a souligné Me Massokhna Kane, a été malmenée à un point que l’on se demandait si les prévenus peuvent se prévaloir du titre de journaliste. Lorsqu’on demanda à El Hadji Samba Thiam s’il avait sacrifié au dépôt légal, conformément aux dispositions de l’article 18 de la loi 96-04, il répondit, en tant que directeur de publication : « cette tâche ne m’incombe pas ». Ali Aw, le propriétaire de journaux refusa de trinquer : « c’est à ceux qui gèrent le journal de s’en occuper ». La déclaration préalable, « elle n’a pas été faite », confesse M. Thiam. Ndiogou Cissé passa aux aveux en confiant qu’il y a eu déviation par rapport à la ligne éditoriale originelle. Pour quelle raison ? « L’appât du gain », estimait le procureur dans son réquisitoire sévère dont le point culminant a été la demande de condamnation des prévenus à deux ans ferme, une amende de 300.000 francs pour chacun des prévenus, la suspension des journaux incriminés et la publication de la décision de justice dans tous les journaux.

Les avocats de la défense, comme pour montrer que le mal était bien là et ne se limite pas aux journaux attraits à la barre, ont exhibé des exemplaires de « Playboy », une revue pornographique, des magazines locales comme « Thiof », « Week-end », etc. Ils ont demandé une peine avec sursis après avoir, dès le départ du procès, soulevé une exception sur l’irrecevabilité de la constitution de parties civiles des maîtres coraniques et Sos Consommateurs.


MALICK CISS
Source: Le Soleil

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Mardi 26 Juin 2007

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