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2NDE EDITION FESTA 2H: La déferlante Hip-hop

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Le Festa 2H a pris une autre dimension cette année avec 10 jours de festivités, 3 mégas concerts à Pikine, Ouakam et Rufisque, des ateliers de slam, djing ou break dance et un public venu en masse. Du 16 juin à hier, dimanche 24 juin, la culture hip-hop sous toutes ses formes était à l’honneur dans la banlieue dakaroise. Retour sur le festa 2H, un festival novateur en pleine ébullition.



2NDE EDITION FESTA 2H: La déferlante Hip-hop
Une grande banderole barre la route qui mène au Centre Culturel Léopold Senghor de Pikine, quelques jeunes y sont adossés, casquettes vissées, pantalons larges, tee-shirts XXL au logo du Festa 2H et au message de son sponsor Ademas : « ensemble contre le Sida ». Quelques mètres plus loin, on entend déjà le bip des DJ et du rap en guise d’accueil. En face du Centre, une dizaine de grapheurs s’activent sur un mur vierge qui reprend des couleurs. Le décor est planté : bienvenue dans la planète hip-hop.

Après quelques mètres dans l’enceinte, le parler hip-hop est déjà perceptible : Les expressions « on est ensemble » ou « nice » fusent. Les jeunes saluent à tout va, la bonne humeur est de rigueur : l’esprit bul falé est là. Quelques cris et émulations attirent mon attention dans les dédales de couloirs de Centre Culturel : une vingtaine de jeunes sont en plein atelier de slam.

Le slam, un style né en 1984 à Chicago puis qui à l’image d’une musique universelle a fait un bout de chemin, copié, intégré, réinterprété dans chaque pays. De l’anglais slam (claquer des portes), il illustre une poésie chantée et vulgarisée qui doit toucher le cœur du public. Il porte toujours un message et avec des rimes, prend une valeur artistique. « C’est un art, une sorte de rap a capella » affirme l’animateur de l’atelier aux longues dreadlocks qui saute dans tous les sens et crie « Slam, Slam, Slam… » après chaque prestation de ses élèves. Il faut dire que ceux-ci ont de l’inspiration : du français au wolof avec quelques passages d’anglais, ils « slament » leurs envies, leurs idées ou leurs humeurs. Les messages évoqués sont de tout ordre, de l’inépuisable amour, au thème de la prévention contre le Sida en passant par les banlieues délaissées : c’est un concentré de réalités sociales qui est exprimé. Puis Matador, l’un des pères du Festa 2H et figure du rap sénégalais avec son groupe BMG 44 s’active à son tour pour une sorte d’apothéose tout en hargne.

Le graf, un art visuel

DJ Vincz Lee et DJ Gimamen dit « Le général », deux DJ Suisses, viennent de débarquer pour animer un atelier de djing, pratique encore marginale au Sénégal mais qui avec le rap, le break dance et le graf est l’un des quatre pilier de la culture Hip-hop. « J’adore enseigner ce que je fais » affirme « Le général », Suisse d’origine africaine qui revient pour la première fois sur le continent africain. Et DJ Vincz Lee ajoute : « On est là car le projet d’Amadou (Ndlr : le directeur du festival) est vraiment béton, même si c’est toujours marrant de te lancer dans un festival avec un mec qui te contacte comme ça sur le net ». Si les deux compères semblent particulièrement à l’aise, ils s’étonnent aussi de la réaction du public très timorée après leur démonstration à Rufisque : « L’ambiance est cool, dans les ateliers tout le monde est motivé mais pour les concerts, je m’attendais à un peu plus de mouvance. Le plus étonnant c’est qu’après tout le monde te félicite à la sortie. Ils auraient pu l’exprimer avant ». Décalage culturel oblige.

Dehors, Grafixx s’active toujours sur les murs avec de plus jeunes compères. Ses yeux sont tirés, il s’applique depuis des jours : « On a notre propre style de graf au Sénégal. Faut dire que les bombes de peintures ne sont pas les mêmes donc les traits sont plus gras. Quant au Graf en général, c’est plutôt bien perçu même si les multiples slogans politiques qui envahissent la ville nous font de l’ombre. Notre graf est positif, c’est de l’art visuel. A travers une forme artistique nous faisons passer des messages ». Et le résultat est plutôt convaincant.

Une fête populaire

A Ouakam, Samedi soir, les groupes s’enchaînent : Tigrim Bi, Keurgui, Still, Nitchoff, Gee bayss, Moona et BM 44 de Matador. Le concert commence tardivement vers 22 heures mais le public est venu en nombre. Devant une grande affiche très illustrative de l’univers hip-hop, chacun assure sa prestation du mieux possible, la sono a un peu de mal, la lumière est réduite au minimum, mais l’ambiance est là. Le Festa 2H sonne comme une fête. Les chanteurs de « Keurgui », le torse nu et à la coupe de cheveux dégantée impressionnent les jeunes. Le goupe « Still » expérimente un rap travaillé, quelques messages ici ou là rappellent le thème de la lutte contre le Sida, associé au Festival. Des centaines de tracts sont distribués au public qui s’empresse pour les attraper dans de vastes mouvements de foule. Les artistes sont là, au pied du podium, disponibles, et de nombreux jeunes ne se gênent pas pour venir les féliciter. Il n’y a pas de carrés VIP, pas de barrières au-delà du minimum nécessaire, pas d’agents de sécurité professionnels menaçants ou de policiers. Le Festa 2H semble bien dans son élément : une vaste fête populaire réussie. Après 2 heures, le public s’est dissipé, ce fut le moment de clôture avec Matador en première ligne pour les plus motivés. Et c’est déjà fini. Mais demain, tout recommence.

Mathieu SETTE
Source: Sud Quotidien

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Lundi 25 Juin 2007

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